Sommet de l'OTAN et base industrielle et technologique de défense
Posée le 03/07/2025 • Ministère interrogé : Armées
Claude Malhuret Les Indépendants
Sénateur — Allier
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/07/2025
M. Sébastien Lecornu, ministre des armées. Monsieur le président Malhuret, votre question recouvre trois aspects.
Le premier, ce sont les commandes. Il s'agit en quelque sorte d'un droit de suite aux trois heures d'auditions qui se sont tenues hier sous la présidence de Cédric Perrin en commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. En la matière, le vote d'une motion de censure à l'Assemblée nationale avait entraîné un retard de deux mois : l'année budgétaire du ministère des armées a commencé le 2 mars au lieu du 2 janvier. Comme je l'ai dit en commission hier, ce retard a été rattrapé.
La loi de programmation militaire (LPM) prévoit 268 milliards d'euros de commandes, dont 20 milliards d'euros cette année. Ce sont des chiffres inédits. J'ajoute que, en matière d'export, nos résultats sont très prometteurs pour la troisième année consécutive et avoisinent les 20 milliards d'euros.
Globalement, les commandes sont bien là, et même de manière historique. C'est incontestable. Surtout, nous travaillons avec nos partenaires à l'export.
Le second aspect et le véritable sujet, c'est le développement de l'économie de guerre. Vous dites - je vous reconnais bien là ! -, que l'on en cherche les résultats. Il suffit de voir l'accélération du rythme de production dans les usines de KNDS à Bourges ou à Roanne, dans celles de Dassault Aviation, où est produit le Rafale, ou encore dans celles de MBDA, où est produit le Mistral, pour se convaincre qu'un travail supplémentaire est bel et bien réalisé.
La leçon que nous devons collectivement retenir est la suivante : la valeur industrielle se détruit vite, mais elle est beaucoup plus lente à reconstruire. Nous voyons bien les conséquences des fameux « dividendes de la paix » : la révision générale des politiques publiques (RGPP), ou encore la délocalisation de certaines filières, dont celle de la production de munitions.
Délocaliser et détruire des industries prend quelques mois ; les reconstruire prend plusieurs années. C'est pourquoi nous entrons actuellement dans le dur, en matière tant d'innovation que de production. Au reste, nous avons beaucoup à apprendre de l'industrie civile, notamment de la filière automobile, sur les questions d'organisation. Ce n'est pas qu'une affaire d'argent ; ce serait faux de le dire.
Le troisième aspect est un débat en tant que tel : quelle doit être la place de l'Otan dans la défense européenne ? Consacrer 3,5 % du PIB à la défense, soit, mais il convient avant tout de partir, comme nous l'avons toujours fait, de nos besoins militaires réels en fonction du degré de menace et de notre propre modèle d'armée. Les discussions sur le programme Edip ne sont pas terminées et nous devons pousser pour faire valoir nos positions.
En tout état de cause, ce sujet mérite à mon avis un débat ad hoc ici même au Sénat. (Applaudissements sur les travées du groupe INDEP. - M. François Patriat applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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