Augmentation des fraudes sur la taxe soda
Posée le 19/10/2023 • Ministère interrogé : Comptes publics
Dany Wattebled Les Indépendants
Sénateur — Nord
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 01/11/2023
M. Dany Wattebled. Madame la ministre, pour protéger la santé de la population, la loi de finances pour 2012 a instauré une taxe linéaire de 7,55 euros par hectolitre sur toutes les boissons sucrées.
Le projet de loi de finances de la sécurité sociale pour 2018 a rendu cette taxe progressive en fonction de la teneur en sucre des boissons.
Entre 2012 et 2022, cette « taxe soda » a fortement augmenté, jusqu'à rapporter aujourd'hui 4 000 euros par camion.
Depuis 2019, cette taxe est perçue non plus par les douanes, mais par l'administration fiscale, par le biais d'une déclaration de TVA mensuelle.
Le montant total à payer rend quasi impossible le contrôle du bon niveau de taxe retenu, d'autant que ce contrôle se fait a posteriori, loin des dates des échanges de biens.
Cela a amené l'émergence d'importateurs de sodas d'origine européenne qui règlent rarement la taxe due. Leurs clients, grossistes et distributeurs font de même, et tous participent à un carrousel de TVA, dans la plus grande impunité, car ces entreprises disparaissent rapidement afin d'échapper aux poursuites. C'est ainsi que l'on retrouve dans la grande distribution des sodas à taux de sucre élevés vendus moins cher que les boissons « zéro ».
Le non-respect de cette taxe entraîne une inégalité concurrentielle avec les entreprises respectant la loi et un manque à gagner dépassant au minimum 10 millions d'euros par mois pour l'administration fiscale.
Il semble essentiel de rappeler toute l'importance de cette taxe et les dangers que peuvent représenter les boissons concernées.
Madame la ministre, entendez-vous renforcer les moyens de contrôle de la taxe soda dans un futur proche ? Prévoyez-vous une solidarité du paiement de cette taxe entre tous les acteurs de la chaîne ? En parallèle, envisagez-vous la mise en place de sanctions ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée.
Mme Olivia Grégoire, ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargée des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat et du tourisme. Monsieur le sénateur Wattebled, la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale est l'une des priorités du Gouvernement et de notre administration.
Le transfert de la contribution sur les boissons contenant des sucres à la direction générale des finances publiques s'inscrit pleinement dans cet objectif, en permettant, à long terme, une rationalisation, mais aussi une homogénéisation des circuits de recouvrement et de contrôle.
À la suite du transfert à la DGFiP, les recettes encaissées au titre de cette taxe ont augmenté. Ainsi, alors que la moyenne des encaissements des deux dernières années antérieures au transfert s'établissait à 497 millions d'euros, elle progresse à 581,8 millions d'euros en moyenne ces deux dernières années. Par ailleurs, en 2022 le nombre de déclarants est en augmentation, avec 219 contributeurs en plus en 2022 par rapport à 2021.
Au-delà des aspects de recouvrement, la DGFiP est en mesure de lutter efficacement contre les différents types de fraudes fiscales.
D'une part, elle possède une sérieuse expérience dans la lutte contre les schémas complexes de fraude, notamment en matière de taxes sur le chiffre d'affaires. Elle met ainsi en oeuvre une stratégie très offensive de contrôle fiscal en matière de fraude fiscale grave et complexe, en faisant usage des nombreux dispositifs juridiques et outils à sa disposition, comme face aux sociétés éphémères.
D'autre part, le recouvrement de la contribution sur les boissons sucrées a été modernisé, puisqu'il a été au processus déclaratif de la TVA, à laquelle sont assujettis la grande majorité des redevables de la contribution. Ce processus déclaratif allégé sans justificatifs transmis obligatoirement à l'administration constitue un gain de simplification tant pour l'usager que pour l'administration.
Cette dernière a notamment la possibilité de recentrer les moyens du contrôle fiscal sur la fraude à enjeux plutôt que sur le contrôle de forme des déclarations. En outre, l'ensemble des taxes transférées à la DGFiP bénéficient désormais des moyens modernes de détection contre la fraude. Depuis le transfert de la contribution, des premiers travaux informatiques spécifiques ont d'ores et déjà été menés et ont permis la programmation des premiers contrôles, avec des résultats très encourageants.
Je n'ai malheureusement plus le temps de vous répondre, mais je sais que vous me pardonnerez.
M. le président. La parole est à M. Dany Wattebled, pour la réplique.
M. Dany Wattebled. Madame la ministre, je vous invite à poursuivre les efforts, compte tenu de l'importance des fraudes qui demeurent.
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Dany Wattebled
Versement de la retraite additionnelle de la fonction publique
Question écrite • 28/05/2026
Transparence de l'usage de l'intelligence artificielle dans les images publicitaires et commerciales
Question orale sans débat • 16/04/2026
Décrets d'application de la loi SREN et proposition de loi relative à la sécurisation des marchés publics numériques
Question au Gouvernement • 12/02/2026
Problème sur la revalorisation des indemnités des maires et adjoints des communes de 10 000 à 19 999 habitants
Question écrite • 22/01/2026