- Sénateur du Rhône depuis le 1er octobre 2020, élu le 27 septembre 2020. Né le 28 juillet 1982, il a 44 ans. Chargé de communication de profession.
- Membre des Écologistes (ex-EELV), il siège au groupe Écologiste — Solidarité et Territoires (GEST), qui compte 16 sénateurs.
- Vice-président de la commission des finances et rapporteur spécial de la mission « Investir pour la France de 2030 » : c'est lui qui examine, chaque automne, les crédits du plan d'investissement de 54 milliards d'euros lancé en 2021.
- Également vice-président de la délégation sénatoriale à la prospective et vice-président de la mission d'information sur les prélèvements obligatoires. 11 rapports déposés dans notre base, dont 6 sur France 2030.
- Ancien conseiller municipal du 7e arrondissement de Lyon et conseiller de la métropole de Lyon, élus en juin 2020.
- Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base : nous ne pouvons ni confirmer ni infirmer l'existence d'un rappel à l'ordre le concernant.
Le 21 juillet 2026, le Sénat adopte la proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques des réseaux sociaux par 243 voix contre 2, avec 100 abstentions. Les quinze autres sénateurs du groupe écologiste s'abstiennent. Thomas Dossus, lui, vote contre — ils ne sont que deux dans tout l'hémicycle, avec le non-inscrit Stéphane Ravier, à l'avoir fait. C'est, dans notre base, le seul des 877 votes où il s'écarte de la position majoritaire de son groupe.
Dix jours avant de remettre son siège en jeu, le 27 septembre 2026, le sénateur écologiste du Rhône conduit la liste d'union de la gauche et des écologistes « Agir pour le Rhône », qui rassemble Écologistes, socialistes, communistes et Place Publique — sans La France insoumise. Sept sièges sont à pourvoir, environ 3 800 grands électeurs votent, et la droite se présente divisée en quatre listes. En 2020, la liste qu'il menait déjà était arrivée en tête avec 32,49 % des voix et trois sièges.
Son bilan chiffré tient en trois traits. Il est l'un des rares élus de gauche à tenir un poste de contrôle budgétaire de premier plan : rapporteur spécial des 54 milliards de France 2030. Il a déposé 289 amendements en son nom depuis octobre 2023, dont 18 ont été adoptés et 201 rejetés par une chambre dominée par la droite. Et il vote moins souvent que le sénateur médian : 877 scrutins sur 909, soit 96,5 %, quand la médiane du Sénat est à 98,9 %.
Le rapporteur écologiste des 54 milliards de France 2030
C'est la singularité de son mandat. Depuis l'automne 2023, Thomas Dossus est rapporteur spécial de la mission budgétaire « Investir pour la France de 2030 » — le plan d'investissement lancé par l'exécutif en 2021 pour financer la décarbonation de l'industrie, la recherche, la santé et les filières d'avenir. Chaque projet de loi de finances lui vaut un rapport : celui sur le budget 2026, déposé le 24 novembre 2025, comme celui de juin 2026. Un écologiste d'opposition à la manœuvre sur l'un des plus gros chèques de l'État : la fonction est attribuée par la commission des finances, pas par la majorité sénatoriale.
Il en a fait un poste de contrôle plutôt qu'un poste de commentaire. En mai 2024, il publie avec son co-rapporteur un rapport d'information sur les aides à la décarbonation de l'industrie au titre sans ambiguïté : « des engagements à clarifier, un déploiement à accélérer ». En juillet 2025, il cosigne un rapport sur le financement public de la recherche aéronautique civile et un autre sur la libre administration des collectivités.
« Tout n'est pas parfait dans ce programme. On peut parfois regretter son émiettement ou son manque de pilotage. En tant qu'écologiste, je suis moi-même assez dubitatif sur un certain nombre de projets soutenus ; mais France 2030 est vital pour nos filières industrielles, pour la décarbonation, pour la recherche et pour tous les territoires. »
Thomas Dossus, question d'actualité au gouvernement du 11 décembre 2025, sur le sort réservé au budget de France 2030 dans le projet de loi de finances pour 2026.
Cette position le place en porte-à-faux permanent. Il défend le budget dont il a la charge contre les coupes, tout en contestant une partie des projets qu'il finance. Dans sa question au gouvernement du 11 décembre 2025, il chiffre lui-même la saignée : un écart d'un demi-milliard d'euros entre le budget de la recherche et la trajectoire votée dans la loi de programmation, et 1,6 milliard d'euros ponctionnés sur la trésorerie des opérateurs en fin d'année.
Le Rhône, les crues de Givors et une ligne de train « deuxième pire du pays »
Sur les 22 questions qu'il a posées depuis octobre 2023, plusieurs partent du département. En juillet 2026, il alerte le ministre des transports sur la ligne Lyon — Paray-le-Monial, qu'il décrit comme « la deuxième pire ligne ferroviaire du pays en termes de ponctualité » : 90 kilomètres de deuxième voie supprimés, 44 millions d'euros investis en 2017 par le contrat de plan État-région, et une dégradation reprise depuis 2022. En juin 2026, il s'attaque à un chiffre technique mais brutal pour les budgets communaux : la dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle, qui représentait encore 188 millions d'euros pour les communes en 2025, est tombée à 137 455 euros dans la loi de finances pour 2026, soit une baisse de plus de 99 % en un an.
« La commune de Givors, dans le Rhône, a fait face à une crue majeure en 2024 qui a causé près de 200 millions d'euros de dégâts. En conséquence, le coût du contrat d'assurance de la ville a explosé, les franchises sont passées de 1 500 euros à près de 1 million d'euros, et les besoins d'investissement du plan de protection pour les prochaines années s'élèvent à 100 millions d'euros. »
Thomas Dossus, question d'actualité au gouvernement du 26 mars 2026, sur les moyens d'adaptation des communes au réchauffement climatique.
Ses amendements adoptés suivent la même logique d'ancrage territorial et fiscal. Sur le projet de loi de finances pour 2026, où il a déposé 53 amendements, il a fait passer le fléchage d'une part des recettes du marché carbone européen, une éco-contribution sur les produits n'entrant dans aucune filière de responsabilité élargie du producteur, et le conditionnement du taux réduit de TVA à 5,5 % à la pose par un installateur qualifié. Sur la proposition de loi portant création d'un statut de l'élu local, trois de ses amendements ont été retenus, dont l'extension à 15 jours du congé accordé aux salariés élus municipaux.
Discipline et présence : 876 votes sur 877 avec son groupe, un seul écart
Sur la loyauté de vote, les chiffres ne laissent guère de place à l'interprétation. Sur les 877 scrutins où il s'est exprimé, Thomas Dossus a voté comme la majorité de son groupe 876 fois. L'unique exception est le vote du 21 juillet 2026 sur les mineurs et les réseaux sociaux.
« Je pense à l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, dont l'effet de bord sera d'obliger tous les Français à déclarer leur âge ou leur identité en ligne. Je pense à votre volonté relancée de fragiliser les messageries chiffrées. La réponse aux défis réside non pas dans la limitation des libertés, mais dans la construction d'une souveraineté numérique française et européenne. »
Thomas Dossus, question d'actualité au gouvernement du 5 février 2026, sur la régulation des plateformes et la souveraineté numérique — cinq mois avant son vote solitaire contre la loi sur les mineurs et les réseaux sociaux.
Sa formule de campagne — « la droite au Sénat est le moteur des pires reculs sociaux et environnementaux », déclarait-il à Lyon Capitale le 14 septembre — se vérifie dans les données de vote, dans les deux sens. Sur les 877 scrutins où il s'est exprimé, il coïncide avec la position majoritaire des Républicains dans 19,4 % des cas seulement, l'un des taux les plus bas du Sénat. À l'inverse, il rejoint les communistes et Kanaky 84,2 % du temps, les socialistes 82,5 %. Et sur ses 289 amendements déposés, 201 ont été rejetés, 33 déclarés irrecevables, 18 tombés et 18 retirés : un taux d'adoption de 6,2 %, ordinaire pour un élu d'opposition dans une chambre où la droite et le centre sont majoritaires.
Sur la présence, le bilan est plus contrasté. Le calendrier officiel du Sénat lui compte 474 jours de présence et 2 186 heures depuis le début de son mandat, dont 75 jours et 372 heures sur les douze derniers mois — un indicateur d'activité, pas un taux, puisqu'il n'existe pas de dénominateur comparable. Aux scrutins publics, en revanche, il est en dessous du peloton : 96,5 % de participation, contre 98,9 % pour le sénateur médian, ce qui le place au 230e rang sur 372 sénateurs ayant participé à au moins un vote sur la période. Il n'a présidé aucune séance.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, rapports et présence en séance : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Thomas Dossus sur sa fiche NosParlementaires, les sept sièges du Rhône et leurs candidats dans notre page départementale, la liste complète des sortants dans notre panorama département par département, et les scrutins qui peuvent basculer dans notre tour de France des sièges. Comparez son bilan à celui de ses collègues dans nos classements.