Crise agricole
Posée le 29/02/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Jean-Claude Tissot SER
Sénateur — Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 29/02/2024
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Monsieur le sénateur Tissot, nul ne peut nier aujourd'hui que l'agriculture européenne traverse une crise majeure, sans doute l'une des plus importantes de ces dernières décennies. Le covid-19, l'invasion de l'Ukraine par la Russie, associée à la déstabilisation des marchés énergétiques et agricoles organisée par M. Poutine, ou encore le dérèglement climatique et les menaces qu'il fait peser sur nos récoltes et la biodiversité, sont autant de sources dans lesquelles cette crise trouve ses racines.
Dans ce contexte, il est naturel que la colère de nos agriculteurs s'exprime haut et fort. Pour reprendre les mots de Georges Clemenceau, la colère gronde, mais elle ne doit pas rester sourde aux appels de l'action.
Comment pourrions-nous tolérer que ceux qui nourrissent notre nation ne puissent vivre décemment de leur labeur ? C'est pourquoi le Gouvernement est à l'action pour traiter le problème fondamental de la juste rémunération, pour les protéger de la concurrence déloyale venant de pays qui n'appliquent pas les mêmes règles environnementales que les nôtres, pour simplifier leur vie, afin qu'ils puissent passer plus de temps sur leur exploitation et moins dans leur bureau - c'est aussi une façon d'alléger leurs charges.
Avec Marc Fesneau, je suis en permanence sur le terrain, au contact et à l'écoute des agriculteurs. Nous n'avons pas attendu le salon de l'agriculture pour agir. C'est ainsi que, sous l'égide du Président de la République et du Premier ministre, nous déployons rapidement un plan d'action pour répondre point par point à leurs difficultés.
Les fonds d'urgence ont d'ores et déjà été mis en place et les premiers paiements ont été effectués depuis mi-février, comme nous nous y étions engagés. Il s'agit d'argent frais qui arrive dans les cours de ferme. C'est valable pour le fonds destiné à accompagner les éleveurs impactés par la maladie hémorragique épizootique (MHE), mais aussi pour le fonds d'urgence viticulture. Et nous avons, vous le savez, engagé une mesure de trésorerie sur le gazole non routier (GNR).
Nous avons également négocié hier, avec le ministre de l'économie, des mesures de trésorerie avec les banques.
M. Christian Redon-Sarrazy. Et le PSN !
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée. Les premiers textes de simplification ont été établis. Certains sont d'ores et déjà publiés. Nous engageons dès à présent une réflexion, via la mission Égalim qui va être confiée aux députés Alexis Izard et Anne-Laure Babault.
Nous avons la conviction que l'avenir de notre modèle agricole passera par le défi du renouvellement des générations. Un projet de loi, qui sera présenté en conseil des ministres, en fera un point central.
M. le président. Il faut conclure !
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée. Le PSN vient d'être négocié avec l'ensemble des filières... (Exclamations sur les travées du groupe Les Républicains.)
M. le président. Concluez !
Mme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée. Nous n'avons pas de raison de le réviser à ce stade, puisque nous avons un plan d'action adapté à la situation.
Source : senat.fr ↗
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