Suites du déplacement du ministre de l'intérieur dans le Pas-de-Calais
Posée le 20/03/2025 • Ministère interrogé : Intérieur
Jean-François Rapin Les Républicains
Sénateur — Pas-de-Calais
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/03/2025
M. Bruno Retailleau, ministre d'État, ministre de l'intérieur. Monsieur le président Jean-François Rapin, oui, je me suis déplacé à deux reprises dans le Pas-de-Calais. La deuxième fois, je voulais tout simplement rendre compte des engagements que j'avais pris lors de mon premier déplacement.
Précisément, j'ai détaillé, à l'unité près, les moyens supplémentaires considérables que, conformément à ces engagements, j'ai affectés à ce territoire : moyens en matière d'enquête, renforcement des effectifs de deux commissariats, dont celui de Dunkerque, par exemple.
Nous avons également obtenu que les accords de Sandhurst soient prorogés d'une année supplémentaire, soit jusqu'en 2027, afin de ne pas perdre les financements britanniques.
Voilà pour le premier point.
En deuxième lieu, je me suis toujours engagé à faire évoluer les Britanniques sur la question de l'attractivité du modèle anglais, qui reposait jusqu'à présent grandement sur le travail clandestin. Il s'est produit une petite révolution en matière de contrôle et d'inspection : le gouvernement de Keir Starmer vient de durcir la législation anglaise en adoptant un paquet législatif anti-immigration et anti-travail clandestin, ce qui a permis d'augmenter de près de 40 % les contrôles pour lutter contre le travail clandestin et, partant, le nombre des arrestations.
L'attractivité du modèle britannique est, je crois, la première cause de cette immigration massive, qui, depuis le début de l'année, a provoqué la mort de pas moins de sept personnes, je tiens à rappeler.
Enfin, puisque vous êtes le président de la commission des affaires européennes du Sénat, je veux vous dire, monsieur le sénateur, ainsi d'ailleurs que je vous l'ai souvent indiqué, que je suis convaincu que si l'on reste dans le face-à-face franco-britannique, nous ne parviendrons pas à réguler cette immigration irrégulière. La frontière entre nos deux pays n'est pas seulement une frontière entre la France et le Royaume-Uni : c'est une frontière extérieure européenne.
Par ailleurs, puisque le Brexit a démonté l'ensemble des mécanismes d'immigration, il faut patiemment les reconstruire. De fait, 30 % de l'immigration irrégulière en Europe s'agrège sur les côtes de la Manche. C'est pourquoi il faut élargir ce cadre à un cadre qui soit européen. Je m'emploie à le faire avec les États membres du groupe de Calais. Nous avançons pour mettre en place un canal de réadmission, à effet dissuasif, et un canal d'admission légale. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains. - Mme Évelyne Perrot et M. Franck Dhersin applaudissent également.)
M. le président. La parole est à M. Jean-François Rapin, pour la réplique.
M. Jean-François Rapin. Monsieur le ministre, je vous remercie de ces précisions tant attendues. Si je vous pose cette question aujourd'hui, c'est parce que, avec l'amélioration des conditions climatiques, le nombre de traversées va augmenter, comme vous le savez bien. Ce qui importe aux élus, en particulier à ceux des zones côtières de la Manche, c'est d'éviter tous ces drames que nous avons connus et que vous avez rappelés. Je sais toute l'attention que vous portez à ce sujet et connais votre bienveillance. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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