Régulation des plateformes et souveraineté numérique
Posée le 05/02/2026 • Ministère interrogé : Intelligence artificielle et numérique
Thomas Dossus GEST
Sénateur — Rhône
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 05/02/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Monsieur le sénateur Thomas Dossus, vous savez bien que, lorsque les réseaux sociaux ont fait leur apparition dans l'espace numérique il y a une vingtaine d'années, on a pu y voir de nouveaux espaces de liberté qui permettaient à nombre de nos concitoyens, notamment pour ceux des jeunes qui avaient peu accès aux moyens traditionnels d'information, d'y acquérir des connaissances, d'y débattre et de nouer de réelles relations.
Je conviens avec vous que tel n'est plus vraiment le cas. Désormais, les réseaux nous enferment dans des bulles ; parfois, ils génèrent du harcèlement et conduisent même certains jeunes à commettre des actes irrémédiables, jusqu'au suicide.
Notre devoir est de réagir contre tous ces dangers liés à l'utilisation excessive des réseaux sociaux, afin notamment de protéger nos jeunes.
Vous avez aussi mentionné les enjeux démocratiques suscités par les réseaux sociaux. Ceux-ci génèrent des risques de manipulation à l'occasion des échéances électorales. Ces risques ne sont pas des fantasmes : ils sont avérés. En Roumanie, une élection a dû être annulée du fait du rôle important joué par un réseau social chinois. Aux Pays-Bas, des cyberattaques délibérées ont ciblé tous les partis qui étaient en concurrence lors des récentes élections.
Nous nous devons donc d'agir. Cela doit toutefois se faire sur le fondement d'une réglementation sérieuse et de faits avérés, de manière à respecter la liberté individuelle tout en protégeant nos concitoyens, en particulier nos jeunes enfants. Tel est l'équilibre que le Gouvernement souhaite mettre en oeuvre.
Oui, à l'évidence, nous souhaitons interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, et nous ne sommes pas les seuls. Depuis l'adoption par l'Assemblée nationale, la semaine dernière, d'une proposition de loi à cette fin, l'Espagne, le Portugal et d'autres pays encore ont annoncé leur intention de nous rejoindre, tant il est démontré que nos jeunes font aujourd'hui face à des dangers majeurs.
Pour autant, cette régulation doit se faire dans un cadre européen. Vous avez raison, monsieur le sénateur : il faut à la fois protéger les utilisateurs et, si je puis dire, taper sur les plateformes, ou en tout cas s'assurer qu'elles respectent la loi.
Cela se fait au travers tant des perquisitions que vous avez mentionnées que de cette nouvelle réglementation, qui doit nous permettre de protéger nos concitoyens. C'est cette double approche que nous avons retenue et c'est ainsi que nous continuerons d'agir. (MM. François Patriat et Thani Mohamed Soilihi applaudissent.)
Source : senat.fr ↗
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