Violences contre les élus
Posée le 21/05/2026 • Ministère interrogé : Intérieur
Michel Masset RDSE
Sénateur — Lot-et-Garonne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/05/2026
M. le président. La parole est à M. le ministre de l'intérieur.
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur Michel Masset, vous avez raison : les faits qui se déroulent actuellement à Agen sont absolument abjects.
Le maire de la commune, M. Laurent Bruneau, a reçu des menaces, accompagnées de douilles dans des enveloppes. Il n'est pas le seul : le président de l'association des musulmans de la commune, le commissariat, d'autres élus ou encore des organes de presse locaux ont reçu, a priori, le même courrier du même auteur. Les menaces visent en effet explicitement la communauté musulmane de cette ville.
Tout ceci est évidemment extrêmement condamnable et très grave. Vous avez raison de souligner qu'il ne s'agit pas de simples faits divers : cela traduit aussi un malaise qui traverse notre société.
Une réponse immédiate a été apportée par le préfet, qui a manifesté le soutien de l'État au maire et à l'ensemble des acteurs, y compris au président de l'association des musulmans de la commune.
Des plaintes ont été déposées. La direction interdépartementale de la police nationale du Lot-et-Garonne mènera ses investigations et je ne doute pas que nous confondrons les auteurs de ces menaces.
Je ne développerai pas une nouvelle fois devant vous le dispositif de protection des élus qui a été mis en place. Vous m'interpellez cependant sur un point d'une autre nature en appelant de vos voeux un « souffle humaniste ».
Bien évidemment, je partage votre souhait. Le ministre de l'intérieur n'est pas seulement le ministre du régalien, de l'ordre et de l'autorité ; il est aussi le ministre du lien, de la cohésion sociale, de la cohérence et du vivre ensemble.
Monsieur le sénateur, une partie de la réponse réside dans la façon dont les uns et les autres nous nous parlons, dans la manière dont nous posons les problèmes sur la table, en évitant toujours de brutaliser et de stigmatiser des personnes ou des groupes de personnes lorsqu'il est question de délinquance ou d'immigration.
Nous devons tenir un discours qui ne divise pas la société. Ces sujets sont complexes ; nous devons savoir les traiter par la discussion et par le consensus. J'y suis attaché. Sans doute est-ce là mon côté humaniste, que nous avons en partage.
M. le président. Il faut conclure !
M. Laurent Nunez, ministre de l'intérieur. Je rebondis donc volontairement sur l'expression de « souffle humaniste », que vous avez utilisée : nous en avons bien besoin. (Applaudissements sur les travées du groupe RDSE. - M. François Patriat applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
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