Rachat du fabricant de Doliprane par un fonds américain
Posée le 17/10/2024 • Ministère interrogé : Premier ministre
Anne-Sophie Romagny UC
Sénatrice — Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 17/10/2024
M. Antoine Armand, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie. Mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs, je vous salue au moment de prendre la parole pour la première fois devant vous, sur un sujet absolument essentiel à deux titres - vous l'avez rappelé, madame la sénatrice Romagny.
Il y va premièrement de notre stratégie industrielle : il s'agit de produire en France des médicaments utiles, et même indispensables, à nos concitoyens.
Il y va deuxièmement de l'approvisionnement, qui est également une question de souveraineté sanitaire. C'est parce que, sous l'autorité du Premier ministre, nous sommes préoccupés par ce sujet que je me suis rendu à Lisieux avec Marc Ferracci, ministre délégué chargé de l'industrie. Parlant de Lisieux, j'ai aussi une pensée pour le site de Compiègne, qui est aussi important pour notre souveraineté sanitaire.
Je ne suis pas optimiste, madame la sénatrice : je suis déterminé, sous l'autorité du Premier ministre, à obtenir des garanties extrêmement fermes.
M. Rachid Temal. Lesquelles ?
M. Antoine Armand, ministre. J'ai eu l'occasion de le dire en premier lieu aux salariés du site de Lisieux : le Doliprane sera produit en France. J'y insiste : il continuera d'être produit en France.
Parmi les garanties exigées, qui sont en cours de discussion, il y a le maintien de l'emploi, non pas sur quelques mois, mais bien sur la durée,...
M. Mickaël Vallet. Comment ?
M. Antoine Armand, ministre. ... le maintien de l'empreinte industrielle, le maintien de la recherche et développement et, bien sûr, la localisation du siège en France, tout cela non pour faire des rodomontades, mais parce que nous avons besoin de telles garanties pour mener à bien la stratégie qui est la nôtre. L'objectif est en effet de produire de nouveau en France ce médicament qu'est le Doliprane, et ce depuis le principe actif, dont nous relocalisons la production dans le pays, jusqu'au produit fini.
Aussi, rien n'est exclu à ce stade : nous ne nous interdisons absolument rien, et nous mènerons pleinement à son terme la procédure légale applicable aux investissements étrangers en France. Je le dis ici après l'avoir dit ailleurs : j'étudie la possibilité d'une prise de participation directe de l'État à la gouvernance, car les entreprises qui sont soutenues et ont été soutenues par le gouvernement de la France ne sauraient l'être à n'importe quelle condition. Soyez assurée, madame la sénatrice, de ma détermination ! (M. François Patriat applaudit.)
M. Mickaël Vallet. Gauchiste !
Source : senat.fr ↗
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