Réforme de l'assurance chômage
Hervé GilléSER
Sénateur — Gironde
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/03/2021Mme Élisabeth Borne, ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion. Monsieur le sénateur Hervé Gillé, en vous écoutant je me pose cette question : de quelle réforme parlez-vous ? La réforme que j'ai présentée hier aux partenaires sociaux est le fruit de six mois d'échanges ininterrompus au cours desquels j'ai écouté les observations, les propositions des uns et des autres. (« Ils n'en veulent pas ! » et « Personne n'en veut ! » sur les travées des groupes SER et CRCE.)
Mme Éliane Assassi. Vous écoutez, mais cela ne change rien !
Mme Élisabeth Borne, ministre. Cette réforme repose sur deux principes : lutter contre la précarité et assurer plus d'équité dans le calcul des allocations chômage. (Protestations sur les travées des groupes SER et CRCE.) La réforme met en place un système de bonus-malus qui encourage les entreprises vertueuses en termes d'emploi et qui dissuade les entreprises qui recourent excessivement aux contrats courts. Je pense que nous pourrions nous retrouver sur cette mesure.
Contrairement à ce que j'entends dire parfois, la réforme ne réduit pas les droits des allocataires. (Exclamations sur les travées des groupes SER et CRCE.)
M. David Assouline. Vous êtes la seule à le dire !
Mme Élisabeth Borne, ministre. Le montant total des allocations est strictement conservé, ce qui signifie que, si l'allocation mensuelle baisse pendant un mois donné, elle est servie plus longtemps. Par ailleurs, la concertation nous a conduits à mettre en place un plancher pour éviter des allocations trop basses.
Je rappelle également que, depuis le début de la crise, nous agissons massivement contre la précarité par la mise en place de l'activité partielle, en prolongeant, quand c'est nécessaire, les droits des demandeurs d'emploi et en mettant en place une aide exceptionnelle pour les travailleurs les plus précaires : 460 000 personnes ont pu en bénéficier.
La lutte contre la précarité est et restera au cœur de l'action de ce gouvernement. (M. François Patriat applaudit.)
Mme la présidente. La parole est à M. Hervé Gillé, pour la réplique.
M. Hervé Gillé. Madame la ministre, nous le savons, votre volonté est d'afficher votre capacité à réformer après l'enterrement de la réforme des retraites. La réforme de l'assurance chômage n'est pas politique, elle est politicienne. Elle est anachronique et inadaptée ! (Très bien ! et applaudissements sur les travées des groupes SER et CRCE.)
M. Pascal Savoldelli. Très bien !
Source : senat.fr ↗
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