Baisse de candidats dans les sessions de formation d'aides-soignants
B Bernard BuisRDPI Sénateur — DrômeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/01/2020« Madame la ministre, nous vous alertons régulièrement sur les carences en matière de professionnels de santé dans différents secteurs. On pense évidemment aux déserts médicaux dus au manque de renouvellement des médecins généralistes tant en secteur rural qu'en ville ou dans les services d'urgence des hôpitaux. On pense aussi à la difficulté d'avoir un rendez-vous avec un médecin spécialiste ou de trouver un médecin traitant.
« Je souhaite aujourd'hui vous alerter et attirer votre attention sur le déficit constaté partout en France de candidats aux sessions de formation d'aide-soignant, métier de santé pourtant indispensable dans le dispositif de prise en charge des malades.
« En effet, si je me réfère à l'exemple de mon département, il y avait encore récemment en Drôme deux sessions de formation, avec chacune 60 stagiaires qui se dirigeaient ensuite vers le métier d'aide-soignant. Il n'y a eu cette année qu'une seule session, qui n'a même pas fait le plein de stagiaires.
« La situation est identique dans de nombreux départements et on peut légitimement craindre une pénurie dans le cadre du renouvellement des postes d'aides-soignants.
C'est pourquoi je me permets de vous interpeller, madame la ministre, sur cette problématique. Quelles mesures envisagez-vous pour enrayer la pénurie et rendre plus attractif le métier d'aide-soignant, en particulier pour ce qui concerne la rémunération ? »
Mme la présidente. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Christelle Dubos, secrétaire d'État auprès de la ministre des solidarités et de la santé. Madame la sénatrice, je vous remercie pour votre question. Le Gouvernement partage le constat global que vous dressez au sujet de la perte d'attractivité de cette formation.
En effet, les données publiées par la Drees (direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) révèlent une diminution du nombre des inscrits à la formation d'aide-soignant pour la deuxième année consécutive – la baisse est de 6 % entre 2016 et 2018 –, ainsi qu'une forte baisse du nombre de candidats au concours d'entrée, qui est de l'ordre de 40 % depuis 2014. Toutefois, l'évolution du nombre des diplômés est restée quasi stable : il était de 22 800 en 2018.
Afin de favoriser l'accès à cette formation et de mieux reconnaître les compétences des aides-soignants dans leur pratique professionnelle, plusieurs actions ont été engagées depuis 2018. Leur mise en œuvre se poursuit, notamment dans le cadre des plans Ma santé 2022 et Investir pour l'hôpital.
La valorisation de la formation et, par là même, de la profession d'aide-soignant est au cœur des mesures portées par le ministère.
Un groupe de travail associant tous les acteurs concernés s'est constitué en avril 2019. Il a engagé une refonte des référentiels métier et formation, qui est en cours de finalisation en vue d'une mise en place à la rentrée de septembre 2020. La réforme est aussi l'opportunité de mettre en place des passerelles avec d'autres professions et, donc, de décloisonner l'exercice de la profession d'aide-soignant.
Les travaux du groupe s'articulent autour des préconisations de la mission conduite par Myriam El Khomri. Dans son rapport remis à l'automne 2019, elle recommande une simplification des modalités d'accès à la formation, qui garantisse malgré tout une diversité des profils, indispensable. Mme El Khomri envisage aussi la mise en place de critères de sélection nationaux pour suivre la formation. Les arbitrages devraient être rendus publics prochainement.
La mobilisation continue au niveau des agences régionales de santé (ARS) pour valoriser le métier et desserrer le calendrier des concours existants, qui était trop étalé dans le temps. J'en veux pour preuve qu'il fallait attendre près d'un an entre son inscription au concours et l'entrée dans la formation, ce qui ne permettait pas aux jeunes intéressés par le métier d'aide-soignant de se projeter aussi loin.
À plus long terme, la réflexion se poursuit avec le ministère de l'enseignement supérieur, afin de rendre la formation d'aide-soignant beaucoup plus visible et lisible aux yeux des lycéens, notamment sur la plateforme Parcoursup.
Concernant les professionnels en activité, une revalorisation indemnitaire est prévue dès le début de cette année dans les conditions prévues par le plan Investir pour l'hôpital.
Mme la présidente. La parole est à Mme Agnès Constant, pour la réplique.
Mme Agnès Constant. Je vous remercie de ces éléments, madame la secrétaire d'État. Faire passer les aides-soignants de la catégorie C à la catégorie B serait une bonne chose pour la reconnaissance et l'attractivité du métier.
Source : senat.fr ↗
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