Question écrite ✓ Répondue le 02/07/2026 #23#

Détection du mélanome uvéal

Posée le 31/07/2025 • Ministère interrogé : Santé et accès aux soins

Philippe Grosvalet

Philippe Grosvalet RDSE

Sénateur — Loire-Atlantique

La question

M. Philippe Grosvalet attire l'attention de M. le ministre auprès de la ministre du travail, de la santé, de la solidarité et des familles, chargé de la santé et de l'accès aux soins sur la détection du mélanome uvéal. Cancer rare, cette maladie reste néanmoins la tumeur maligne de l'oeil la plus fréquente chez l'adulte. En France, 500 nouveaux cas sont détectés chaque année. Si sa détection peut être faite lors d'un examen du fond de l'oeil pratiqué par un ophtalmologue, cette maladie peut rester ignorée car elle ne s'accompagne d'aucune gêne visuelle. Cependant, le développement de cette dernière peut amener à l'énucléation des personnes atteintes ou entrainer des métastases, voire des cancers du foie dont l'issue est beaucoup plus incertaine. Il est donc indispensable de réaliser un diagnostic précoce. Or, selon le Syndicat national des ophtalmologistes de France, un quart des demandes de rendez-vous par de nouveaux patients n'aboutissent pas. Ce défaut de prise en charge atteint 59 % en cas d'apparition de symptômes semblant sans gravité. Malgré les difficultés connues pour obtenir un rendez-vous chez ces spécialistes, les infirmiers ne sont toujours pas autorisés à pratiquer les examens du fond de l'oeil. Par conséquent il lui demande quelles sont les mesures envisagées par le Gouvernement pour faciliter la pratique de cet examen nécessaire à la détection des cancers de l'oeil.

✓ Réponse du gouvernement

Publiée le 02/07/2026

Le Gouvernement suit avec intérêt l'amélioration de l'accès aux soins dans la filière visuelle et la réduction des délais de consultation enregistrée ces dernières années est un signal favorable. En effet, le délai médian pour un rendez-vous ophtalmologique est passé de 52 jours en 2018 à 38 jours en 2023, le bilan visuel incluant notamment la mesure de la tension oculaire. Concernant les examens du fond de l'oeil, il n'est pas envisagé dans le cadre de la réforme de la profession infirmière, débutée en juin 2023 et concrétisée par l'adoption récente de la loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 sur la profession d'infirmier, d'autoriser la pratique de cet acte par les infirmiers diplômés d'Etat. En effet, ceux-ci ne sont pas formés à de telles compétences dans le champ de la filière visuelle. Si le diagnostic de certaines pathologies visuelles apparaît comme une priorité pour la santé des patients, dans une logique d'amélioration de l'accès aux soins au sein de la filière visuelle, le Gouvernement privilégie néanmoins le développement des compétences des professionnels formés et spécialisés dans ce champ. A ce titre, plusieurs avancées récentes ont permis de fluidifier l'accès aux soins dans la filière visuelle : les orthoptistes peuvent désormais être primo-prescrire et renouveler des lunettes et lentilles de contact, sans nécessité de faire appel à un ophtalmologiste. De même, les opticiens-lunetiers peuvent, après examen de la réfraction, adapter les prescriptions de lunettes et lentilles, permettant aux patients de bénéficier rapidement d'un équipement optique adapté à leur vue. Enfin, il est prévu de généraliser l'expérimentation permettant aux opticiens-lunetiers de se déplacer en établissement d'hébergement médicalisé qui accueille des personnes âgées dépendantes. Le Gouvernement est attentif aux nombreuses initiatives mises en place dans la filière visuelle. Celles-ci favorisent le travail en collaboration entre les différents professionnels de santé, mais doivent également continuer à garantir la sécurité des soins. A titre d'exemple, plusieurs protocoles de coopération facilitent l'accès des patients au bilan visuel, y compris l'examen du fond de l'oeil. Une évaluation de ces protocoles pourra permettre d'objectiver la nécessité et la pertinence de positionner d'autres professionnels de santé dans la filière visuelle.

Source : senat.fr ↗

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