Mercosur
Alain CadecLes Républicains
Sénateur — Côtes-d'Armor
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 08/12/2022M. Olivier Becht, ministre délégué auprès de la ministre de l'Europe et des affaires étrangères, chargé du commerce extérieur, de l'attractivité et des Français de l'étranger. Monsieur le sénateur Cadec, vous avez raison, l'élection du président Lula est une bonne nouvelle pour la relation bilatérale entre la France et le Brésil. Le Président de la République l'a saluée comme telle.
L'accord avec le Mercosur est en négociation depuis l'année 2000, soit depuis vingt-deux ans, entre l'Union européenne et le Brésil. Il n'est à ce jour ni finalisé ni signé, et n'est donc a fortiori pas ratifié.
La France a posé des conditions très claires pour la conclusion de cet accord. Elles sont de trois ordres.
La première a trait à la déforestation. Il y a d'ailleurs lieu de saluer l'adoption, avant-hier, dans le cadre du trilogue européen, du règlement sur la déforestation. Il est hors de question d'importer un seul kilo de bœuf élevé sur de la prairie qui aurait été gagnée sur la forêt amazonienne. Cela vaut pour le bœuf comme pour tout autre produit.
La deuxième condition, c'est le respect par toutes les politiques publiques des pays membres du Mercosur des accords de Paris.
Enfin, la troisième condition, c'est le respect de l'ensemble des normes sanitaires et environnementales de l'Union européenne. (M. Jérôme Bascher mime la brasse coulée.)
Les négociations se poursuivent donc dans ce cadre-là. Le jour où elles auront abouti, et seulement ce jour-là, la France examinera cet accord et se prononcera dans le cadre de la procédure européenne au sein du Conseil de l'Union européenne. Le Parlement européen sera évidemment saisi en vertu de ses pouvoirs propres. Quant aux parlements nationaux, ils seront saisis si les accords devaient être scindés. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. Didier Marie. Comme pour le Ceta ?
Mme la présidente. La parole est à M. Alain Cadec, pour la réplique.
M. Alain Cadec. Je vous ai précisé que la Commission européenne allait utiliser l'article 207 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Donc, elle ne consultera pas les parlements nationaux.
Certains députés européens de Renaissance, dans une lettre au commissaire européen Dombrovskis, ont prétendu que la procédure choisie par la Commission était illégale. C'est inexact, elle est parfaitement légale. Compte tenu de l'approbation requise du Parlement européen, elle ne peut certainement pas être qualifiée d'outrage démocratique.
Monsieur le ministre, la France, et particulièrement ses agriculteurs, est en grande difficulté sur ce dossier. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. – Mme Anne-Catherine Loisier applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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