Avenir de la politique agricole commune
Posée le 11/04/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Jean-Claude Tissot SER
Sénateur — Loire
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 11/04/2024
M. Marc Fesneau, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Monsieur le sénateur Tissot, je vous remercie de cette question, qui me permettra d'apporter diverses précisions.
Premièrement, je vous rappelle que nous n'en sommes qu'à la première année d'exécution de la PAC, puisque cette dernière a été mise en place en 2023. Il ne me semble pas judicieux de changer les règles en cours de route et de procéder à la grande réorientation que vous souhaitez, car les agriculteurs ont besoin de stabilité.
M. Mickaël Vallet. Tout comme le budget de l'État !
M. Marc Fesneau, ministre. En revanche, nos paysans ont besoin de simplification. C'est tout le sens des mesures prises sur l'initiative de la France. Je les assume, et je ne suis pas le seul, puisque ces dispositions ont été approuvées par vingt-six des vingt-sept pays membres, dans leur diversité et leur pluralisme. C'est dire si le besoin de simplification était grand ! Au sujet de la PAC, il nous faut faire preuve d'un peu de pragmatisme.
Nous n'en avons pas rabattu pour autant sur les objectifs environnementaux. (Exclamations sur les travées des groupes SER et GEST.) En ce qui concerne les jachères, nous maintenons les capacités de rotation des cultures, les infrastructures agroécologiques et les cultures captant des nitrates.
Vous avez raison, monsieur le sénateur, les agriculteurs ont besoin d'être accompagnés, car les défis liés aux transitions sont immenses.
Deuxièmement, conformément à ce que le Premier ministre et le Président de la République avaient annoncé, nous avons engagé un débat sur la rémunération des agriculteurs à l'échelle européenne. La Commission européenne s'est engagée à travailler à un « Égalim européen » sur le volet de la rémunération, afin d'éviter les distorsions entre pays membres. La commande publique doit également pouvoir soutenir la production bio et les produits sous d'autres signes de qualité.
Troisièmement - vous avez raison sur ce point -, nous devons préparer la PAC de 2027. Que devons-nous faire pour préparer l'agriculture aux chocs climatiques, géopolitiques et économiques qui sont devant nous ?
Nous devons réfléchir, dans ce cadre, aux meilleurs outils à mettre en place. Aujourd'hui, nous faisons en sorte que la PAC permette aux agriculteurs de faire face aux défis auxquels ils sont exposés. D'ici à 2027, nous aurons largement le temps d'en rediscuter.
M. Hervé Gillé. Quand ?
M. Marc Fesneau, ministre. Quatrième et dernier sujet, le projet de loi d'orientation et d'avenir agricoles comporte des dispositions en matière de transition écologique - nous aurons là encore l'occasion d'en parler. (Applaudissements sur des travées du groupe RDPI.)
Source : senat.fr ↗
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