Situation financière de la France
Rémi FéraudSER
Sénateur — Paris
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 04/05/2023M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. Madame la sénatrice, je constate que vous lisez de bons auteurs ! (Exclamations amusées.)
Monsieur le sénateur, il y a un peu d'inconséquence dans votre question. Dans le même temps, vous regrettez la décision de l'agence de notation Fitch, dont la Première ministre et moi-même prenons acte, et vous nous dites qu'il ne faudrait pas réduire les dépenses publiques et la dette, mais qu'il faut rétablir les finances publiques de la France.
Nous, nous sommes conséquents.
En 2017 et en 2018, nous avons rétabli les finances publiques de notre pays ; nous sommes revenus sous les 3 % de déficit et sommes sortis de la procédure pour déficit excessif. Ensuite, nous avons eu à faire face à trois crises successives (M. Fabien Gay s'exclame.) : la crise des « gilets jaunes »,...
M. Pascal Savoldelli. C'est la vôtre !
M. Bruno Le Maire, ministre. ... la crise de la covid-19 et la crise de l'inflation. À chaque fois, nous avons pris les mesures de protection nécessaires pour éviter les conséquences sur nos compatriotes, sur les salariés, sur l'emploi, sur l'industrie, sur les entreprises de notre pays.
Maintenant que nous sortons de cette période de crise j'ai bon espoir que nous sortions de la crise inflationniste dans le courant de cet été , nous revenons à la normale : il est temps de rétablir les finances publiques de la France.
M. Fabien Gay. En vous attaquant aux services publics !
M. Bruno Le Maire, ministre. Avec la Première ministre, le Gouvernement a engagé une revue des dépenses publiques. (Murmures sur les travées du groupe Les Républicains.) Je tiendrai les assises des finances publiques au début du mois de juin prochain pour regarder comment aller plus loin dans la réduction des dépenses et le rétablissement de nos finances publiques. Nous allons accélérer le désendettement de la France.
Nous ne le faisons pas pour quelque agence de notation que ce soit : nous le faisons pour les Français, pour l'indépendance de la France et pour la souveraineté nationale. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. Vive Fitch, alors !
M. le président. La parole est à M. Rémi Féraud, pour la réplique.
M. Rémi Féraud. Monsieur le ministre, je n'ai pas lu tous les derniers romans, mais j'ai lu l'appréciation de l'agence Fitch. Elle conteste votre méthode, sans forcément contester vos objectifs.
Moi, je constate que vous risquez d'aggraver encore votre politique et de maîtriser les dépenses publiques en sacrifiant encore davantage la solidarité, les services publics, les investissements d'avenir et, une nouvelle fois, sans prélever sur les plus riches, sur les grandes entreprises, sur les multinationales, leur juste contribution, comme le demandent les Français, après cette période si douloureuse et si injuste.
Voilà ce que j'avais à vous répondre et j'espère que nous pourrons avancer ensemble. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et CRCE, ainsi que sur des travées du groupe GEST.)
Source : senat.fr ↗
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