Mesures de soutien à l'économie et au pouvoir d'achat
Posée le 02/04/2026 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Kristina Pluchet Les Républicains
Sénatrice — Eure
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 02/04/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'énergie, porte-parole du Gouvernement.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, et ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Madame la sénatrice, vous avez parfaitement raison d'évoquer l'impératif de maîtrise du déficit.
Comme j'ai eu l'occasion de le dire dans cet hémicycle la semaine dernière, les sommes non réglées par les consommateurs à l'instant t sont acquittées par les contribuables à moyen et à long terme. C'est la raison pour laquelle le Gouvernement ferme la porte à toute baisse massive de taxes et, naturellement, à toute mesure d'économie administrée, à l'instar du blocage des prix réclamé par certains.
Je note que vous mentionnez la fiscalité dans votre intervention ; or prêter attention au déficit interdit de baisser massivement les impôts.
D'aucuns exigent une diminution à 5 % de la TVA sur l'ensemble des produits énergétiques, ce qui représente 12 milliards d'euros. En valeur absolue, j'entends bien le gain pour les consommateurs ; pour autant, il faudra nous indiquer où trouver l'argent !
En l'état, face à un déficit s'élevant à 5,1 % du PIB, la France ne dispose pas des moyens de consentir une telle baisse de la fiscalité.
Quant au chômage partiel, ce dispositif est précisément conçu pour aider les entreprises à passer le cap et pour leur éviter de mettre la clé sous la porte. Par conséquent, ces mesures sont vertueuses à long terme pour l'économie, et leur coût maximum est estimé, in fine, à environ 70 millions d'euros, un montant sans commune mesure avec les allégements fiscaux que vous réclamez.
Les réponses avancées me semblent justes, au moins dans un premier temps : soutenir les secteurs rencontrant le plus de difficultés - les agriculteurs, les transporteurs ou encore les pêcheurs, pour lesquels il n'est même plus soutenable de prendre la mer - est une urgence utile. Accorder des aides de trésorerie s'inscrit également parmi ces mesures nécessaires, qui sont d'ailleurs sollicitées par les filières elles-mêmes.
Demain, nous devrons peut-être épauler les professionnels du soin, qui n'ont d'autre choix que d'utiliser leur voiture : accompagner les Français qui travaillent et parcourent de nombreux kilomètres est une nécessité.
Nous ne saurions réduire la fiscalité de façon générale sans provoquer des répercussions massives sur les finances publiques, dont vous soulignez à juste titre la situation dégradée. (M. François Patriat applaudit.)
M. le président. La parole est à Mme Kristina Pluchet, pour la réplique.
Mme Kristina Pluchet. Madame la ministre, les propositions que vous avez évoquées sont des mesurettes périlleuses pour l'avenir de nos entreprises.
Pour résoudre un problème, il convient d'en identifier les causes profondes. Or vos réponses d'aujourd'hui ne résoudront en rien la problématique de la volatilité des prix à la pompe en temps de crise.
Il est temps de réviser la fiscalité sur les carburants, afin de protéger les Français qui travaillent. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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