Recrutement des enseignants
Posée le 16/05/2024 • Ministère interrogé : Éducation nationale et jeunesse
Catherine Belrhiti Les Républicains
Sénatrice — Moselle
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 16/05/2024
Mme Nicole Belloubet, ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Madame la sénatrice Belrhiti, j'ai effectivement reconnu que nous rencontrions des difficultés de recrutement de nos personnels enseignants lors des concours.
Je me permets simplement de signaler que nous ne sommes pas les seuls dans ce cas. (Exclamations ironiques sur les travées du groupe Les Républicains.) J'ai récemment participé à une réunion du Conseil de l'Union européenne : tous les pays - je dis bien : « tous les pays » - de l'Union européenne, quelles que soient les rémunérations de leurs enseignants, quelle que soit l'organisation de leur système éducatif, connaissent de telles difficultés.
Nous avons pris un certain nombre de décisions pour y faire face.
D'abord, ainsi que vous l'avez rappelé, nous allons - je le reconnais devant vous - recruter des personnels contractuels, afin d'assurer la rentrée prochaine. Mais nous le ferons suffisamment tôt, parfois dès le 1er juin, pour que les personnes concernées puissent bénéficier d'une formation et prendre leur poste au 1er septembre. Cela me semble être un progrès.
Ensuite, comme mes prédécesseurs s'y étaient engagés, et contrairement à ce que vous indiquez, nous avons augmenté la rémunération de nos personnels enseignants, notamment en début de carrière. Alors qu'un enseignant du premier degré gagnait moins de 1 800 euros net par mois en 2017, il gagne plus de 2 100 euros net par mois aujourd'hui. Je pense que cela mérite d'être salué.
Enfin, ainsi que vous l'avez souligné, nous avons décidé de modifier la formation initiale de nos personnels. Nous mettons en place - c'est véritablement une réforme structurante et enthousiasmante - une formation d'excellence. D'une part, la préparation au concours se fera désormais à bac+3. D'autre part, les jeunes recrutés bénéficieront d'une gratification et d'une rémunération. Ils poursuivront leurs études jusqu'au master tout en effectuant sur le terrain des stages d'observation et de pratique accompagnée et des stages en responsabilité afin de se professionnaliser.
Ces différents éléments conditionnent, me semble-t-il, l'attractivité de la profession. J'y crois beaucoup.
M. le président. Il faut conclure !
Mme Nicole Belloubet, ministre. Et je pense surtout que, comme le disait Charles Péguy, le métier d'enseignant est le plus beau métier du monde, et qu'il faut...
M. Rachid Temal. Le payer correctement !
Mme Nicole Belloubet, ministre. ... le dire et le redire. (Applaudissements sur les travées du groupe RDPI.)
M. le président. La parole est à Mme Catherine Belrhiti, pour la réplique.
Mme Catherine Belrhiti. Madame la ministre, j'ai enseigné pendant quarante ans ; ce métier, je le connais. La crise la plus difficile que nous ayons à résorber est certainement celle de l'enseignement.
Vous traitez le problème d'attractivité par de petites réformes mises bout à bout, alors que nous avons besoin de repenser la profession en prévoyant un véritable plan d'insertion des jeunes professeurs. Par exemple, la régionalisation des concours semble aujourd'hui une étape indispensable.
Madame la ministre, sans une réforme d'ampleur, sans ce nouveau pacte fondateur, la contractualisation de l'éducation nationale est inexorable.
Soyez-en assurée, les professeurs qui ne s'épanouissent pas dans leur métier ne seront pas en mesure de former les têtes bien faites de demain ! (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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