- Sénateur Les Républicains de la Vendée depuis le 26 septembre 2004, réélu le 28 septembre 2014 et le 27 septembre 2020. Né le 20 novembre 1960 à Cholet — 65 ans.
- Ministre de l'intérieur du 21 septembre 2024 au 12 octobre 2025 dans les gouvernements Barnier, Bayrou et Lecornu I ; ministre d'État à partir du 23 décembre 2024. Son mandat de sénateur a été interrompu le 21 octobre 2024 et repris le 13 novembre 2025.
- Président du groupe Les Républicains au Sénat du 7 octobre 2014 au 30 septembre 2024. Aujourd'hui membre de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport.
- Élu au conseil général de la Vendée en 1988, il le préside de 2010 à 2015 ; député de la Vendée de 1994 à 1997 ; président du conseil régional des Pays de la Loire de 2015 à 2017, dont il reste conseiller.
- Président des Républicains depuis le 18 mai 2025, élu face à Laurent Wauquiez.
- Candidat déclaré à la présidentielle le 12 février 2026, désigné par les adhérents LR le 19 avril 2026 avec 73,8 % des suffrages.
En Vendée, trois sièges de sénateur sont remis en jeu le 27 septembre par un collège de 1 860 grands électeurs. Six listes et trente candidats se les disputent. La première place de l'une d'elles, « Union pour la Vendée », revient à un sortant qui n'a plus perdu une élection sénatoriale depuis vingt-deux ans : la liste qu'il conduisait a réuni 68,48 % des suffrages en 2014 puis 70,77 % en 2020, et raflé les trois sièges à chaque fois. Entre-temps, Bruno Retailleau est devenu président des Républicains et candidat de son parti à la présidentielle de 2027. Le scrutin vendéen est donc aussi, pour lui, un examen de passage local. Voici ce que dit sa feuille de route parlementaire.
Dix-sept mois sans un vote, puis un retour sans absence
Le passage Place Beauvau se lit dans les données comme une coupure nette. Le dernier vote de Bruno Retailleau avant son entrée au gouvernement date du 5 juin 2024 ; le premier après son retour, du 13 novembre 2025, le jour même où il redevient sénateur. Entre les deux, dix-sept mois. En octobre 2024, alors qu'il est déjà ministre mais encore sénateur pour quelques jours, le Sénat l'enregistre dix-huit fois comme « non-votant — membre du gouvernement », jusqu'au scrutin du 17 octobre 2024 ; son mandat est interrompu le 21.
Notre base recense 909 scrutins publics au Sénat entre le 10 octobre 2023 et le 21 juillet 2026. Bruno Retailleau figure au pointage de 544 d'entre eux et a exprimé un vote sur 526 : 100 % de participation. Les 365 autres scrutins se sont tenus pendant qu'il n'était plus sénateur — c'est la règle, un ministre ne siège pas, et son siège revient au suivant de liste. Ces 365 scrutins, exactement, sont ceux qu'a votés Brigitte Hybert, première suppléante de sa liste « Ensemble pour la Vendée » en 2020, entre le 22 octobre 2024 et le 12 novembre 2025. Depuis le 13 novembre 2025, il a pris part à 313 scrutins sur 313.
Ce 100 % mérite d'être relativisé deux fois. D'abord parce que le Sénat autorise la délégation de vote : un sénateur peut être compté présent sans être en séance, et les taux y sont massivement élevés — la participation médiane des sénateurs en exercice s'établit à 98,9 %, et à 99,9 % à l'intérieur du groupe Les Républicains. Soixante sénateurs sur 372 affichent comme lui un sans-faute. Ensuite parce que le dénominateur est chez lui près de deux fois plus petit que chez ses collègues vendéens : Annick Billon a été appelée à voter 909 fois, Didier Mandelli 790 fois.
Quarante-trois jours au Sénat en un an
L'autre indicateur d'activité est le calendrier officiel du Sénat, qui recense réunions de commission, auditions et travaux de délégation. Sur les douze derniers mois, il compte 43 jours de présence pour Bruno Retailleau, contre une médiane de 70 jours chez les sénateurs en exercice — un écart qui tient pour partie aux deux premiers mois de la période, où il était encore ministre : 33 de ces 43 jours se situent depuis janvier 2026. Depuis que le Sénat publie cet agenda, fin 2015, la base en totalise 617 jours et 2 134 heures pour lui. Ce n'est pas un taux de présence : il n'existe pas de dénominateur comparable, et notre analyse de l'agenda des sortants a montré à quel point les écarts y sont larges, de 91 à 604 jours sur un mandat.
Cinq amendements en propre, dix-sept rapports
L'initiative parlementaire est le point le plus mince du bilan récent. Depuis octobre 2023, Bruno Retailleau a déposé cinq amendements en son nom propre — quatre adoptés, un rejeté — et en a cosigné 51, dont 21 adoptés. Les cinq datent tous de novembre 2023, quand il présidait encore le groupe LR. Deux étendaient la pension d'orphelin aux non-salariés agricoles, aux artisans, aux commerçants et aux professions libérales, dans le financement de la Sécurité sociale pour 2024. Un troisième prorogeait le prêt à taux zéro jusqu'en 2027 dans sa forme d'alors, contre le recentrage prévu par le budget. Le seul rejeté proposait de relever le plafond du quotient familial de 1 759 à 2 000 euros par demi-part, pour un coût qu'il chiffrait lui-même à 1,2 milliard d'euros.
Le bilan long est d'une autre nature : dix-sept rapports du Sénat portent sa signature depuis 2006. Le plus marquant est vendéen. Le 7 juillet 2010, il remet, comme président de la mission commune d'information sur la tempête Xynthia, un rapport de 92 propositions intitulé « Xynthia : une culture du risque pour éviter de nouveaux drames », quatre mois après la submersion qui a fait 29 morts à La Faute-sur-Mer. Le rapporteur en était le socialiste Alain Anziani. Ses autres travaux sont numériques : « La neutralité de l'Internet » en février 2011, « Jeux vidéo : une industrie culturelle innovante pour nos territoires » en septembre 2013.
Cette répartition repose sur une base étroite — 56 amendements et 526 votes — et reflète surtout deux textes : le budget 2024 et la proposition de loi sur le droit à l'aide à mourir, sur lesquels se concentrent 36 de ses 56 amendements signés.
Deux questions en trois ans, et une voix dans l'hémicycle
Depuis octobre 2023, Bruno Retailleau a posé deux questions : une question d'actualité au gouvernement et une question écrite. La première, le 12 octobre 2023, portait sur le Haut-Karabagh et l'exode de 110 000 Arméniens ; il y demandait à la Première ministre si l'opération azerbaïdjanaise constituait à ses yeux « une épuration ethnique ».
« Presque trois mille ans de présence arménienne, trois millénaires d'histoire ont ainsi été effacés en trois jours. »
Question d'actualité au gouvernement, séance du 12 octobre 2023.
La seconde, le 27 juin 2024, est d'un tout autre registre : elle interroge le ministre chargé de l'énergie sur la pertinence des plages d'heures pleines et d'heures creuses fixées par l'arrêté du 26 juillet 2013, devenues selon lui décalées par rapport à un mix électrique où le solaire produit en plein jour.
« Alors que l'énergie représente une part considérable des dépenses des ménages, il pourrait être pertinent de faire évoluer la répartition journalière des heures pleines et des heures creuses. »
Question écrite du 27 juin 2024 sur la tarification des heures pleines et des heures creuses.
Discipline et présence
Sur les 526 scrutins où il a exprimé un vote, Bruno Retailleau a suivi la position majoritaire du groupe Les Républicains 97,9 % du temps. C'est élevé dans l'absolu, mais c'est sous la médiane des sénateurs en exercice, qui s'établit à 98,3 % : parmi les 130 sénateurs Les Républicains, 105 sont mieux alignés que lui sur leur propre groupe. Le président du parti est dans le dernier cinquième de sa formation au Sénat.
Ces onze divergences ne sont pas dispersées : dix sur onze portent sur des questions de société où le groupe Les Républicains s'est lui-même coupé en deux. Le 28 février 2024, le Sénat inscrit la liberté de recourir à l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution par 267 voix contre 50 ; le groupe se partage — 72 pour, 41 contre, 13 abstentions — et Bruno Retailleau vote contre. Sur le droit à l'aide à mourir, il s'oppose systématiquement au texte : le 21 janvier 2026 il vote contre l'article 4, rejeté par 144 voix contre 123, puis le 11 mai 2026 contre l'article 2 en deuxième lecture, quand 68 de ses collègues de groupe votaient pour et 49 contre. Ce texte est celui sur lequel il a le plus signé d'amendements : 17. La onzième divergence est une abstention, le 14 mars 2024, sur une ordonnance d'adaptation du droit outre-mer que le Sénat a ratifiée par 335 voix contre 2.
« Je ne reçois plus de questions sur l'utilité du Sénat. »
Déclaration à Parlons Politique, août 2026, où il qualifie le Sénat de « grand stabilisateur ».
Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base : nous ne disposons donc d'aucun relevé de rappel à l'ordre pour lui, dans un sens ou dans l'autre.
Les trois sortants vendéens, côte à côte
Deux des trois sortants se représentent, et sur la même liste. Didier Mandelli, vice-président du Sénat, troisième de la liste Retailleau en 2014 et en 2020, ne se représente pas ; Maxence de Rugy, maire de Talmont-Saint-Hilaire et président de la communauté de communes Vendée Grand Littoral, prend sa place. Voici le bilan des trois sortants depuis octobre 2023. Les 790 scrutins de Didier Mandelli s'entendent hors les 120 séances qu'il a présidées, où le président de séance ne vote pas.
| Sénateur | Groupe | Votes | Partic. | Amdts en propre | Amdts signés | Quest. | Rapports |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Bruno Retailleau | LR | 526 / 526 | 100 % | 5 | 51 | 2 | 17 |
| Didier Mandelli | LR | 787 / 790 | 99,6 % | 93 | 684 | 70 | 21 |
| Annick Billon | UC | 887 / 909 | 97,6 % | 194 | 2 154 | 68 | 43 |
Six listes pour trois sièges
La liste « Union pour la Vendée », présentée le 5 juin 2026 à La Roche-sur-Yon, réunit LR, l'UDI, le MoDem et Horizons : Bruno Retailleau, Annick Billon (UDI), Maxence de Rugy (LR), puis Leslie Gaillard (Horizons) et Philippe Barré (MoDem) en suppléants. « On a voulu rajeunir la liste », explique la tête de liste, qui sillonne le département depuis juillet.
Cinq listes lui font face. Le député MoDem de la 1re circonscription Philippe Latombe a déposé le 7 septembre une liste « sans étiquette », classée divers centre, en expliquant qu'« une grosse partie des grands électeurs est sans étiquette » — et en glissant que le « Sénat n'est pas un galop d'essai pour autre chose ». Le premier secrétaire du PS de Vendée Stéphane Ibarra, déjà candidat en 2014 face à Bruno Retailleau, conduit « L'Alternative pour la Vendée », union de la gauche et des écologistes. Le maire de Saint-Vincent-sur-Jard Olivier Dalmasso porte les couleurs du Rassemblement national et de l'UDR ; deux autres listes, conduites par Lilas Flore N'Dong et Timothée Thibaud-Lalère, complètent le tableau. Le détail figure sur notre page Vendée.
Ses chantiers au Sénat
Parcours express
Bruno Retailleau est l'un des trois candidats à la présidentielle qui siègent encore au Parlement ; nous avions comparé leurs votes économiques dans notre article sur le débat du Medef. Votes, amendements, questions et rapports : l'intégralité de son activité parlementaire est consultable sur sa fiche de sénateur, son dossier de campagne sur sa fiche de candidat, et les six listes du département sur notre page Vendée. Les classements de l'ensemble des parlementaires sont sur notre page classements.