Pourquoi ce débat ? Le contexte en 5 points
  • Le Medef organise le 27 août, pour sa Rencontre des entrepreneurs de France (REF) à Roland-Garros, un débat entre sept candidats déclarés ou probables à la présidentielle de 2027 : Gabriel Attal, Marine Le Pen, Bruno Retailleau, Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann, Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier.
  • Le rendez-vous se tient sur le court Philippe-Chatrier, à vingt mois du premier tour — du jamais-vu à ce stade d'une campagne.
  • Selon un sondage OpinionWay pour le Medef auprès de 66 000 chefs d'entreprise répondants, plus de 80 % des patrons plaident pour réduire la fiscalité et réindustrialiser la France.
  • Trois des sept débatteurs siègent aujourd'hui au Parlement français : Gabriel Attal et Marine Le Pen à l'Assemblée nationale, Bruno Retailleau au Sénat.
  • Leurs votes sur les textes économiques et budgétaires — budget 2026, financement de la Sécurité sociale, loi spéciale — sont publics. Ils constituent le seul bilan vérifiable face aux promesses de campagne.

Avant d'écouter les promesses économiques du 27 août, il y a les actes. Sur les 8 434 scrutins publics de la 17e législature, Gabriel Attal a pris part à 1 766 votes, soit 21 % — un niveau proche de la médiane des députés (24 %), mais qui le classe 346e sur 577. Marine Le Pen a voté 844 fois, soit 10 % des scrutins, au 490e rang. Bruno Retailleau, lui, n'a participé à aucun vote au Sénat pendant treize mois — il était ministre de l'Intérieur — avant de reprendre son siège de sénateur de la Vendée en novembre 2025.

21 %
Participation d'Attal aux scrutins
10 %
Participation de Le Pen
313
Scrutins de Retailleau depuis nov. 2025
Participation aux scrutins publics de l'Assemblée — 17e législature
Médiane
23,7 %
Attal
20,9 %
Le Pen
10,0 %

Gabriel Attal : présent aux grands rendez-vous budgétaires, abstenu sur le PLF 2026

Le président du groupe EPR affiche une participation de 21 % depuis octobre 2024 — 15 % sur les douze derniers mois. Ce chiffre, dans la moyenne basse de l'hémicycle, s'explique en partie par sa fonction : les présidents de groupe délèguent l'essentiel des scrutins d'amendements à leurs troupes. Sur les 114 votes « sur l'ensemble » d'un texte des douze derniers mois, les plus politiques, il était présent 50 fois.

Ses positions budgétaires dessinent une ligne de soutien au gouvernement : pour le financement de la Sécurité sociale pour 2026 en lecture définitive, pour la loi spéciale de décembre 2025, pour le budget de fin de gestion 2025. Une exception notable : le 21 novembre 2025, il s'est abstenu sur la première partie du projet de loi de finances pour 2026, rejetée par 404 voix contre 1 — un texte que les amendements de l'opposition avaient rendu invotable aux yeux de la plupart des groupes. À son actif législatif : 5 amendements déposés en premier auteur (2 adoptés), 340 interventions en séance et 3 questions au gouvernement ou écrites.

« Tout travail mérite salaire et il n'est pas acceptable de demander aux Français de travailler deux jours de plus sans rémunération supplémentaire. »

Gabriel Attal
Gabriel Attal
EPR
Hauts-de-Seine (10)
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Le scrutin du 21 novembre 2025 sur la première partie du budget 2026 reste le vote économique le plus lourd de la législature. Retrouvez la position de chaque député :

Marine Le Pen : une présence sur dix scrutins, concentrée sur les moments politiques

La présidente du groupe RN a pris part à 10 % des scrutins de la législature (844 votes sur 8 434), soit 11,4 % sur les douze derniers mois. Comme Gabriel Attal, elle réserve sa présence aux votes à forte charge politique : elle a voté toutes les grandes échéances budgétaires — contre la première partie du PLF 2026, contre le PLFSS 2026 en lecture définitive, contre le budget de fin de gestion 2025 — et pour les motions de censure de l'hiver 2026, dont plusieurs déposées par son propre groupe. Elle a en revanche voté pour la loi spéciale de décembre 2025, qui autorisait l'État à lever l'impôt en l'absence de budget.

Son bilan d'initiative parlementaire : 13 amendements en premier auteur (1 adopté), 481 interventions en séance — davantage qu'Attal — et 22 questions. Son mandat reste par ailleurs suspendu à la procédure d'appel de sa condamnation pour détournement de fonds publics européens, dont l'arrêt de juillet 2026 n'a pas mis fin à son mandat de députée.

« Je croyais que l'ensemble de cet hémicycle était favorable au patriotisme économique. L'idée est de promouvoir les produits français. »

Marine Le Pen
Marine Le Pen
RN
Pas-de-Calais (11)
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Bruno Retailleau : treize mois sans voter, puis un retour assidu au Sénat

Le président des Républicains présente un profil singulier : sénateur de la Vendée depuis 2004, il a quitté l'hémicycle en octobre 2024 pour le ministère de l'Intérieur. Entre son dernier scrutin du 16 octobre 2024 et son premier vote de retour le 12 novembre 2025, il n'a pris part à aucun vote — c'est la règle, un ministre ne siège pas. Depuis son retour, il a participé aux 313 scrutins publics du Sénat, soit 100 %.

Ce chiffre est toutefois à manier avec précaution : au Sénat, la délégation de vote permet d'être compté présent sans être en séance, et la participation médiane des sénateurs s'établit à 98,7 %. Son activité d'initiative est mince sur la période récente : 5 amendements en premier auteur depuis octobre 2023 (4 adoptés) et 2 questions. L'essentiel de son influence passe par la présidence de son parti et la position pivot du Sénat sur les textes budgétaires.

Sénateur depuis 2004, ministre de l'Intérieur d'octobre 2024 à l'automne 2025, Bruno Retailleau est le seul des trois parlementaires candidats à siéger à la chambre haute — celle qui, ces deux dernières années, a réécrit chaque budget transmis par l'Assemblée.

Bruno Retailleau
Bruno Retailleau
LR
Vendée

Quatre débatteurs sans mandat au Parlement français

Édouard Philippe (maire du Havre), Jean-Luc Mélenchon et Marine Tondelier ne détiennent aujourd'hui aucun mandat parlementaire national : leurs positions économiques ne peuvent être confrontées à aucun vote récent. Raphaël Glucksmann siège au Parlement européen, hors du champ des scrutins français. Pour quatre des sept candidats invités par le Medef, le débat du 27 août se jouera donc sur les programmes — sans bilan de votes opposable.

Ce que les patrons attendent d'eux

📉
Réduire la fiscalité
Plus de 80 % des chefs d'entreprise interrogés par OpinionWay pour le Medef en font la priorité du prochain quinquennat.
🏭
Réindustrialiser la France
Deuxième attente massive du sondage, dans un contexte de décrochage industriel et de concurrence américaine et chinoise sur les coûts de l'énergie.
🗳️
Un test à 66 000 répondants
L'ampleur inédite de la consultation donne au Medef un argument de poids pour peser sur les programmes économiques de 2027.
📋
Le juge de paix : le budget 2027
Dès cet automne, le PLF 2027 forcera Attal et Le Pen à voter — et le Sénat de Retailleau à trancher.
À noter : la participation aux scrutins publics ne mesure qu'une partie du travail parlementaire — elle ignore les commissions, les rapports et le travail politique hors hémicycle, et les présidents de groupe votent structurellement moins que les autres députés. Mais c'est le seul indicateur public, individuel et vérifiable vote par vote. À l'inverse, le 100 % de Bruno Retailleau au Sénat est gonflé par les délégations de vote, autorisées à la chambre haute.

De la dissolution au court Philippe-Chatrier

Juillet 2024
Début de la 17e législature. Gabriel Attal quitte Matignon en septembre et prend la présidence du groupe EPR ; Marine Le Pen conserve celle du groupe RN.
16 octobre 2024
Dernier vote de Bruno Retailleau au Sénat avant sa période au ministère de l'Intérieur.
12 novembre 2025
Premier vote de Bruno Retailleau à son retour au Sénat. Depuis, 313 scrutins sans en manquer un.
21 novembre 2025
L'Assemblée rejette la première partie du PLF 2026 par 404 voix contre 1. Attal s'abstient, Le Pen vote contre.
27 août 2026
Débat des sept candidats à la REF du Medef, sur le court Philippe-Chatrier de Roland-Garros.
Automne 2026
Examen du budget 2027 : le prochain bilan opposable des candidats parlementaires s'écrira là.

Les promesses du 27 août pourront être confrontées aux actes, vote par vote : retrouvez le détail des positions de Gabriel Attal, de Marine Le Pen et de Bruno Retailleau sur leurs fiches NosParlementaires, mises à jour à chaque scrutin.