Menace d'effondrement du toit de la basilique Saint-Rémi
Posée le 14/05/2026 • Ministère interrogé : Culture
Anne-Sophie Romagny UC
Sénatrice — Marne
La question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 20/05/2026
M. le président. La parole est à Mme Anne-Sophie Romagny, auteure de la question n° 1118, adressée à Mme la ministre de la culture.
Mme Anne-Sophie Romagny. Madame la ministre, je souhaite attirer votre attention sur la situation d'urgence que connaît aujourd'hui la basilique Saint-Remi de Reims, joyau de notre patrimoine mondial.
Si la nécessité de rénover l'édifice est connue depuis plus de dix ans, la situation s'est brutalement aggravée fin avril à cause d'un important glissement de la toiture, consécutif à la rupture de plusieurs éléments de fixation de la couverture. Ce phénomène fait peser un risque important de chute de matériaux et, à terme, d'effondrement partiel du bâtiment si aucune intervention rapide n'est engagée.
Face à ce danger, le maire de Reims a pris des mesures de restriction d'accès et de sécurisation. Toutefois, comme vous le savez, une collectivité ne peut à elle seule faire face à l'ampleur d'un tel chantier qui s'annonce long, complexe et extrêmement coûteux.
Une convention a été signée avec la Drac Grand Est fin 2024, mais les engagements financiers peinent à se concrétiser. De plus, l'enveloppe de 65 millions d'euros envisagée pour la restauration de Saint-Remi il y a dix ans apparaît désormais insuffisante pour couvrir l'ensemble des travaux nécessaires et urgents. La baisse de 35 % du budget de l'État consacré à la restauration du patrimoine fragilise aujourd'hui des projets pourtant essentiels.
La basilique Saint-Remi n'est pas un monument local parmi d'autres ; elle est au coeur de notre histoire nationale. Sanctuaire lié à saint Remi qui baptisa Clovis Ier à Reims et haut lieu de la légitimité royale à travers la conservation de la Sainte Ampoule, qui justifie la cérémonie du sacre des rois de France en la cathédrale de Reims, cet ensemble architectural mêlant les arts roman et gothique est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1991.
La ville de Reims, en lien avec le diocèse, s'apprête à lancer un vaste appel au mécénat et aux dons afin de mobiliser l'ensemble des acteurs, mais cela ne suffira pas.
Ma question est donc simple, madame la ministre : quel montant précis l'État entend-il engager pour la restauration de la basilique et dans quel délai ce soutien financier sera-t-il effectivement mobilisé ?
M. le président. La parole est à Mme la ministre.
Mme Catherine Pégard, ministre de la culture. Madame la sénatrice, vous attirez mon attention sur la situation très préoccupante de la basilique Saint-Remi de Reims. Les services de l'État, en particulier la direction régionale des affaires culturelles du Grand Est et les services préfectoraux, sont pleinement mobilisés, aux côtés de la ville de Reims, afin de suivre avec la plus grande attention l'évolution de la situation.
Comme vous l'avez rappelé, la basilique Saint-Remi constitue un monument majeur de notre patrimoine national, classé au titre des monuments historiques dès 1840 et inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1991. Son état sanitaire fait l'objet d'un suivi régulier par les services de la Drac depuis plusieurs années. Cela n'a pas suffi.
À la suite des événements intervenus fin avril, une réunion de travail s'est tenue le 7 mai dernier entre la ville de Reims, la Drac Grand Est et le préfet de la Marne. Cette réunion a permis d'identifier comme priorité absolue la sécurisation de la toiture du transept nord. Des travaux d'urgence doivent être engagés pour permettre une réouverture normale de la basilique - nous la souhaitons tous - si possible avant l'été, ce qui est sans doute un objectif très ambitieux, et en tout cas le plus rapidement possible.
Il a également été convenu que la ville de Reims lancerait rapidement une procédure de désignation d'un maître d'oeuvre chargé d'actualiser le diagnostic sanitaire et d'établir une programmation pluriannuelle de restauration sur une période de dix à quinze ans.
L'État, n'en doutez pas, accompagnera cette démarche. La Drac Grand Est a d'ores et déjà confirmé le principe d'un partenariat sur cette opération d'exception et travaille avec la collectivité sur la définition des modalités d'accompagnement financier les plus soutenables pour les nombreux grands chantiers patrimoniaux qui sont déjà engagés dans le Grand Est.
Si je ne peux pas vous fournir aujourd'hui un chiffrage précis de ce qui sera fait, je peux vous redire mon engagement à travailler aux côtés des collectivités locales, notamment la ville de Reims, avec laquelle nous avons déjà engagé des démarches pour trouver des mécénats. Nous ne pourrons pas tout faire seuls et nous le ferons donc, je l'espère, ensemble.
D'ailleurs, l'État et la ville de Reims envisagent la conclusion d'une convention pluriannuelle permettant de structurer dans la durée ce chantier patrimonial qui est, je le répète, majeur et emblématique non seulement pour Reims, mais aussi pour toute la France. Je serai moi-même particulièrement attentive à l'évolution de ce dossier et je reste à votre disposition pour que vous soyez associée à ce suivi.
M. le président. La parole est à Mme Anne-Sophie Romagny, pour la réplique.
Mme Anne-Sophie Romagny. Je tiens à saluer votre engagement, madame la ministre. Un déblocage de 25 millions d'euros, qui représente environ 40 % du montant total des travaux, serait un signal fort de votre part. Quoi qu'il en soit, la ville de Reims aimerait pouvoir disposer d'un chiffre précis. Elle a absolument besoin que l'État soit à ses côtés !
Source : senat.fr ↗
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