Crise agricole
Posée le 29/02/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Karine Daniel SER
Sénatrice — Loire-Atlantique
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/02/2024
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Madame la sénatrice Karine Daniel, vous m'interrogez sur la récente annonce du Président de la République, qui s'inscrit dans le prolongement du travail que nous menons depuis sept ans pour rendre du revenu aux agriculteurs et faire en sorte, au travers des lois Égalim, qu'ils reçoivent une juste rémunération pour leur travail.
Vous le savez, nous avons élaboré les lois Égalim sur le fondement des conclusions des États généraux de l'alimentation : c'est donc l'ensemble des filières agricoles qui se sont mises autour de la table, qui ont fait des propositions et qui ont contribué à la mise en oeuvre de ces lois.
Les lois Égalim ont permis des progrès, tant pour le revenu des agriculteurs qu'en matière de contractualisation. Elles ont contribué à prévenir, voire à soutenir un certain nombre d'agriculteurs concernés par cette contractualisation.
Toutefois, nous le constatons ensemble, cela ne va pas assez loin. C'est d'ailleurs ce que nous a dit le Président de la République.
Après la loi Égalim 1, la loi Égalim 2, la loi Descrozaille, nous envisageons d'aller un cran plus loin, c'est-à-dire de construire les prix sur les indicateurs de référence - c'est l'esprit de la loi Égalim - qui sont élaborés par les filières, en faisant en sorte que cette construction « marche en avant ».
Cela signifie qu'il faut mieux structurer les filières, notamment celles qui sont soumises à des obligations de contractualisation aujourd'hui, mais qui ne les respectent pas - je pense notamment à la filière viande. D'autres filières, à l'inverse, parviennent à se structurer : c'est le cas de la filière lait, qui a réussi à contractualiser 90 % de ses volumes de production.
Cela signifie aussi qu'il faut favoriser la signature de contrats tripartites. Un certain nombre de contrats de ce type ont été conclus entre la grande distribution, les industriels et les agriculteurs, mais cela reste minoritaire dans l'ensemble des filières.
Cela étant, je tiens à vous rassurer : nous allons avancer dans cette voie, en lien avec la profession agricole. Nous avons confié une mission de quatre mois à deux députés, qui auront à coeur de nous faire des propositions, lesquelles déboucheront sur un projet de loi auquel vous serez évidemment associés et qui s'appuiera sur l'ensemble des travaux menés par les parlementaires ces derniers mois. (MM. François Patriat et Xavier Iacovelli applaudissent.)
M. le président. La parole est à Mme Karine Daniel, pour la réplique.
Mme Karine Daniel. Madame la ministre, vous aurez beau faire des lois Égalim 1, 2, 3, 4, 5 ou 6, tant que vous raisonnerez sur un plan national, alors que le marché unique est européen, votre politique restera inefficace, et tout le monde le sait !
En matière de régulation des prix, il faudra pouvoir dire un jour aux agricultrices et aux agriculteurs de ce pays qu'il convient de raisonner également sur les quantités produites. Il nous faudra en outre réfléchir à la meilleure manière de réguler ces volumes de production.
Nous réaffirmons pour notre part que le bon échelon d'intervention reste l'échelon européen. Nous devrons avoir ce débat avec les agricultrices et les agriculteurs qui sont mobilisés aujourd'hui sur le terrain, notamment dans le cadre des élections européennes à venir. Nous serons au rendez-vous pour discuter de ces sujets, notamment des enjeux de régulation. (Bravo ! et applaudissements sur les travées du groupe SER, ainsi que sur des travées du groupe CRCE-K.)
Source : senat.fr ↗
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