Mort de Quentin Deranque
Posée le 19/02/2026 • Ministère interrogé : Justice
Claude Malhuret Les Indépendants
Sénateur — Allier
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 19/02/2026
M. le président. La parole est à M. le garde des sceaux, ministre de la justice.
M. Gérald Darmanin, garde des sceaux, ministre de la justice. Monsieur le sénateur Malhuret, à la suite de la question qui m'a été posée, je veux d'abord, comme vous et comme M. le sénateur Lévrier, saluer le travail du procureur de la République de Lyon, ainsi que de l'ensemble des policiers de la police judiciaire, et j'associe bien évidemment à ces propos M. le ministre de l'intérieur.
En quelques jours, ceux-ci ont interpellé, dans des conditions dignes de la justice française, laquelle ne se rend ni sur les réseaux sociaux ni dans les prétoires médiatiques, les responsables d'un homicide volontaire, selon la qualification retenue par le procureur de la République.
Il s'agit de la mort d'un jeune homme. Chacun devrait garder à l'esprit, en cet instant particulier, que nous sommes bien loin de ce que chantait Brassens : en France, on ne meurt pas pour des idées « de mort lente » ; malheureusement, on en meurt violemment, sous les coups des extrêmes et, en l'occurrence - osons le mot aujourd'hui ! -, de l'extrême gauche.
Vous avez posé la question de la violence politique, et donc physique, que pourrait faire naître ce drame absolument ignoble.
Cette violence est malheureusement consubstantielle aux groupes d'ultradroite et d'ultragauche, que les ministres de l'intérieur successifs ont combattus. Bruno Retailleau a ainsi agi contre la Jeune garde et, auparavant, nous avons été nombreux ici à soutenir les dissolutions de Génération identitaire, des Soulèvements de la Terre ou du Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale), avec des résultats contrastés devant la juridiction administrative.
Je regrette, monsieur le président Malhuret, que lorsque j'ai porté la loi Séparatisme dans cet hémicycle, l'unanimité n'ait pas été au rendez-vous, y compris à droite, pour voter les dispositions permettant de dissoudre non seulement les associations religieuses liées aux islamistes radicaux, mais aussi les groupements d'ultradroite et d'ultragauche.
Mme Marie-Pierre de La Gontrie. Cela n'aurait servi à rien !
M. Gérald Darmanin, garde des sceaux. Si ces dispositions avaient été votées par l'Assemblée nationale et le Sénat, nous disposerions depuis bien longtemps d'outils juridiques efficaces pour dissoudre ces groupes et sanctionner la reconstitution de ligues dissoutes, permettant ainsi aux policiers et aux gendarmes d'intervenir et d'interpeller.
C'est cela qui nous a permis, me semble-t-il, de lutter avec force contre l'islamisme radical. Or la menace intérieure ne se résume pas à celui-ci, même s'il demeure le danger principal : c'est désormais l'extrémisme qui nous touche, qu'il vienne de l'ultradroite ou de l'ultragauche.
Vous avez raison : chacun, dans cet hémicycle et ailleurs, porte une responsabilité particulière, et ce dès les prochaines élections municipales. (Applaudissements sur les travées des groupes RDPI et Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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