Stratégie européenne « Farm to Fork »
Franck MenonvilleUCI
Sénateur — Meuse
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 28/10/2021M. Julien Denormandie, ministre de l'agriculture et de l'alimentation. Monsieur le sénateur, je veux tout d'abord vous dire que, dans ma vision de la politique, il n'y a pas de renoncement. Il y a toujours une volonté d'action (« C'est beau ! » sur les travées du groupe SER.), même quand la situation est difficile, comme vous l'avez très bien exprimé.
L'étude à laquelle vous faites référence, menée par le bureau d'études de la Commission européenne, doit provoquer un réveil des consciences chez toutes celles et tous ceux qui considèrent que l'on ne fait jamais assez pour la transition agroécologique.
La nouvelle politique agricole commune va tellement loin que, comme vous l'avez dit, monsieur le sénateur, la production diminuera de 13 % au niveau européen, tandis que les importations augmenteront de 20 % et que les deux tiers des émissions de CO2 que l'on réduira en Europe seront réimportées. Où est le sens d'une telle politique quand elle va aussi loin ? (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP, ainsi que sur des travées du groupe UC. – M. Bruno Sido applaudit également.)
Il faut aussi que le réveil des consciences porte sur la finalité de notre agriculture, dont certains oublient la mission d'abord nourricière. Oui, mesdames, messieurs les sénateurs, l'Europe a un rôle nourricier qu'elle doit assumer tant pour notre souveraineté que vis-à-vis du reste du monde ! Cela est d'autant plus vrai que, sous l'effet du changement climatique, les zones où la production agricole ne sera plus possible risquent de se multiplier. L'Europe doit assumer ce rôle nourricier. Il y va d'un certain nombre d'équilibres à l'international.
Avec mes collègues, notamment Clément Beaune, je vais me battre au niveau européen pour que l'étude d'impact soit réalisée, car les parlementaires européens l'ont votée. Nous nous battrons aussi pour que l'on instaure enfin des clauses miroir dans la réciprocité des échanges, car sans elles nous ne pourrons pas continuer d'avancer aussi rapidement que nos concitoyens le demandent.
La ligne que nous défendrons est extrêmement claire : il n'y aura pas de renoncement, mais il y aura une volonté de poursuivre dans la voie que j'ai tracée. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et INDEP, ainsi que sur des travées du groupe UC. – M. Bruno Sido applaudit également.)
M. Emmanuel Capus. Très bien !
Source : senat.fr ↗
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