Disparition des superpétroliers français et souveraineté énergétique
Posée le 16/04/2026 • Ministère interrogé : Économie, finances, souveraineté industrielle, énergétique et numérique
Jean Pierre Vogel Les Républicains
Sénateur — Sarthe
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 16/04/2026
M. le président. La parole est à Mme la ministre déléguée chargée de l'énergie, porte-parole du Gouvernement.
Mme Maud Bregeon, ministre déléguée auprès du Premier ministre, porte-parole du Gouvernement, et ministre déléguée auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargée de l'énergie. Monsieur le sénateur, vous avez complètement raison : nous sommes particulièrement attentifs au fait que la France ne disposera bientôt plus que de deux très grands transporteurs de brut, que l'on appelle des VLCC (Very Large Crude Carrier).
À l'inverse, et c'est le point plutôt rassurant de ma réponse, la flotte permettant le transport de produits pétroliers raffinés sous pavillon français restera stable. Le fait est que nous raffinons moins de pétrole en France qu'il y a dix ou vingt ans, puisque des raffineries ont fermé. Nous constatons d'ailleurs en ce moment combien il est nécessaire de maintenir des raffineries en activité sur notre sol, tout en continuant de donner la priorité au maintien de la flotte pour les produits raffinés.
Quant au transport de produits bruts, les navires sous pavillon français ne sont pas les seuls à opérer. Nous pouvons notamment, là encore, compter sur des bâtiments battant d'autres pavillons européens.
Toutefois, votre question est légitime : nous devons prendre en considération la souveraineté sur l'ensemble de la chaîne, tant pour le transport, comme vous l'avez souligné à juste titre, que pour le raffinage, car le maintien de raffineries sur le sol français est nécessaire pour diminuer nos dépendances, ainsi que l'illustre la hausse actuelle des prix du sans-plomb, moins importante que celle du gazole.
Enfin, il nous faut diversifier nos approvisionnements. C'est l'une des grandes leçons de ce que nous avons vécu en 2022-2023 : tant pour le pétrole que pour le gaz, nous avons diversifié nos approvisionnements. Nous parvenons, autant que faire se peut, à garantir notre souveraineté énergétique avec des produits qui, de toute façon, sont importés.
La réelle solution, la seule solution de souveraineté durable, est la sortie des énergies fossiles importées qui, de facto, produisent des dépendances.
M. le président. La parole est à M. Jean Pierre Vogel, pour la réplique.
M. Jean Pierre Vogel. Madame la ministre, j'entends votre argumentation, mais une nation qui ne transporte plus son énergie accepte au fond, sans le dire, de dépendre des autres pour sa propre puissance, alors qu'elle devrait en maîtriser les moyens sur terre comme en mer. (Applaudissements sur les travées du groupe Les Républicains.)
Source : senat.fr ↗
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