Les sénatoriales 2026 en 6 points
  • Le dimanche 27 septembre 2026, la moitié du Sénat est renouvelée : 178 sièges sur 348 sont remis en jeu, dans 64 circonscriptions (63 départements et collectivités, plus la moitié des sièges des Français de l'étranger).
  • Les citoyens ne votent pas : les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par 93 469 « grands électeurs » — à 95,2 % des délégués des conseils municipaux.
  • Ces sièges de la « série 2 » ont été pourvus le 27 septembre 2020, jour pour jour six ans plus tôt.
  • Deux modes de scrutin coexistent : proportionnelle à un tour dans les circonscriptions élisant 3 sénateurs ou plus (119 sièges), majoritaire à deux tours — organisés le même dimanche — ailleurs (59 sièges).
  • Le corps électoral est déjà connu : il découle des municipales des 15 et 22 mars 2026, les délégués ayant été désignés par les conseils municipaux le 5 juin.
  • La droite et le centre (190 sièges à eux deux) défendent leur majorité ; le RN, qui compte 3 sénateurs, vise son premier groupe.

Le 27 septembre 2026, la France organise une élection nationale sans isoloir pour les citoyens : 178 des 348 sièges du Sénat seront remis en jeu, et moins de 100 000 personnes ont le droit de voter. Ce scrutin, le premier depuis les législatives de 2024 à redistribuer des sièges au Parlement, décidera si la droite conserve la majorité sénatoriale qu'elle détient presque sans interruption depuis 1958 — quelques mois avant l'élection présidentielle de 2027. Mode d'emploi.

178
Sièges en jeu
64
Circonscriptions
93 469
Grands électeurs

Qui vote ? Un scrutin sans isoloir

Les sénateurs sont élus par un collège de « grands électeurs » propre à chaque circonscription : les députés et sénateurs du département, ses conseillers régionaux et départementaux, et surtout les délégués des conseils municipaux — 88 937 sur les 93 469 électeurs de 2026, soit 95,2 % du total. C'est ce qui fait du Sénat la chambre des territoires : l'écrasante majorité de ses électeurs sont des élus communaux, et le vote des petites communes y pèse structurellement lourd. Pour comprendre le rôle de l'institution elle-même, notre guide « À quoi sert le Sénat ? » fait le tour de la question.

Le nombre de délégués dépend de la taille de la commune : de 1 à 15 délégués en dessous de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux au-delà, et des délégués supplémentaires hors conseil au-dessus de 30 000 habitants. Ces délégués ont été désignés le vendredi 5 juin 2026 par les conseils municipaux issus des élections de mars : le corps électoral du 27 septembre est donc déjà figé.

🗳️
Vote obligatoire
Fait rare en France : les grands électeurs qui s'abstiennent sans motif valable encourent une amende de 100 euros.
⚖️
Parité imposée
À la proportionnelle, chaque liste doit alterner strictement femmes et hommes.
⏱️
Deux tours en un jour
Au scrutin majoritaire, premier et second tours ont lieu le même dimanche — résultats du premier tour vers midi.
🎂
Candidat à 24 ans
Tout citoyen français d'au moins 24 ans peut se présenter. Dépôt des candidatures du 7 au 11 septembre.

Quels sièges sont remis en jeu — et qui a le plus à perdre ?

Le Sénat se renouvelle par moitié tous les trois ans, selon deux « séries » de départements. La série 2, concernée en 2026, couvre les départements de l'Ain à l'Indre (Corse comprise) puis du Bas-Rhin au Territoire de Belfort — hors Île-de-France, renouvelée en 2023 —, cinq collectivités d'outre-mer (Guyane, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Wallis-et-Futuna, Polynésie française) et six des douze sièges des Français établis hors de France.

Tous les groupes ne sont pas exposés de la même façon. D'après nos données, Les Républicains remettent en jeu 77 de leurs 131 sièges — 59 % de leur groupe, la plus forte exposition de la chambre avec celle des macronistes du RDPI (11 sièges sur 19). À l'inverse, les communistes du CRCE-K ne défendent que 4 sièges sur 18 :

Sièges remis en jeu le 27 septembre 2026, par groupe
Sièges en jeu (couleur du groupe)
Sièges non renouvelables
LR
77 en jeu sur 131
SER
31 sur 65
UC
30 sur 59
LIRT
9 sur 20
RDPI
11 sur 19
CRCE-K
4 sur 18
RDSE
8 sur 16
GEST
7 sur 16
NI
1 sur 4

Proportionnelle ou majoritaire : deux scrutins en un

Le mode de scrutin dépend du poids démographique de la circonscription. Dans celles qui élisent 3 sénateurs ou plus, les sièges sont répartis à la représentation proportionnelle à la plus forte moyenne, en un seul tour, entre des listes paritaires. Dans celles qui n'élisent qu'un ou deux sénateurs, c'est un scrutin majoritaire à deux tours, tenus le même jour. En 2026, d'après nos données, 119 des 178 sièges (les deux tiers) seront attribués à la proportionnelle, dans 30 circonscriptions — les 59 autres au majoritaire, dans 34 circonscriptions :

Répartition des 178 sièges par mode de scrutin
178 sièges
119 sièges à la proportionnelle30 circonscriptions (3 sénateurs ou plus)
59 sièges au majoritaire34 circonscriptions (1 ou 2 sénateurs)

La distinction n'est pas qu'une technicité : la proportionnelle, appliquée aux départements les plus peuplés (Bouches-du-Rhône et ses 8 sièges, Rhône, Gironde, Seine-Maritime…), permet aux formations minoritaires de décrocher des sièges, quand le majoritaire des petits départements favorise les notables locaux bien implantés — traditionnellement la droite et le centre.

Ce qui peut basculer

La majorité sénatoriale sortante — Gérard Larcher préside la chambre depuis 2014 — repose sur les 131 sièges des Républicains et les 59 de l'Union centriste : 190 sièges sur 348, dont 107 sont remis en jeu. Sauf séisme dans les 35 000 communes, les analystes ne prédisent pas de bascule : la Fondation Jean-Jaurès, dans son étude sur le scrutin, juge improbable un changement de majorité, la droite s'appuyant sur son maillage d'élus locaux. L'élection n'en redessinera pas moins les équilibres internes — et la présidence du Sénat elle-même sera remise en jeu début octobre, comme après chaque renouvellement.

Le scrutin actera aussi un changement de génération à la tête des groupes. François Patriat, 83 ans, président du groupe macroniste RDPI et fidèle de la première heure d'Emmanuel Macron, ne se représente pas en Côte-d'Or, selon Public Sénat. Guillaume Gontard quittera lui la présidence du groupe écologiste après six ans — sans quitter le Sénat, son siège de l'Isère n'étant pas renouvelable en 2026. Son groupe aborde le scrutin en position délicate : 7 de ses 16 sièges sont en jeu, dans la foulée de municipales difficiles pour les écologistes dans les grandes villes.

L'inconnue principale s'appelle Rassemblement national. Le parti compte aujourd'hui 3 sénateurs, élus en 2023 dans le Nord, le Pas-de-Calais et la Seine-et-Marne, qui siègent en non-inscrits — loin du seuil de 10 élus requis pour former un groupe. Leurs sièges, issus de la série 1, ne sont pas remis en jeu : tout gain de 2026 s'y ajoutera. Fort de ses conquêtes municipales de mars, le RN espère franchir la barre du groupe, avec des cibles dans des départements comme les Alpes-Maritimes, le Var ou le Vaucluse, selon la Fondation Jean-Jaurès. Un groupe RN au palais du Luxembourg serait une première dans l'histoire de la Ve République.

À noter : l'essentiel du résultat est déjà écrit. Les grands électeurs étant à 95 % issus des conseils municipaux élus en mars 2026, et les délégués désignés depuis le 5 juin, les sénatoriales se jouent moins dans la campagne de septembre que dans les urnes municipales du printemps — d'où la formule classique : « les municipales sont le premier tour des sénatoriales ».
15 et 22 mars 2026
Élections municipales : les nouveaux conseils municipaux formeront 95 % du collège électoral sénatorial.
5 juin 2026
Les conseils municipaux des circonscriptions concernées désignent leurs délégués : le corps électoral est figé.
7 – 11 septembre 2026
Dépôt des candidatures en préfecture (jusqu'au vendredi 11 septembre, 18 heures).
27 septembre 2026
Scrutin dans les préfectures : un tour à la proportionnelle, deux tours le même jour au majoritaire.
1er octobre 2026
Entrée en fonction des sénateurs élus, ouverture de la session ordinaire.
Début octobre 2026
Le Sénat renouvelé élit son président et l'ensemble de ses instances.

D'ici au 27 septembre, retrouvez sur NosParlementaires la fiche détaillée de chacun des 348 sénateurs — votes, amendements, questions, présence — pour savoir ce qu'ont fait, pendant six ans, ceux qui sollicitent un nouveau mandat, et notre classement du sénateur le plus actif.