Résultats du 27 septembre : les élus, les sortants réélus ou battus et les voix de chaque liste sont dans notre article en direct, mis à jour toutes les cinq minutes. Le mode d'emploi du scrutin suit.
- Le dimanche 27 septembre 2026, la moitié du Sénat est renouvelée : 178 sièges sur 348, dans 64 circonscriptions (63 départements et collectivités, plus la moitié des sièges des Français de l'étranger).
- Les citoyens ne votent pas : les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par des « grands électeurs » — à près de 95 % des délégués des conseils municipaux.
- 1 685 candidats sont en lice sur 483 listes et candidatures, dont 134 sénateurs sortants et 34 députés.
- Deux modes de scrutin coexistent : proportionnelle à un tour là où la circonscription élit 3 sénateurs ou plus (119 sièges), majoritaire à deux tours — le même dimanche — ailleurs (59 sièges).
- Le corps électoral est figé depuis le 5 juin : il découle des municipales des 15 et 22 mars 2026.
- Le poids d'un grand électeur varie fortement : un siège est attribué par 21 électeurs à Saint-Barthélemy, par 708 dans le Calvados.
Le 27 septembre 2026, la France organise une élection nationale sans isoloir : 178 des 348 sièges du Sénat sont remis en jeu, et moins de 100 000 personnes ont le droit de voter. Ce scrutin, le premier depuis les législatives de 2024 à redistribuer des sièges au Parlement, décidera si la droite conserve la majorité sénatoriale qu'elle détient presque sans interruption depuis 1958 — quelques mois avant la présidentielle de 2027.
Qui vote ? Un scrutin sans isoloir
Les sénateurs sont élus par un collège de « grands électeurs » propre à chaque circonscription : les députés et sénateurs du département, ses conseillers régionaux et départementaux, et surtout les délégués des conseils municipaux, qui pèsent près de 95 % du total. C'est ce qui fait du Sénat la chambre des territoires : l'écrasante majorité de ses électeurs sont des élus communaux. Pour comprendre le rôle de l'institution elle-même, notre guide « À quoi sert le Sénat ? » fait le tour de la question.
Le nombre de délégués dépend de la taille de la commune : de 1 à 15 délégués en dessous de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux au-delà, et des délégués supplémentaires hors conseil au-dessus de 30 000 habitants. Ces délégués ont été désignés le vendredi 5 juin 2026 par les conseils municipaux issus des élections de mars : le corps électoral du 27 septembre est donc déjà connu, nom par nom.
Tous les grands électeurs ne pèsent pas le même poids
Le Sénat publie, circonscription par circonscription, la taille exacte du collège qui votera le 27 septembre. En rapportant ces collèges au nombre de sièges à pourvoir, on obtient le « prix » d'un siège en grands électeurs — et il varie dans un rapport de 1 à 34.
Un siège de Saint-Barthélemy est attribué par 21 grands électeurs ; un siège du Calvados, par 708. L'écart tient d'abord aux collectivités d'outre-mer minuscules, qui disposent chacune d'un siège quelle que soit leur population. Mais il subsiste entre départements métropolitains : la Creuse attribue chacun de ses deux sièges avec 242 électeurs, soit près de trois fois moins que le Calvados.
Ce déséquilibre n'est pas un accident : il découle du même principe que la surreprésentation des petites communes dans le collège. Les 34 circonscriptions au scrutin majoritaire — les moins peuplées — attribuent 59 sièges avec 27 018 électeurs, soit 458 électeurs par siège, contre 548 dans les 30 circonscriptions à la proportionnelle. La France rurale pèse structurellement plus lourd au Sénat que dans n'importe quelle autre élection.
Proportionnelle ou majoritaire : deux scrutins en un
Le mode de scrutin dépend du poids démographique de la circonscription. Dans celles qui élisent 3 sénateurs ou plus, les sièges sont répartis à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, en un seul tour, entre des listes paritaires. Dans celles qui n'élisent qu'un ou deux sénateurs, c'est un scrutin majoritaire à deux tours, tenus le même jour. En 2026, 119 des 178 sièges (les deux tiers) seront attribués à la proportionnelle, dans 30 circonscriptions — les 59 autres au majoritaire, dans 34 circonscriptions.
La distinction n'est pas qu'une technicité : la proportionnelle, appliquée aux départements les plus peuplés, permet aux formations minoritaires de décrocher des sièges, quand le majoritaire des petits départements favorise les notables locaux bien implantés — traditionnellement la droite et le centre.
Qui remet le plus en jeu
Tous les groupes ne sont pas exposés de la même façon. D'après nos données, Les Républicains remettent en jeu 77 de leurs 131 sièges — 59 % du groupe, la plus forte exposition de la chambre avec celle des macronistes du RDPI (11 sièges sur 19). À l'inverse, les communistes du CRCE-K ne défendent que 4 sièges sur 18.
1 685 candidats, 43 sortants qui s'arrêtent
Les candidatures ont été closes le 11 septembre : 1 685 candidats se partagent 483 listes et candidatures, dont 134 sénateurs sortants qui rempilent et 34 députés qui tentent de passer au Luxembourg — un mouvement que nous détaillons dans notre article sur les députés candidats aux sénatoriales. À l'inverse, 43 sénateurs sortants de la série 2 ne se représentent pas.
La compétition est très inégale selon les territoires. L'Hérault aligne 13 listes pour 4 sièges, le Gers 13 candidatures pour 2 sièges, le Tarn-et-Garonne 12 pour 2. Le détail circonscription par circonscription — candidats, sortants, mode de scrutin, taille du collège — est consultable sur notre tableau de bord des sénatoriales et notre annuaire des candidats.
Ce qui peut basculer
La majorité sénatoriale sortante — Gérard Larcher préside la chambre depuis 2014 — repose sur les 131 sièges des Républicains et les 59 de l'Union centriste : 190 sièges sur 348, dont 107 sont remis en jeu. Sauf séisme dans les 35 000 communes, les analystes ne prédisent pas de bascule, la droite s'appuyant sur son maillage d'élus locaux. L'élection n'en redessinera pas moins les équilibres internes — et la présidence du Sénat sera remise en jeu début octobre, comme après chaque renouvellement.
L'inconnue principale s'appelle Rassemblement national. Le parti compte aujourd'hui 3 sénateurs, élus en 2023 dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-et-Marne, qui siègent en non-inscrits — loin du seuil de 10 élus requis pour former un groupe. Leurs sièges, issus de la série 1, ne sont pas remis en jeu : tout gain de 2026 s'y ajoutera. Fort de ses conquêtes municipales de mars, le RN espère franchir la barre du groupe. Un groupe RN au palais du Luxembourg serait une première sous la Ve République. Nous avons détaillé les sièges qui peuvent basculer, département par département.
D'ici au 27 septembre, retrouvez sur NosParlementaires la fiche détaillée de chacun des 348 sénateurs — votes, amendements, questions, présence — pour savoir ce qu'ont fait, pendant six ans, ceux qui sollicitent un nouveau mandat, ainsi que la liste des sénateurs par département et notre classement du sénateur le plus actif.