G7 Finances à Paris les 18 et 19 mai 2026
Posée le 21/05/2026 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Bernard Buis RDPI
Sénateur — Drôme
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/05/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Je vous remercie, monsieur le sénateur Bernard Buis, pour votre question, qui me permet tout d'abord de dire que le multilatéralisme fonctionne. En effet, nous sommes capables, même si nous ne sommes pas d'accord sur tout, de parler de tout. C'est exactement ce que nous avons fait pendant deux jours, et il en ira certainement de même à Évian. J'y insiste, en dépit de nos divergences, nous sommes capables de parler de tout avec nos partenaires.
Je tiens aussi à dire devant la chambre des territoires que les événements qui se passent dans le monde aujourd'hui, auxquels vous avez fait allusion dans votre question, ont plus que jamais des conséquences directes sur la vie quotidienne de nos concitoyens, dans la Drôme comme ailleurs.
Il était donc important d'évoquer cette situation. Je peux vous affirmer que tous ceux avec qui je me suis entretenu ces deux derniers jours l'ont en tête. Qu'il s'agisse de la question du pouvoir d'achat, des difficultés à faire le plein d'essence ou encore de notre capacité à réindustrialiser, tous ces sujets très concrets dérivent en fait de ce qui se passe dans le monde.
De quoi avons-nous parlé ?
Nous avons d'abord évoqué la guerre dans le golfe Persique et le blocage du détroit d'Ormuz. Ce dernier constitue un véritable noeud économique : s'il n'est pas débloqué, il n'y aura pas de baisse durable des prix à la pompe. Cela concerne tous nos concitoyens.
Ensuite, nous avons abordé les déséquilibres économiques globaux - la surcapacité de production chinoise, le sous-investissement en Europe, les déficits globaux aux États-Unis -, qui expliquent que trop peu d'usines voient le jour en France. L'enjeu est, là encore, très concret.
Nous avons également discuté de l'aide au développement, que nous devons repenser de manière à créer des partenariats, à un moment où les fonds publics manquent, pour investir davantage dans les tissus industriels locaux, en Afrique et ailleurs. C'est, de toute évidence, l'une des réponses à la question des migrations. (M. Yannick Jadot s'exclame.)
Enfin, nous avons évoqué la situation en Ukraine, qui constitue un enjeu existentiel pour l'Europe. Nous avons réaffirmé notre soutien à ce pays, y compris en ce qui concerne le financement de la réparation du sarcophage de Tchernobyl. Celle-ci est évidemment cruciale pour notre sécurité à toutes et à tous.
Nous avons aussi parlé de l'approvisionnement en terres rares, qui sont le chaînon manquant de l'électrification.
Nous avons donc, comme vous le constatez, mesdames, messieurs les sénateurs, travaillé sur des sujets très concrets, sur lesquels les chefs d'État se pencheront à leur tour, à Évian.
Une fois de plus, la France montre qu'elle est au coeur du multilatéralisme. Soyons-en fiers et continuons de travailler dans ce sens ! (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI. - M. Yannick Jadot ironise.)
Source : senat.fr ↗
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