Structures d'accueil de jeunes
Monique LubinSER
Sénatrice — Landes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/06/2019Dans mon département, l'association L'Escale est tout particulièrement concernée. Cette structure accueille des jeunes préadolescents à titre temporaire ou selon un mode séquentiel, à temps complet avec hébergement en internat et encadrement par des équipes qualifiées. Ce travail est mené en partenariat avec le conseil départemental, l'éducation nationale et la protection judiciaire de la jeunesse. L'association bénéficie d'un autre agrément, pour accueillir, pendant les week-ends et les périodes de vacances scolaires, six enfants ou préadolescents âgés de 8 à 14 ans.
Pour cette mission, elle dispose de deux équipes de deux éducateurs permanents, aidées d'un salarié en contrat emploi d'avenir. Du fait de la spécificité de leur mission, les emplois du temps de ces personnels présentent des amplitudes horaires très importantes, rendant impossible l'application des règles de droit commun. L'association devrait en conséquence bénéficier du dispositif dérogatoire prévu à l'article L. 433-1 du code de l'action sociale et des familles, aux termes duquel les permanents responsables de la prise en charge exercent sur le lieu d'accueil un accompagnement nécessairement continu et quotidien des personnes accueillies.
Alors que la mise en œuvre de ce dispositif dérogatoire est subordonnée à l'application de modalités de suivi de l'organisation du travail des salariés définies par voie de décret, mentionné au cinquième alinéa du même article, il semble à ce jour qu'aucun décret n'ait été publié, ce qui pourrait susciter des difficultés d'application et favoriser l'émergence de contentieux de nature à remettre en cause l'existence même de ces structures.
Madame la secrétaire d'État, ces lieux d'accueil doivent être sécurisés : le décret d'application va-t-il paraître ?
Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la transition écologique et solidaire. Madame la sénatrice Monique Lubin, je vous réponds en lieu et place de Muriel Pénicaud, ministre du travail, qui n'a pas pu se présenter devant le Sénat ce matin.
Vous vous inquiétez de la situation des lieux de vie et de leurs salariés permanents et assistants permanents, dont la réglementation en matière de durée du travail dépend d'un régime spécifique, inscrit à l'article L. 433-1 du code de l'action sociale et des familles. Cet article renvoie à un décret, qui à ce jour n'a pas été pris, relatif aux modalités de suivi de l'organisation du travail de ces salariés.
Vous vous interrogez aussi sur la nécessité d'adaptations législatives ou réglementaires afin de sécuriser le régime prévu à cet article.
Dans un arrêt récent, la Cour de cassation a considéré que l'absence de décret d'application de l'article L. 433-1 du code de l'action sociale et des familles fait obstacle à l'application du régime prévu par ce texte pour ces salariés. Elle a estimé que, faute de mise en place de modalités de suivi de l'organisation du travail des salariés par un décret, comme la loi le prévoit, l'exigence constitutionnelle de droit à la santé et au repos des salariés n'était pas assurée.
Or la présence de permanents auprès des publics fragiles est une nécessité et justifie des dérogations. C'est donc à raison que vous souhaitez une fondation juridique solide à ce régime dérogatoire, d'autant plus nécessaire depuis l'arrêt que j'ai mentionné.
Je rappelle que la directive 2003-88-CE concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail organise la protection des salariés en matière de durée du travail et permet des dérogations dans le droit national, notamment pour les activités de garde, de surveillance et de permanence caractérisées par la nécessité d'assurer la protection des biens et des personnes. Les activités visées par l'article L. 433-1 du code de l'action sociale et des familles semblent entrer pleinement dans ce cadre.
Les services du ministère du travail, en liaison avec ceux du ministère des solidarités et de la santé, étudient actuellement les possibilités de sécuriser ce dispositif.
Source : senat.fr ↗
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