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Question écrite ✓ Répondue le 03/09/2026 #23#11#

Accès équitable au repas à un euro et qualité de la restauration universitaire des CROUS

Posée le 18/06/2026 · Ministère interrogé : Enseignement supérieur, recherche et espace

Florence Blatrix Contat Florence Blatrix ContatSER Sénatrice — Ain

La question

Mme Florence Blatrix Contat attire l'attention de M. le ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace sur les difficultés rencontrées par les restaurants universitaires des centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires (CROUS). La loi n° 2026-103 de finances pour 2026 a étendu le repas à un euro à l'ensemble des étudiants, alors qu'il était jusqu'alors réservé aux boursiers et aux étudiants en situation de précarité. Il s'agit d'une avancée considérable, obtenue grâce à l'action des parlementaires socialistes. Dans les restaurants universitaires disposant d'un service du soir, ce repas à un euro est proposé le midi comme le soir. En revanche, là où un tel service n'existe pas, les étudiants boursiers qui déjeunent le midi ne peuvent plus, comme c'était le cas auparavant, emporter dans le même temps un second repas à un euro pour le soir. Faute de dîner sur place ou de possibilité d'emporter un repas, certains se trouvent ainsi purement et simplement privés de leur repas du soir à tarif réduit. Des inégalités de traitement apparaissent donc d'ores et déjà entre les étudiants, selon que leur restaurant universitaire assure ou non un service en soirée. Plus généralement, plusieurs syndicats étudiants font état d'un recul de la diversité des menus, de leur qualité et de la quantité des portions. Ces modalités de gestion de la restauration universitaire soulèvent de sérieuses questions quant à l'égal accès à des repas à tarif réduit sur l'ensemble du territoire. En conséquence, elle demande au Gouvernement s'il entend prendre les mesures nécessaires pour garantir une mise en oeuvre équitable de ce dispositif sur l'ensemble du territoire. Elle l'interroge également sur les dispositions envisagées pour rétablir la possibilité, pour les étudiants ne bénéficiant pas d'un service de restauration le soir, d'emporter un second repas le midi au même tarif. Plus largement, elle souhaite savoir quels moyens le Gouvernement entend mobiliser afin d'assurer un service de restauration universitaire de qualité et s'il envisage d'accompagner cette réforme des financements indispensables à sa pleine réussite.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 03/09/2026
La mise en oeuvre de la généralisation du repas à 1 euros pour l'ensemble des étudiants constitue un enjeu majeur pour le réseau des Crous (centres régionaux des oeuvres universitaires et scolaires). La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 prévoit pour le programme budgétaire 231 une enveloppe de 50 Meuros entièrement allouée à cette mesure. Cette somme est destinée à compenser financièrement, pour chaque Crous, la différence entre le tarif précédent de 3,30 euros et le prix de vente à 1 euros de tous les repas étudiants dans les points de vente universitaires, y compris dans la restauration agréée pour un montant de 35,6 Meuros supplémentaires. Elle permet également de financer les mesures d'accompagnement indispensables à la réussite de cette réforme : 5,6 Meuros sont ainsi consacrés à la création de 204 équivalents temps plein supplémentaires en 2026 afin d'accompagner l'augmentation attendue de la fréquentation, 3,8 Meuros au développement de l'offre de restauration agréée et 5 Meuros à des investissements urgents dans les infrastructures de restauration. Le Centre national des oeuvres universitaires et scolaires (Cnous) assure un suivi précis de la mise en oeuvre et des impacts de cette mesure. Sont priorisées la sécurité des personnels et des étudiants, la préservation des conditions de travail des agents, la qualité des repas et la qualité du service proposé aux étudiants. La généralisation du repas à 1 euros se fera à qualité et à quantité équivalentes. Une attention particulière est également accordée au dialogue social. En lien avec les services de la DGESIP (direction générale de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle), le Cnous organise des échanges réguliers avec les instances représentatives du personnel du réseau des oeuvres afin d'accompagner le déploiement de cette réforme dans les meilleures conditions. Les autorités de tutelle sont attachées à ce que les Crous continuent à mener une politique d'achat volontariste de produits biologiques et à s'approvisionner localement dans la mesure du possible. La centrale d'achats du réseau des oeuvres constitue à ce titre un véritable outil de performance en termes de gains financiers, de sécurisation des procédures et des contrats et de responsabilité sociale et environnementale. Ces orientations produisent d'ores et déjà des résultats tangibles. À ce jour, les repas proposés sont composés à 34 % de produits de qualité reconnus conforme à la loi agriculture et alimentation du 30 octobre 2018 (EGAlim) (contre 22 % en 2022) et 13 % de produits bio (contre 5 % en 2022). Le réseau a également poursuivi sa démarche de végétalisation des repas, réponse concrète aux enjeux de transition alimentaire et plus de 30 % des repas proposés à l'échelle nationale sont végétariens. Il est à noter que les grammages servis sont généralement supérieurs aux recommandations du groupement d'étude des marchés en restauration collective et de nutrition (GEMRCN). S'agissant de la possibilité d'emporter un second repas au tarif de 1 euros, celui-ci peut être retiré en plateau ou sous forme de vente à emporter lors du second service de la journée. Les horaires de service relèvent de l'organisation propre à chaque Crous afin de tenir compte des spécificités locales. Ils pourront, le cas échéant, être adaptés, en concertation avec les rectorats et les établissements d'enseignement supérieur, afin de favoriser une meilleure organisation des temps de vie étudiante. Enfin, des travaux sont conduits conjointement avec les rectorats et les établissements d'enseignement supérieur afin d'améliorer l'organisation de la pause méridienne et de favoriser une meilleure répartition des flux d'étudiants dans les structures de restauration universitaire.

Source : senat.fr ↗

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