Filière pêche
Posée le 18/01/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Jean-François Rapin Les Républicains
Sénateur — Pas-de-Calais
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 18/01/2024
M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Monsieur le sénateur Rapin, l'émotion dont vous faites part est née d'une décision du Conseil d'État, en date du 22 décembre dernier. Vous êtes en train de commenter non pas une décision gouvernementale, mais au contraire la censure par le Conseil d'État d'une tentative du Gouvernement pour concilier la préservation de la biodiversité, d'un côté, face à un risque de disparition du dauphin et du marsouin commun et, de l'autre, la possibilité de poursuivre une activité de pêche qui fait partie intégrante de notre souveraineté.
Le compromis avait consisté à prendre un arrêté établissant des mesures de fermeture spatiotemporelles tout en prévoyant des dérogations pour certains équipements. L'impact desdits équipements a néanmoins donné lieu à une controverse scientifique, certains répulsifs sonores étant accusés d'attirer les dauphins près des bateaux équipés au lieu de les en éloigner, compte tenu de l'intelligence de l'espèce.
Les chiffres, monsieur le sénateur, sont préoccupants : plus de 1 000 échouages sont recensés chaque année et il y a consensus pour dire que les activités de pêche dans le golfe de Gascogne provoquent la mort de 5 000 à 10 000 cétacés par an. À ce niveau de mortalité, les risques sont réels et avérés pour la viabilité et tout simplement la survie d'une espèce (Mme Annick Girardin le conteste.) qui contribue à l'équilibre de cet écosystème.
Face à cette situation et compte tenu de la décision du 22 décembre, la question est de savoir comment accompagner la filière et comment, dans les semaines et les mois qui viennent, construire et trouver un équilibre : comment à la fois défendre la biodiversité et répondre à la préoccupation de ces hommes et de ces femmes dont je n'ignore pas que, pour eux, la pêche est non seulement un gagne-pain, mais une philosophie, une vocation, une façon de vivre ? C'est l'ambiance des ports qui est en jeu - je pense évidemment à tous ceux que vous connaissez bien, mesdames, messieurs les sénateurs, je pense à la Vendée et au golfe de Gascogne de manière générale. Ce sont des centaines de bateaux de plus de huit mètres qui sont concernés.
Nous nous battons en ce moment même et nous allons continuer de nous battre sur le volet des compensations, mais nous aurons très vite à nous retrouver avec les représentants des filières, car il est nécessaire, au-delà de ce mois de fermeture spatiotemporel, d'examiner cette question de façon plus posée et plus constructive, en vue du moyen terme. (MM. Jean-Baptiste Lemoyne et François Patriat applaudissent.)
M. le président. La parole est à M. Jean-François Rapin, pour la réplique.
M. Jean-François Rapin. Monsieur le ministre, vous avez répondu techniquement à ma question ; je vous en remercie.
Néanmoins, au-delà de ce que vous avez exposé, reste à traiter l'enjeu des familles, sur tous les territoires littoraux. La question de la pêche se pose aujourd'hui dans le golfe de Gascogne, mais demain, Brexit oblige, elle sera de nouveau un sujet d'actualité prégnant sur la façade Manche Est-mer du Nord ainsi que sur les côtes de la Bretagne.
Monsieur le ministre, les enjeux liés à la mer n'ont-ils pas aujourd'hui valeur suffisante pour mériter un ministère de plein exercice ? (Très bien ! et applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - MM. Franck Montaugé et Mickaël Vallet applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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