Urgences médicales cet été
Annie Le HouerouSER
Sénatrice — Côtes-d'Armor
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/07/2023M. François Braun, ministre de la santé et de la prévention. Madame la sénatrice Annie Le Houerou, oui, nous manquons de professionnels de santé, le diagnostic n'est malheureusement pas nouveau.
Oui, ce gouvernement agit en formant plus de médecins - mais il va falloir attendre dix ans (Murmures sur les travées du groupe SER.) -, en formant encore plus d'infirmiers - plus 6 000 -, plus d'aides-soignants - plus 3 000.
Les fermetures ne concernent pas les services d'urgence - il s'agit simplement d'accès régulés - que vous évoquez et ne sont pas le fait d'une décision économique : elles s'expliquent par le manque de professionnels de santé.
La solution viendra en redonnant plus de temps à ces professionnels, ce que nous avons commencé à faire, et en en formant plus, ce que nous faisons également.
Madame la sénatrice, vous le savez, les urgences sont une priorité majeure, encore renforcée cet été. Vous avez évoqué un certain nombre de solutions qui ont été mises en place, mais elles l'ont déjà été l'été dernier et elles fonctionnent.
Ainsi, l'été dernier, nous avons diminué de 5 % la fréquentation de nos services d'urgence, ce qui n'avait pas été le cas depuis plus de vingt ans.
Ces solutions s'articulent autour de trois axes.
Le premier axe concerne l'information du citoyen sur le bon usage du système de santé, en particulier le bon usage des urgences. Si son médecin n'est pas disponible, oui, avant de se déplacer, il faut qu'il appelle le 15. C'est ainsi que l'on trouvera la meilleure solution, adaptée en fonction du territoire où il se trouve.
Dans ce cadre-là, nous renforçons la régulation médicale. Nous accélérons le déploiement de ce service d'accès aux soins qui intègre des médecins généralistes à la régulation. Nous renforçons leur rémunération. Grâce aux mesures votées par le Parlement, nous avons transformé les assistants de régulation médicale en professionnels de santé, ce qui a permis de valoriser leur exercice.
Il faut également des effecteurs sur le terrain.
C'est le cas en ville, avec une augmentation de 15 euros pour les actes qui sont réalisés à la demande de cette régulation.
C'est également le cas pour ce qui concerne les transports sanitaires, ce que vous avez mentionné, madame la sénatrice : on facilite le transport vers les médecins généralistes.
Le deuxième axe, c'est le renforcement des communautés professionnelles territoriales de santé. À l'hôpital, nous avons pris en compte la pénibilité en doublant l'indemnité de nuit pour le personnel paramédical et en la multipliant par 1,5 pour les médecins.
Le troisième axe, c'est le développement d'une logique territoriale, non seulement pour les gardes, en associant public et privé, mais également pour la gestion des lits. Celle-ci se fait désormais à l'échelle du territoire et non plus seulement à celle d'un établissement.
Oui, les solutions sont mises en place. Certaines fonctionnent déjà, on le sait, les autres commencent à montrer leur efficacité. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Annie Le Houerou, pour la réplique.
Mme Annie Le Houerou. Monsieur le ministre, il y a urgence aux urgences et vous n'y répondez pas.
L'accès aux soins pour tous, partout, fait partie de la promesse républicaine. On en est loin !
La défaillance de la médecine de ville conduit à l'engorgement des urgences, alors que les lits manquent en aval... Le système est embolisé. Où vont exercer les médecins qui quittent l'hôpital ?
Une remise à plat du service public de la santé s'impose, car ce ne sont pas vos propositions qui régleront le problème. (Applaudissements sur les travées du groupe SER.)
Source : senat.fr ↗
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