Scolarisation des enfants suisses en France
Loïc HervéUCI
Sénateur — Haute-Savoie
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/07/2019Dès l'adoption du nouveau règlement relatif à l'enseignement primaire à Genève, nous avons saisi les autorités cantonales pour souligner les difficultés et les implications d'une telle décision sur les capacités d'accueil et de scolarisation des établissements français frontaliers.
Cette problématique a fait l'objet d'échanges nourris lors de la dernière réunion de dialogue transfrontalier. Les autorités cantonales genevoises sont restées sur leur position. Nous avons envisagé toutes les mesures permettant d'atténuer l'impact de cette décision, telles que la possibilité pour les élèves déjà scolarisés de terminer leurs études ou celle de ne pas séparer les fratries.
Nous sommes aussi en liaison étroite avec les services du ministère de l'éducation nationale et le rectorat de Grenoble pour évaluer les conséquences directes à prévoir, notamment en matière d'ouvertures de classes. Ces conséquences semblent, a priori, plus limitées que celles que nous craignions à l'origine.
Nous respectons les accords bilatéraux qui nous lient avec la Suisse et ses cantons, mais ces accords ne doivent pas nous empêcher d'améliorer les situations auxquelles nous faisons face, lorsque c'est possible.
C'est le cas, en particulier, dans le domaine de la coopération sanitaire transfrontalière, puisque nous avons conclu un accord à la fin du mois de juin. C'est le cas, aussi, de notre détermination à faire en sorte que la Suisse adopte, le plus vite possible, une directive sur l'indemnisation du chômage qui permettrait que les frontaliers soient indemnisés par le pays dans lequel ils travaillent, et non plus dans celui où ils résident. Voilà les enjeux de nos discussions.
La situation transfrontalière entre la France et la Suisse est bonne, mais je constate avec vous qu'elle peut s'améliorer. (Applaudissements sur des travées du groupe La République En Marche. – Mme Michèle Vullien applaudit également.)
M. le président. La parole est à M. Loïc Hervé, pour la réplique.
M. Loïc Hervé. Monsieur le ministre, la scolarisation doit être non pas une variable d'ajustement discriminatoire, mais un droit conforme aux accords bilatéraux avec la Suisse.
La décision du Conseil d'État de Genève est une mesure protectionniste inspirée par un populisme anti-frontalier qui se développe de manière préoccupante du côté suisse de la frontière. Nous devons être très vigilants sur ce point.
La construction d'une coopération transfrontalière ne peut pas souffrir de telles décisions, à l'instar de la fermeture des petites douanes la nuit.
D'autres sujets devront être mis sur la table : la coopération médicale et sanitaire, en faveur de laquelle nous avons voté, ici même, il y a quelques jours, ou encore – vous l'avez évoquée, monsieur le ministre –, la question de l'indemnisation par la France du chômage des travailleurs suisses résidant en France, qui est un vrai scandale.
Monsieur le ministre, nous comptons sur vous ! (Applaudissements sur les travées du groupe Union Centriste, ainsi que sur des travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et du groupe La République En Marche. – M. René Danesi applaudit également.)
M. Jean-Yves Le Drian, ministre. Merci !
Source : senat.fr ↗
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