Indemnisation des préjudices liés aux choucas des tours
Michel CanévetUCI
Sénateur — Finistère
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/11/2020M. Michel Canevet. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire à plusieurs reprises, je souhaite appeler l'attention du Gouvernement sur les ravages récurrents occasionnés par les choucas des tours. Cette problématique concerne non seulement la Bretagne, mais aussi une bonne partie du territoire national.
Le choucas des tours est une espèce protégée, ce qui crée naturellement quelques contraintes. Cette protection a certainement contribué à la prolifération considérable de l'espèce.
Or les choucas des tours occasionnent d'importants dégâts. Ils nichent souvent dans les cheminées des maisons des particuliers, ce qui entraîne des risques pour la population. Ils font également peser des risques sanitaires, puisqu'ils nichent aussi autour des industries agroalimentaires, assez présentes en Bretagne. Ils créent surtout de grands ravages pour les agriculteurs. Ainsi, selon la chambre d'agriculture du Finistère, plus de 2 000 hectares ont été touchés cette année dans le département, et le montant des dégâts occasionnés dans les Côtes-d'Armor et le Finistère a atteint 1,4 million d'euros l'an passé, ce qui est évidemment considérable.
Outre l'aspect financier de ces dégâts, il faut aussi prendre en compte la détresse psychologique des agriculteurs. Ils sont par exemple obligés de ressemer, lorsqu'ils constatent que les parcelles ont été ravagées. Il convient de prêter particulièrement attention à ces problèmes dans un contexte où l'agriculture souffre déjà énormément.
En attendant que des mesures plus fortes d'éradication soient prises, je souhaite savoir comment le Gouvernement envisage d'indemniser les agriculteurs qui subissent de tels dégâts, qui sont, je le répète, considérables.
Mme le président. La parole est à Mme la secrétaire d'État.
Mme Bérangère Abba, secrétaire d'État auprès de la ministre de la transition écologique, chargée de la biodiversité. Monsieur le sénateur Canevet, il est vrai que le choucas, qui est un corvidé, occasionne beaucoup de dégâts. Sa population est en forte augmentation en Bretagne pour des raisons touchant essentiellement à la transformation des paysages et des pratiques agricoles, tout en étant en déclin dans d'autres régions comme l'Île-de-France, sans que les causes de cette évolution différenciée soient bien connues.
Espèce protégée en droit français et européen, son statut permet néanmoins des destructions à titre dérogatoire afin de prévenir des dégâts importants aux cultures. Cette possibilité est largement utilisée dans le Finistère et, dans une moindre mesure, dans les Côtes-d'Armor et le Morbihan.
Afin de mieux connaître les effectifs et le comportement de l'espèce, une étude confiée à l'université de Rennes a été lancée cette année sous l'égide de la Dreal de Bretagne. Elle s'achèvera en 2022, mais ses premiers résultats devraient être présentés avant la fin de cette année, ce qui devrait nous permettre d'en tirer de premiers enseignements.
Par ailleurs, je vous annonce que le ministre de l'agriculture et moi-même avons décidé la mise en place d'un plan d'action à court terme à l'échelle des départements concernés par le phénomène de déprédation par le choucas. Ce plan, dont le contenu précis sera discuté avec les parties prenantes concernées, portera essentiellement sur trois aspects : le développement de la connaissance, en termes tant d'effectifs et de dynamique de population que d'évaluation des dommages ; la prévention, avec la recherche des mesures les plus efficaces au niveau tant des constructions servant d'habitat aux choucas que des exploitations agricoles ; la régulation, dans l'objectif d'établir des arrêtés de prélèvements dérogatoires cohérents entre départements et fondés sur les données les plus solides possible.
Je suis à ce stade convaincue que la mise en œuvre de ces mesures permettra de ramener le phénomène de déprédation par le choucas à un niveau acceptable et d'éviter la mise en place d'un régime d'indemnisation.
Mme le président. La parole est à M. Michel Canevet, pour la réplique.
M. Michel Canevet. Je partage les objectifs de ce plan, mais les mesures envisagées ne sont pas suffisantes : il faut aussi prévoir une indemnisation. Dans le PFLR 4, on va ajouter 50 millions d'euros de crédits pour les calamités agricoles. Ces crédits permettraient d'assurer une première indemnisation des agriculteurs qui subissent ces ravages. Cette indemnisation est absolument nécessaire, parce que les agriculteurs souffrent de la situation actuelle.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Michel Canévet
Ouverture de buvettes pour les clubs sportifs
Protection des prisons contre les drones
Fin du tarif d'achat sur le biométhane
Situation des ambulanciers