Protection des élus locaux face aux violences et incivilités, notamment en contexte électoral
Valérie BoyerLes Républicains
Sénatrice — Bouches-du-Rhône
La question
Mme Valérie Boyer attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la recrudescence des violences et incivilités à l'encontre des élus locaux, phénomène particulièrement préoccupant que les élections municipales de mars 2026 ont, une nouvelle fois, mis en lumière.
Si les élections municipales sont un moment central, mais parfois sensible, de l'expression démocratique, elles donnent également lieu à des tensions croissantes, tant entre candidats qu'entre leurs soutiens. À cet égard, le Centre d'analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (CALAE) a recensé 2 501 faits de violences ou d'incivilités visant des élus locaux, soit en moyenne 30 à 40 atteintes par semaine sur l'ensemble du territoire national.
Si ce volume global marque une légère diminution par rapport aux années précédentes, les tendances observées n'en demeurent pas moins alarmantes : les agressions physiques ont progressé de 6 % par rapport à 2023, les attaques en ligne représentent désormais près d'un quart des faits recensés, et les maires concentrent à eux seuls 64 % des victimes.
Plus encore, les élections municipales de mars 2026 ont révélé un phénomène particulièrement préoccupant : celui des violences post-électorales immédiates, dirigées contre les élus sortants dès l'annonce des résultats. Des faits de cette nature ont notamment été signalés à Mantes-la-Jolie, Vaulx-en-Velin, Le Blanc-Mesnil ou encore Creil, traduisant une banalisation inquiétante de ces comportements dans plusieurs territoires.
En dépit des mesures engagées ces dernières années - notamment la loi n° 2024-247 du 21 mars 2024 visant à renforcer la sécurité et la protection des maires et des élus locaux, le déploiement du « Pack Sécurité », la mise en place de dispositifs d'alerte d'urgence et d'un accompagnement psychologique - les événements récents témoignent de la persistance d'un climat d'insécurité préoccupant pour les élus. Ces situations peuvent, en outre, fragiliser les conditions de transition entre équipes municipales sortantes et entrantes, pourtant essentielles au bon fonctionnement de nos institutions locales.
Dans ce contexte, elle souhaite savoir quelles mesures complémentaires le Gouvernement entend mettre en oeuvre afin de renforcer concrètement la protection des élus locaux, en particulier lors des périodes électorales, et de garantir le respect dû à celles et ceux qui incarnent, au quotidien, l'autorité républicaine au plus près de nos concitoyens.
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 03/09/2026Plus de 130 faits ayant donné lieu à judiciarisation ont été recensés par le ministère de l'intérieur dans le cadre de la campagne des élections municipales de mars 2026. Au-delà des dispositifs déployés pendant la campagne, notamment pour protéger les candidats et les réunions publiques, la sécurité des élus demeure une priorité. Le cadre juridique a d'ailleurs été renforcé par la loi du 21 mars 2024 relative à la sécurité et à la protection des élus locaux. Depuis trois ans, cette action s'appuie sur le Centre d'analyse et de lutte contre les atteintes aux élus (CALAE). Celui-ci assure un suivi national du phénomène afin de mieux le prévenir et de renforcer l'accompagnement des élus. Sur le terrain, les forces de sécurité intérieure mettent en oeuvre le « pack sécurité élus », soit : la désignation de référents « atteintes aux élus » dans les commissariats et les brigades de gendarmerie, complétée par des outils numériques comme « Gend'élus », l'application « Ma Sécurité » et la plateforme PHAROS ; des formations à la gestion des incivilités, dispensées par les négociateurs du GIGN, les services territoriaux de la police nationale et le RAID. Plus de 30 000 élus ont été formés depuis 2021 ; en lien avec les associations d'elus, des actions de prévention, en particulier face aux risques numériques, ainsi que des études de sûreté des mairies, des permanences et des domiciles, pouvant inclure l'examen des dispositifs de vidéoprotection ; le déploiement de dispositifs de sécurité dédiés dans les services de police et de gendarmerie : avec « alarme élus » (via SIP / PEGASE) permettant un engagement des moyens opérationnels rapide et adapté ainsi que la généralisation à l'ensemble des départements des boutons d'appels d'urgence destinés aux élus victimes et menacés ; la mise à disposition d'un numéro d'aide psychologique disponible 7J/7 pour les élus et leurs familles. Au plan judiciaire, les faits d'atteinte aux élus sont traités avec diligence et une vigilance particulière.
Source : senat.fr ↗
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