Politique agricole commune
P Pascale GrunyLes Républicains Sénatrice — AisneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 13/03/2019Le Gouvernement partage votre vision, votre ambition, madame la sénatrice Gruny, mais, si je puis me permettre, vous ne décrivez pas la situation réelle. Ne cédez pas aux sirènes ultralibérales de la Commission européenne. La France, comme vingt autres États membres, ne veut pas du projet qu'elle a présenté, qui prévoit une baisse de 4,9 % sur le premier pilier et de 15 % sur le second. C'est absolument inacceptable ! Le Président de la République l'a confirmé lors de l'inauguration du salon de l'agriculture, le Premier ministre ne cesse de le rappeler : la France n'accepte pas une telle diminution !
Reste que le budget de la PAC baissera à due concurrence des conséquences du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne. Prétendre qu'il ne diminuera pas serait un affreux mensonge. Pour autant, il n'est pas question d'accepter que la réduction aille au-delà du montant du retrait des Britanniques : ce serait faire peser sur la première politique intégrée européenne le poids d'autres politiques.
Par ailleurs, il a bien été précisé dans l'appel de Madrid, appel des vingt pays rejetant la baisse proposée du budget de la politique agricole commune, qu'il était hors de question que la PAC soit renationalisée. Il s'agit de la première politique intégrée européenne et elle doit rester inscrite dans ce cadre. Cependant, je pense que ce n'est pas un sujet. La Commission européenne comme le Parlement et l'ensemble des États membres de l'Union européenne sont favorables au maintien de la situation actuelle.
Enfin, de nouvelles discussions seront engagées après le départ du Royaume-Uni, afin de préciser le contenu de la politique agricole commune. Nous pourrons reparler du sujet lors d'une prochaine séance de questions d'actualité. (Applaudissements sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Pascale Gruny, pour la réplique.
Mme Pascale Gruny. Je suis contente d'entendre vos propos, monsieur le ministre, mais ce sont des actes que nous attendons. Nos inquiétudes sont effectivement fondées. Le 24 mai dernier, nous avons reçu le commissaire européen Oettinger, selon qui la France tient ici un discours, mais en tient un autre ailleurs, dans lequel elle accepterait la baisse du budget. (Eh oui ! sur des travées du groupe Les Républicains.) Nous sommes habitués au double langage…
Nous avons assisté, au salon de l'agriculture, à un magnifique discours du Président de la République, mais nous attendons autre chose, et les agriculteurs aussi : des actes, monsieur le ministre ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains, ainsi que sur des travées du groupe Union Centriste.)
Source : senat.fr ↗
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