Ouvertures et fermetures de classes
Catherine BelrhitiLes Républicains
Sénatrice — Moselle
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/02/2021M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports. Madame la sénatrice Belrhiti, je vais repréciser la doctrine pour que les choses soient très claires. Je suis d'ailleurs le premier ministre de l'éducation nationale à pouvoir dire des choses aussi bienveillantes et généreuses à l'égard de l'école rurale : pas de fermeture d'école sans l'accord du maire. C'est très clair, vous pouvez l'enregistrer. (« Et les classes ? » sur des travées du groupe Les Républicains.)
Concernant les classes, je vous répète ce que j'ai dit à M. le sénateur Bonnecarrère : la mesure dont il s'agit s'appliquait au mois de septembre 2020. Vous avez cité mes propos du mois de mars 2020 concernant la rentrée 2020. Même à ce moment-là, je disais que cette mesure ne pourrait pas s'appliquer les années suivantes. Je le disais y compris en pensant à ceux qui auront à prendre des décisions en la matière au fil des prochaines années : ce serait un très mauvais service à leur rendre que d'acter un « moratoire à jamais » sur les fermetures de classes. Ce faisant, vous vous ôteriez toute souplesse.
M. Rémy Pointereau. C'est clair…
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. Dans votre département, madame la sénatrice, il y a 1 277 élèves en moins.
M. Laurent Duplomb. Ce n'est pas la question !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. C'est cela qu'il faut déplorer.
Or vous avez obtenu cinquante-six postes supplémentaires l'année dernière et six de plus cette année. En d'autres termes, nous continuons à créer des postes malgré la baisse du nombre d'élèves. (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.) Cela signifie-t-il qu'il n'y aura pas de fermeture de classes ? S'il ne reste que quatre élèves, bien sûr qu'il faut fermer une classe ! C'est une évidence. Il faut faire du qualitatif, en respectant la consigne donnée – c'est ce qui est fait ; si ça ne l'est pas, dites-le-moi –, à savoir, dans tous les cas, discussion avec le maire pour prendre des mesures de bon sens.
Ne jouons pas à ne pas nous comprendre ! Mon soutien à l'école rurale est un soutien complet, vous le savez très bien.
M. Laurent Duplomb. Ce n'est pas ce qui a été dit la semaine dernière !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. L'ensemble du Gouvernement est au diapason : nous voulons le renouveau de l'école rurale. En réalité, il s'agit d'un sujet démographique et d'attractivité.
Nous devons travailler ensemble. Tel est le sens des stratégies que nous adoptons, qui sont explicites dans les plans d'action pour l'école dans les territoires ruraux. Nous les avons d'ailleurs toujours conçus avec des sénateurs. Nous continuerons, en prenant aussi des mesures qualitatives. Je pense aux décharges pour les directeurs ;…
M. Laurent Duplomb. Cela enlève des enseignants devant les gamins !
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. … comme vous le savez, elles seront améliorées à la rentrée prochaine. Quant aux mesures de limitation du nombre d'élèves par classe en grande section de maternelle, CP et CE1 que j'ai annoncées, elles s'appliqueront dans votre département dès la rentrée prochaine.
Nous améliorons donc la vie quotidienne de l'élève avec des moyens supplémentaires pour le premier degré.
M. le président. Il faut conclure.
M. Jean-Michel Blanquer, ministre. C'est une question de bon sens, mais aussi de consensus avec les acteurs locaux. (M. Julien Bargeton applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Catherine Belrhiti, pour la réplique.
Mme Catherine Belrhiti. Monsieur le ministre, la suppression de classes ou de postes d'enseignants contribue au sentiment d'abandon des territoires par l'État.
Les Français sont durement éprouvés par la crise sanitaire. Nous avons besoin de plus de cohérence et de stabilité dans les annonces et dans les faits pour retrouver la confiance dans la parole publique, qui est indispensable à notre démocratie ! (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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