Financement de la ligne ferroviaire Lyon-Turin
Posée le 25/01/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Florence Blatrix Contat SER
Sénatrice — Ain
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 25/01/2024
M. Christophe Béchu, ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires. Madame la sénatrice Blatrix Contat, la liaison Lyon-Turin est d'une importance majeure non seulement pour favoriser le report modal de la route vers le ferroviaire, mais aussi pour diminuer la pollution dans les vallées alpines et pour développer les liens entre nos pays.
La date du 30 janvier prochain est bien évidemment inscrite dans mon agenda - elle l'était déjà avant le dernier remaniement ministériel -, puisque c'est celle à laquelle nous devrons notifier à la Commission européenne le bouclage de la partie française des financements prévus pour les études en vue de l'aménagement des accès alpins et du raccordement au contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise.
Laissez-moi vous donner quelques chiffres : 220 millions d'euros, tel est le coût global de ces études extrêmement ambitieuses que nous devons mener pour réaliser l'ensemble des raccordements. L'Union européenne les financera à 50 %, soit à hauteur de 90 millions d'euros puisqu'il faut tenir compte de la part non éligible de 38 millions d'euros. Pour faire simple, il faut donc encore trouver 130 millions d'euros.
Très rapidement, l'État s'est engagé à financer 50 % de la somme non subventionnée par l'Europe, soit un montant de 65 millions d'euros. Sur les 65 millions d'euros restant, les collectivités territoriales apporteront 25 millions d'euros.
M. Yannick Jadot. Et 30 milliards d'euros derrière !
M. Christophe Béchu, ministre. Le delta est donc, comme vous venez de le dire, de 40 millions d'euros.
Compte tenu du montant de ce delta, la contribution de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à hauteur de 13 millions d'euros, nous semble faible, surtout si l'on considère la capacité financière de la région et les retombées économiques qui sont attendues.
M. Loïc Hervé. Il suffirait de passer un coup de téléphone !
M. Christophe Béchu, ministre. Vous dites que les discussions ont échoué ; je dirai plutôt, sans plaisanterie aucune, qu'elles n'ont pas abouti. En effet, il est impossible d'envisager que la négociation du 30 janvier prochain puisse échouer. Ce qui se joue, c'est non pas un bouclage financier, mais la réalisation d'un projet qui nous permettra de bénéficier de subventions massives de la part de l'Union européenne. Grâce à lui, nous pourrons porter une ambition écologique concrète, qui ne sera pas seulement de papier. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
M. Loïc Hervé. Trouvez une solution, enfin !
M. le président. La parole est à Mme Florence Blatrix Contat, pour la réplique.
Mme Florence Blatrix Contat. Monsieur le ministre, il est impératif de réussir cette étape pour éviter une gabegie, c'est-à-dire un tunnel sans train ou fonctionnant à la moitié de sa capacité.
M. Loïc Hervé. Évidemment !
Mme Florence Blatrix Contat. Ce serait un échec pour la décarbonation des transports. Ce serait l'échec de la France. (Applaudissements sur les travées du groupe SER. - MM. Loïc Hervé et Laurent Somon applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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