Contours de France travail et conditionnalité du RSA
Monique LubinSER
Sénatrice — Landes
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 15/06/2023M. Olivier Dussopt, ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion. Madame la sénatrice Lubin, vous m'interrogez sur les difficultés liées à la fracture sociale. Parmi les causes de cette fracture figurent la précarité et le maintien dans la précarité, ainsi que l'exclusion et le maintien dans l'exclusion.
Selon un rapport publié au début de l'année 2022 par la Cour des comptes, lui aussi très bien documenté, sept ans après une première inscription au RSA, 42 % des bénéficiaires sont toujours inscrits au RSA, soit de manière continue, soit de manière récurrente, et seulement 33 % de ces mêmes inscrits ont retrouvé un emploi, lequel, souvent, n'est pas stable - et c'est un euphémisme.
Il nous faut agir. Le fait que quatre allocataires sur dix soient toujours au RSA au bout de sept ans signe une forme d'échec collectif.
C'est un échec en termes de formation. Nous y répondons avec le plan d'investissement dans les compétences (PIC). Cela prend du temps, mais c'est efficace.
C'est un échec de notre capacité à accompagner. Lorsque le revenu minimum d'insertion (RMI) a été créé en 1988, la loi prévoyait que 20 % des fonds devaient être consacrés à l'insertion et 80 % à l'allocation. Aujourd'hui, nous consacrons moins de 10 % des fonds à l'insertion. C'est aussi une explication.
Le Gouvernement souhaite investir de manière massive dans l'accompagnement, comme cela est préconisé dans le rapport que m'a remis le haut-commissaire à l'emploi et à l'engagement des entreprises au mois d'avril.
Nous souhaitons réformer l'accompagnement des allocataires du RSA, d'abord - je l'ai dit - en y consacrant des moyens, ensuite en prévoyant un diagnostic social et professionnel de chacun, ainsi qu'un suivi.
Aujourd'hui, près d'un allocataire sur cinq, soit 17 % des allocataires, ne bénéficie ni d'un suivi social ni d'un suivi professionnel. Nous souhaitons donc élaborer avec eux, en application de la loi du 1er décembre 1988 relative au revenu minimum d'insertion, un contrat d'engagement réciproque prévoyant des activités d'insertion, de formation et d'accompagnement. Il s'agit, non pas de bénévolat obligatoire ni de travail gratuit, mais d'accompagnement.
Obtiendrons-nous des résultats pour tout le monde ? Peut-être pas. Mais le pire serait de renoncer, car 1,95 million de foyers ne vivent aujourd'hui que du RSA,...
M. le président. Veuillez conclure, monsieur le ministre.
M. Olivier Dussopt, ministre. ... ce qui n'est pas une situation acceptable. C'est cela qui nourrit la fracture sociale que vous dénoncez, madame la sénatrice. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Monique Lubin, pour la réplique.
Mme Monique Lubin. Monsieur le ministre, une fois n'est pas coutume, je partage votre point de vue. Le rapport de la Cour des comptes est parfaitement explicite. Nous savons que, dans une mesure assez importante, l'inclusion ne fonctionne pas.
Cela étant, le projet de loi dont nous aurons l'occasion de discuter contient certaines mesures dont je ne comprends pas bien l'utilité. En revanche, je n'ai pas vu qu'il prévoyait des moyens supplémentaires. Je crains qu'on ne confie l'insertion des bénéficiaires du RSA...
M. le président. Veuillez conclure, ma chère collègue.
Mme Monique Lubin. ... à des personnes qui ne connaissent pas suffisamment ces publics. (Applaudissements sur les travées des groupes SER et CRCE.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Monique Lubin
Injustice sur la retraite des fonctionnaires titularisés avant 2005 ayant été contractuels
SMIC
Extension du préavis réduit aux titulaires d'une pension d'invalidité
Situation des « trimestres orphelins » de chômage consécutifs à la validation de services de non-titulaire dans la fonction publique