Suivi des auteurs de crimes et délits déclarés pénalement irresponsables
Nathalie GouletUCI
Sénatrice — Orne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 27/05/2021M. Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux, ministre de la justice. Madame la sénatrice Goulet, vous souhaitez prolonger le débat que nous avons eu hier. Mais vous ne souhaitez pas le circonscrire à la discussion que nous avions : vous voulez savoir quel est le sort qui est réservé à ceux qui sont déclarés irresponsables. Nous avons effleuré cette question hier ; mais vous devriez poser la question au ministre de la santé, pardonnez-moi de vous le dire, car, à compter du moment où un homme est déclaré irresponsable, il n'est pas détenu : il est soigné.
Si vous souhaitez que l'on reconstruise un outil permettant de connaître le nombre sur lequel vous vous interrogez, j'y travaillerai très volontiers avec vous : ma porte est ouverte, et nous reconstruirons cet outil. L'excuse à laquelle vous faites allusion – ce chantier demanderait trop de travail – n'est pas à mes yeux une excuse pertinente. Venez me voir à la Chancellerie : je suis tout à fait d'accord pour que l'on recense tous ceux qui ont bénéficié d'un non-lieu afin que l'on connaisse le suivi dont ils font l'objet.
Pour le reste, la décision du 14 avril nous a beaucoup émus. Certains de nos compatriotes n'ont pas compris cette décision. Elle a été rendue en droit, et les juges ont pris soin de préciser qu'ils ne pouvaient pas distinguer là où la loi ne le permettait pas.
Vous avez tenté de remédier à cela ; j'ai moi-même, à la demande du Président de la République, travaillé à un texte. J'ai reçu les cultes, les magistrats, des avocats, des psychiatres, et j'ai souhaité soumettre ce texte à l'avis du Conseil d'État. Il sera très prochainement porté à votre connaissance et j'espère, comme cela a toujours été le cas ici, que nous pourrons travailler ensemble sur ces questions. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Nathalie Goulet, pour la réplique.
Mme Nathalie Goulet. Je vous remercie de votre réponse, monsieur le garde des sceaux, mais un léger problème continue de me tracasser : voyez-vous, dans le rapport de la mission Houillon-Raimbourg, qui constitue désormais l'alpha et l'oméga de la politique de la Chancellerie,…
M. Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux. Ah non !
Mme Nathalie Goulet. … il est quand même expliqué que la direction des affaires criminelles et des grâces, qui dépend, me semble-t-il, de votre ministère, a supprimé la collecte des données.
M. Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux. C'est ce que je viens de vous dire !
Mme Nathalie Goulet. D'ailleurs, la recommandation n° 13 de ce fameux rapport commandé par votre ministère, que l'on trouve en pages 38 et 39, consiste à demander le recensement des décisions de classement sans suite et d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental. Il faut que nous travaillions ensemble sur ce sujet : ce recensement est nécessaire. (Applaudissements sur les travées du groupe UC.)
M. Éric Dupond-Moretti, garde des sceaux. Venez me voir à la Chancellerie !
Source : senat.fr ↗
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