Qui est Serge Bérard ? Le portrait en 6 points
  • Sénateur du Rhône depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre à la tête de la liste « Une nouvelle énergie pour le Rhône », avec 325 voix de grands électeurs.
  • Né le 5 juin 1955, il a 71 ans : 43 sénateurs en fonction sur 348 sont plus âgés que lui. Ancien cadre, retraité selon sa fiche du Sénat.
  • Maire de Brignais depuis juillet 2020, réélu dès le premier tour en mars 2026 avec 77 % des voix. Il doit quitter ce mandat, incompatible avec celui de sénateur.
  • Membre de Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard, qu'il a rejoint avant les municipales de 2026.
  • Rattaché au groupe Les Républicains, alors que sa liste affrontait celle de LR et que David Lisnard a quitté ce parti fin mars.
  • Membre de la commission de l'aménagement du territoire et du développement durable, et de la commission spéciale qui examine la suppression de plusieurs agences de l'État.

Mercredi 14 octobre, deux semaines après son entrée au Sénat, Serge Bérard a pris place dans une commission taillée pour le programme de son parti : la commission spéciale chargée de la proposition de loi « visant à repenser l'agencification », qui supprime les agences régionales de santé, l'Agence nationale de l'habitat et l'Anru pour rendre leurs missions aux préfets. Elle s'est reconstituée ce jour-là après le renouvellement du Sénat. Au même moment, à Brignais, commune de l'ouest lyonnais qu'il dirige depuis 2020, le compte à rebours a commencé : la loi lui laisse trente jours après son élection pour abandonner son fauteuil de maire. Portrait en données d'un élu local libéral, porté au Sénat par David Lisnard contre la liste officielle des Républicains, et qui siège pourtant avec eux.

325
voix de grands électeurs le 27 septembre, soit 8,8 % : un siège sur les sept du Rhône
13
voix de moins, et le siège revenait à la gauche, selon notre calcul de la répartition à la proportionnelle
5
jours de présence au Sénat inscrits à son agenda officiel depuis son élection, pour 12 heures de réunions et de séances

Un maire qui « râle après l'État »

Avant d'être candidat, Serge Bérard s'est fait connaître localement par un discours de vœux sans langue de bois. En janvier 2026, devant les élus et les représentants de l'État réunis à Brignais, il saluait la compétence des fonctionnaires, puis tranchait sur l'institution elle-même. Il citait une subvention de 450 000 euros promise sur trois ans, finalement refusée parce que la commune n'était « pas dans la bonne case », et le DILICO, ce prélèvement sur les recettes des collectivités entré en vigueur avec le budget 2026, qui représentait selon lui 400 000 euros pour la commune.

« L'État, ça ne va pas du tout. Aujourd'hui, on a affaire à un État sur lequel on a du mal à compter. »

Serge Bérard, alors maire de Brignais, discours des vœux pour 2026 (texte publié par la Ville de Brignais).

Serge Bérard
Serge Bérard
Les Républicains (rattaché)
Rhône, élu le 27 septembre

La ligne colle à celle de Nouvelle Énergie, qui défend moins d'État, moins de normes et une décentralisation poussée. « Il faut redonner aux maires les moyens d'agir sans l'écrasement des normes », disait-il, cité par info.fr au moment de son investiture, en juin. La proposition de loi sur les agences, déposée en avril par Pauline Martin et Mathieu Darnaud, président du groupe LR, va dans ce sens : son article 1er prévoit que toute nouvelle agence disparaisse au bout de cinq ans, sauf évaluation favorable. Aucune date d'examen n'est encore publiée.

Quatre listes de droite pour sept sièges

Dans le Rhône, 3 817 grands électeurs du département et de la Métropole de Lyon élisaient sept sénateurs à la proportionnelle. La droite s'est présentée divisée : la liste officielle des Républicains menée par Sébastien Michel, celle de Christophe Guilloteau, président LR du département et conseiller départemental du canton de Brignais, celle du sortant Paul Vidal, et celle de Serge Bérard, investi en juin par Nouvelle Énergie. Christophe Guilloteau « n'avait pas franchement apprécié » de voir le maire de Brignais se lancer à son tour, rapporte Lyon Décideurs.

La liste Bérard avait un atout : le sénateur sortant Étienne Blanc, porte-parole de Nouvelle Énergie, figurait en septième position, une place non éligible. Elle a fait campagne sur l'idée qu'avec un sortant sur la liste, il était « normal » de retrouver un siège, selon Lyon Décideurs.

Sénatoriales dans le Rhône, 27 septembre 2026 : voix par liste (sept sièges à la proportionnelle, dix listes, nom de la tête de liste)
Sébastien Michel (LR)
641 (17,3 %, 2 élus)
Thomas Dossus (union de la gauche)
625 (16,9 %, 1 élu)
Christophe Guilloteau (divers droite)
612 (16,5 %, 1 élu)
Bernard Fialaire (divers centre)
411 (11,1 %, 1 élu)
Gabriel Amard (LFI)
374 (10,1 %, 1 élu)
Serge Bérard (Nouvelle Énergie)
325 (8,8 %, 1 élu)
Bruno Bernard (divers gauche)
308 (8,3 %)
Laurent Primault (RN)
231 (6,2 %)
Paul Vidal (divers droite, sortant)
160 (4,3 %)
Maurice Iacovella (divers centre)
21 (0,6 %)

3 817 grands électeurs ; 3 708 voix se sont portées sur les listes. Pourcentages calculés sur ce total. Source : Sénat, résultats officiels de la circonscription du Rhône.

Le pari est gagné de peu. Avec 325 voix, Serge Bérard obtient le sixième siège attribué ; le septième revient à Catherine Di Folco, numéro deux de la liste LR. Selon notre calcul, avec treize voix de moins, sa liste aurait été devancée par le deuxième candidat de Thomas Dossus, à gauche. La liste dissidente de l'écologiste Bruno Bernard, avec 308 voix, reste sans élu, tout comme celle de Paul Vidal, sortant battu avec 160 voix. Au total, la droite remporte quatre des sept sièges, et les élus des trois listes de droite représentées siègent tous dans le groupe LR.

« Que penser d'un ami sur qui on ne peut pas compter, qui vous pique du fric ? »

Serge Bérard, alors maire de Brignais, discours des vœux pour 2026 (texte publié par la Ville de Brignais). Il visait le DILICO.

Serge Bérard
Serge Bérard
Les Républicains (rattaché)
Rhône, élu le 27 septembre

Discipline et présence : rattaché au groupe d'un parti quitté par son chef

David Lisnard, maire de Cannes et président de l'Association des maires de France, a quitté Les Républicains fin mars 2026 pour se déclarer candidat à l'élection présidentielle, en reprochant au parti de ne pas avoir quitté « ses ambiguïtés et la macronie ». Six mois plus tard, son sénateur du Rhône est rattaché au groupe Les Républicains : un statut qui l'associe au groupe sans en faire un membre. Le groupe compte 124 sénateurs, dont 88 membres, 21 apparentés, comme Christophe Guilloteau, et 15 rattachés.

Ce groupe vote d'un bloc. Ses 98 sénateurs ayant déjà siégé ont suivi la position majoritaire du groupe dans 98,5 % des scrutins publics en moyenne depuis octobre 2023, aucun ne descendant sous 96,3 %. Le premier vote de Serge Bérard suit la règle : le 13 octobre, sur un amendement du socialiste Bernard Jomier à la proposition de loi sur les stocks de sécurité des médicaments, rejeté par 198 voix contre 111, il figure parmi les 122 sénateurs LR qui ont voté contre, selon la feuille de scrutin officielle. Ce scrutin n'est pas encore intégré à notre base, qui lui compte zéro vote, zéro amendement et zéro question.

98 sénateurs LR
98,5 % de votes alignésmoyenne des 98 sénateurs du groupe LR ayant déjà siégé, avec la position majoritaire de leur groupe, depuis octobre 2023
1,5 % de votes divergentsle moins aligné reste à 96,3 % ; Serge Bérard n'a pas encore d'historique

Côté présence, son agenda officiel compte cinq jours et douze heures depuis son élection : la séance d'ouverture du 1er octobre, la séance de renouvellement des instances le 6, trois réunions de la commission de l'aménagement du territoire les 7, 13 et 14 octobre, deux séances publiques le 13, les questions au gouvernement et la commission spéciale sur les agences le 14. Ces chiffres mesurent une activité, pas un taux : il n'existe pas de dénominateur comparable. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.

À Brignais, la mairie a détaillé le calendrier : démission adressée au préfet dans les trente jours suivant l'élection, puis élection d'un nouveau maire par le conseil municipal dans les quinze jours. Serge Bérard quitte aussi la vice-présidence de la communauté de communes de la Vallée du Garon et peut rester conseiller municipal. Selon Le Progrès, les élus de la majorité ont déjà choisi son successeur.

« C'est l'idée libérale, faire confiance aux gens, donner les moyens d'agir, tout en contrôlant que tout se passe bien. »

Serge Bérard, alors maire de Brignais, discours des vœux pour 2026 (texte publié par la Ville de Brignais). Il décrivait sa manière de gouverner la commune.

Serge Bérard
Serge Bérard
Les Républicains (rattaché)
Rhône, élu le 27 septembre

Ses chantiers

🏛️
Membre de la commission spéciale sur la proposition de loi LR qui supprime les ARS, l'Anah et l'Anru et limite la durée de vie des nouvelles agences à cinq ans. Texte en cours de discussion, examen non daté.
💶
Il dénonçait le DILICO comme maire. Le budget 2027 prévoit un nouvel encadrement des dépenses des collectivités ; le projet de loi de finances arrive au Sénat fin novembre.
📜
Les normes
Il veut « redonner aux maires les moyens d'agir sans l'écrasement des normes », le thème central de David Lisnard à la tête de l'Association des maires de France.
🌱
L'aménagement du territoire
Sa commission, 49 membres, traite de transports, d'environnement et d'aménagement du territoire. Maire, il dit avoir consacré une grosse partie des investissements de Brignais à la transition énergétique, dont la rénovation d'une école primée.
La nuance. Serge Bérard est entré au Sénat en se présentant contre la liste des Républicains, sous l'étiquette d'un parti dont le président a quitté LR six mois plus tôt pour concourir à la présidentielle. Il siège pourtant dans le groupe LR, qui vote à l'unisson dans plus de 98 % des cas. Son élection doit aussi beaucoup à un apport extérieur : le sortant Étienne Blanc, en septième position sur sa liste, et une marge de treize voix sur la gauche.

Parcours express

5 juin 1955
Naissance. Il fera carrière comme cadre avant de prendre sa retraite.
3 juillet 2020
Élu maire de Brignais après la victoire de sa liste « Parlons Brignais » au second tour des municipales.
Janvier 2026
Vœux à Brignais : « L'État, ça ne va pas du tout. »
15 mars 2026
Réélu dès le premier tour avec 77 % des voix, après avoir annoncé rejoindre Nouvelle Énergie.
Fin mars 2026
David Lisnard quitte Les Républicains et se déclare candidat à la présidentielle.
Juin 2026
Investi par Nouvelle Énergie pour conduire une liste aux sénatoriales dans le Rhône.
27 septembre 2026
Élu sénateur avec 325 voix, sa liste devançant de 17 voix celle de Bruno Bernard.
13 octobre 2026
Premier vote en séance, avec le groupe LR.
14 octobre 2026
Siège à la commission spéciale sur la suppression d'agences de l'État.

Ses votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Serge Bérard à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats des sénatoriales dans le Rhône, sa fiche de candidat, la composition du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.