Retraite des agriculteurs
H Henri CabanelRDSE Sénateur — HéraultLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/02/2020M. le président. La parole est à M. le ministre des solidarités et de la santé.
M. Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé. Monsieur le sénateur Cabanel, vous posez la question, importante, du revenu des pensionnés et retraités agricoles. Comme vous l'avez souligné, cette question a déjà fait l'objet de nombreux débats au Parlement, sans qu'il y ait eu de passage à l'acte, et pour des raisons diverses, tant sous cette majorité que sous la majorité précédente. (Exclamations sur les travées du groupe SOCR.)
Le régime universel qu'instaure la réforme actuelle du système de retraites prévoit que les futurs retraités agricoles qui ont cotisé à carrière complète pourront atteindre le minimum de 85 % du SMIC. Dès 2022, cela représentera 100 euros – 98 euros, pour être précis – de plus par mois pour un chef d'exploitation concerné par ce minimum de pension, et 180 euros en 2025.
Le système universel permettra de mettre fin aux questions de soutenabilité financière spécifiques du régime agricole actuel, et c'est tout à fait juste. Il n'était pas acceptable que des agriculteurs qui, passez-moi l'expression, ont trimé pendant quarante ans, et parfois bien davantage, dans une exploitation agricole n'aient que 700 euros ou 800 euros de retraite, c'est-à-dire un revenu au-dessous du seuil de pauvreté.
Cette réforme des retraites permettra aussi une baisse significative des cotisations pour 50 % des retraités les plus modestes, alors même que leur pension pourra augmenter.
Nous serons également attentifs au rôle particulier joué par la Mutualité sociale agricole (MSA), qui ne gère pas que le risque retraite, dans sa relation avec les agriculteurs.
Ce nouveau système sera plus juste. Nous tentons actuellement de convaincre les députés de nous aider à avancer, pour que ce texte voie le jour dans les délais et que les futurs retraités agricoles puissent, enfin, bénéficier de ces 85 % du SMIC.
J'en viens à la question des actuels retraités agricoles. J'y répondrai en deux temps, parce qu'il y aura une autre question sur le même sujet.
Une mission a été confiée au Parlement par le Gouvernement,… (Exclamations sur les travées des groupes SOCR et Les Républicains.)
M. Rachid Temal. Ce n'est pas sérieux !
M. Olivier Véran, ministre. … afin de définir les conditions dans lesquelles nous allons pouvoir traiter cette question, fondamentale, des personnes qui sont déjà retraitées, et qui, pour certaines, perçoivent une retraite de misère.
M. le président. La parole est à M. Henri Cabanel, pour la réplique.
M. Henri Cabanel. Je vous remercie, monsieur le ministre, mais vous n'avez absolument pas répondu à ma question !
Les retraités agricoles touchent des pensions de misère qui découlent de leurs revenus de misère : 780 euros pour les hommes, 590 euros pour les femmes. C'est indécent !
En reprenant les critères de votre projet de loi pour des carrières complètes, c'est non pas 1,1 milliard d'euros, mais 390 millions d'euros, soit trois fois moins, qui seraient nécessaires.
Or notre agriculture, c'est une alimentation de qualité, c'est une économie, c'est l'aménagement du territoire, c'est la participation à la transition écologique. Nous devons bien cela à nos agriculteurs. (Applaudissements sur les travées des groupes RDSE, SOCR et CRCE, ainsi que sur des travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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