Qui est Magali Gasto-Oustric ? Le portrait en 6 points
  • Sénatrice de la Haute-Garonne depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre en deuxième position de la liste « Agir ensemble pour nos communes et nos territoires » conduite par Thierry Suaud (Parti socialiste, Radicaux de gauche, Place publique) : 827 voix, 25,6 % des 3 236 suffrages exprimés, deux sièges sur cinq. Le sien est le cinquième et dernier attribué.
  • Radicale de gauche, elle est membre depuis le 5 octobre du groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE), 18 sénateurs, présidé par Maryse Carrère. Selon notre base, elle est la seule des 63 sénateurs entrés le 27 septembre à l'avoir rejoint.
  • Née le 17 décembre 1978, elle a 47 ans. Elle est plus jeune que 302 des 348 sénateurs, et plus âgée que 15 des 63 entrants. L'âge médian du Sénat est de 61 ans. Formatrice de profession, la seule du Sénat, « formatrice et chargée de clientèle en assurance » selon Wikipédia, formée à l'université Toulouse-Capitole.
  • Adjointe au maire de Saint-Gaudens depuis avril 2014, sous-préfecture de 12 100 habitants, dans la majorité sans étiquette de Jean-Yves Duclos, réélu au premier tour le 15 mars 2026 avec 58,1 % des voix. Deuxième adjointe depuis cette date, selon le Répertoire national des élus.
  • Présidente de la communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges, 104 communes et 44 200 habitants, la plus étendue du département, depuis juillet 2020, réélue le 7 avril 2026 ; présidente du pôle d'équilibre territorial et rural Pays Comminges Pyrénées, qui réunit trois intercommunalités.
  • Elle n'a jamais siégé au Parlement : au 7 octobre, notre base ne lui compte aucun vote, aucun amendement, aucune question. Membre de la commission des affaires économiques, constituée ce mercredi. Elle a trente jours depuis son élection, jusqu'au 27 octobre, pour quitter la présidence de l'intercommunalité, celle du PETR et son poste d'adjointe.

Mercredi 7 octobre, les sept commissions permanentes du Sénat se sont constituées. Magali Gasto-Oustric siège à celle des affaires économiques, avec onze autres nouveaux élus. La présidente des 104 communes du Comminges, 47 ans, est l'une des trois nouvelles têtes de la Haute-Garonne au Palais du Luxembourg, et la plus discrète : son colistier Thierry Suaud a eu les titres, Marc Péré a eu la surprise. Elle a eu le dernier siège, celui qui se joue au dernier tour de table de la proportionnelle, et le groupe que personne d'autre n'a choisi cette année. Son bilan parlementaire tient en un chiffre, zéro. Son élection, son territoire et le groupe qu'elle rejoint, eux, se mesurent.

413,5
voix de moyenne pour le cinquième siège de la Haute-Garonne, le sien, contre 341 pour la moyenne suivante
104
communes dans l'intercommunalité qu'elle préside depuis 2020 et doit quitter avant le 27 octobre
0
vote, amendement ou question dans notre base au 7 octobre : son mandat a commencé le 1er octobre

Le dernier des cinq sièges, à 72 voix de moyenne près

Le 27 septembre, 3 325 grands électeurs de la Haute-Garonne étaient appelés à élire cinq sénateurs à la proportionnelle ; 3 270 ont voté, 3 236 suffrages ont été exprimés, répartis entre dix listes. La liste de Thierry Suaud, maire de Portet-sur-Garonne, où Magali Gasto-Oustric occupait la deuxième place, a recueilli 827 voix, derrière les 1 023 de l'union de la droite et du centre de Pierre Médevielle et Brigitte Micouleau, et devant les 445 de Marc Péré. Nous avons raconté la campagne et le résultat vus de la tête de liste. Vu de la deuxième place, le scrutin se résume à une répartition.

Comment le cinquième siège de la Haute-Garonne lui est revenu : les moyennes de la répartition à la plus forte moyenne (27 septembre 2026, 3 236 suffrages exprimés)
Siège attribué
Moyenne suivante, sans siège
1er siège — liste Médevielle (1 023 voix ÷ 1)
1023
2e siège — liste Suaud (827 ÷ 1) : Thierry Suaud
827
3e siège — liste Médevielle (1 023 ÷ 2)
511,5
4e siège — liste Péré (445 ÷ 1)
445
5e siège — liste Suaud (827 ÷ 2) : Magali Gasto-Oustric
413,5
Non attribué — liste Médevielle (1 023 ÷ 3)
341
Non attribué — liste Faure (318 ÷ 1)
318
Non attribué — liste Leonardelli, RN (288 ÷ 1)
288

Les sièges sont attribués un à un à la liste dont la moyenne (voix ÷ sièges déjà obtenus + 1) est la plus forte. Le cinquième et dernier revient à la liste Suaud avec 413,5, devant un troisième siège pour la liste Médevielle (341) et la liste de Dominique Faure (318). Calcul NosParlementaires à partir des résultats du ministère de l'Intérieur.

Le quotient électoral était de 647,2 voix : deux listes seulement l'atteignaient. Les sièges restants se distribuent à la plus forte moyenne, et le cinquième s'est joué entre la moitié des 827 voix de la liste Suaud, 413,5, et le tiers des 1 023 voix de la liste Médevielle, 341. Soixante-douze voix et demie de moyenne séparent la nouvelle sénatrice d'un troisième élu de la droite et du centre. La délégation départementale compte désormais trois élus classés à gauche sur cinq, contre deux dans le Sénat sortant.

Ce dernier siège a aussi une géographie. Avec Pierre Médevielle, ancien maire de Boulogne-sur-Gesse de 1995 à 2017, « le Comminges décroche deux sièges sur cinq », titrait Le Petit Journal au soir du scrutin. Le sud du département, rural et montagnard, pèse peu dans la population de la Haute-Garonne, mais beaucoup dans son collège de grands électeurs, composé pour l'essentiel de conseillers municipaux : la communauté de communes qu'elle préside réunit à elle seule 104 des 586 communes du département. Deux jours plus tard, dans le même journal, elle fixait sa ligne en quatre mots.

« Défendre les collectivités territoriales. »

Titre de son premier entretien de sénatrice. Le Petit Journal du Comminges, 29 septembre 2026. Elle y annonce que sa première échéance sera budgétaire, l'examen du projet de loi de finances pour 2027, dont elle juge les annonces pour les collectivités « problématiques ».

Magali Gasto-Oustric
Magali Gasto-Oustric
RDSE
Haute-Garonne

L'élue locale : une sous-préfecture, 104 communes, un futur parc naturel

Son parcours est entièrement commingeois. Saint-Gaudens d'abord, 12 139 habitants, sous-préfecture et chef-lieu du Comminges : élue conseillère municipale le 30 mars 2014, elle devient adjointe une semaine plus tard, le 6 avril, dans l'équipe de Jean-Yves Duclos, cadre territorial sans étiquette qui prend la mairie cette année-là. Elle l'est restée depuis. Le 15 mars 2026, la liste Duclos l'a emporté dès le premier tour avec 2 407 voix, 58,1 % des suffrages et 27 sièges sur 33, devant la liste du Rassemblement national de Loïc Delchard, 1 080 voix et 4 sièges, et celle de Françoise Poujardieu, 655 voix et 2 sièges. Magali Gasto-Oustric y est deuxième adjointe. Détail qui dit la petite taille du monde politique local : Loïc Delchard et sa colistière Elsa Loubet, ses opposants municipaux de mars, figuraient en septembre aux quatrième et cinquième places de la liste RN aux sénatoriales, 288 voix, aucun siège.

L'intercommunalité ensuite. La communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges est née le 1er janvier 2017 de la fusion de cinq intercommunalités, pour atteindre le seuil de population imposé par la loi NOTRe : 104 communes, 985 km², 44 243 habitants au recensement de 2022, soit 45 habitants au kilomètre carré, le siège à Saint-Gaudens. Selon Wikipédia, elle en prend la présidence le 11 juillet 2020, à la suite de Loïc Le Roux de Bretagne, qui l'avait présidée depuis sa création, et y est réélue le 7 avril 2026 après les municipales. Elle préside aussi, depuis 2026, le pôle d'équilibre territorial et rural Pays Comminges Pyrénées, qui fédère trois communautés de communes, la sienne, Cagire Garonne Salat et Pyrénées Haut-Garonnaises, et dont l'équipe doit, selon le PETR lui-même, rejoindre en 2026 le futur syndicat mixte du parc naturel régional Comminges Barousse Pyrénées.

Ce sont ces trois fonctions, et non ses mandats, que la loi lui interdit désormais. Depuis 2017, un parlementaire ne peut être ni adjoint au maire, ni président d'une intercommunalité, ni président d'un syndicat mixte. Elle dispose de trente jours après son élection pour s'en démettre, jusqu'au 27 octobre, et ne pourra conserver qu'un mandat local simple, celui de conseillère municipale de Saint-Gaudens. Les questions qu'elle posera au gouvernement diront ce qu'elle emporte de ces douze ans ; en attendant, on peut lire celles de la dernière radicale que la Haute-Garonne a envoyée au Sénat. Françoise Laborde, conseillère municipale de Blagnac, a siégé au RDSE de 2008 à 2020 et a posé, en novembre 2018, une question sur la dotation d'équipement des territoires ruraux du département.

« Non seulement les élus ruraux de ce département ont vu leur enveloppe globale baisser de 5 %, mais le gel de la réserve ministérielle de précaution est venu encore niveler par le bas les subventions d'investissement des communes. »

Question écrite du 22 novembre 2018 sur la baisse de la DETR en Haute-Garonne, de 13,99 millions d'euros en 2017 à 12,92 millions en 2018.

Françoise Laborde
Françoise Laborde
RDSE
Haute-Garonne, sénatrice 2008-2020

Discipline et présence : la page blanche, et le groupe le moins discipliné du Sénat

Le chapitre habituel de nos portraits est vide, et c'est une information. Depuis le 1er octobre, le Sénat n'a tenu aucun scrutin public nominatif : l'élection de son président, le 1er octobre, s'est faite à bulletin secret à la tribune, et le renouvellement des vice-présidents et questeurs, le 6 octobre, de même. Aucun taux de participation, aucun taux d'alignement ne peut donc être calculé pour Magali Gasto-Oustric. Son agenda officiel compte deux séances, celle du 1er octobre, où Gérard Larcher a été réélu, et celle du 6 octobre. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.

Le groupe qu'elle a rejoint, lui, a une histoire chiffrée, et elle est singulière. Le RDSE, héritier de la Gauche démocratique des radicaux de la IIIe République, revendique la liberté de vote de ses membres. Nos données le confirment : depuis octobre 2023, un membre du RDSE vote comme la majorité de son groupe dans 90,8 % des scrutins en valeur médiane, contre 99,4 % chez les socialistes, 98,5 % chez Les Républicains et 99,9 % chez les écologistes. C'est le groupe où l'appartenance prédit le moins le vote.

Le RDSE, groupe où l'on vote le moins souvent comme ses collègues : part médiane des scrutins où un sénateur vote comme la majorité de son propre groupe, depuis octobre 2023
Écologiste (GEST)
99,9 % (14 sénateurs)
Socialiste (SER)
99,4 % (52 sénateurs)
Communiste (CRCE-K)
99,2 % (18 sénateurs)
Les Républicains
98,5 % (97 sénateurs)
Union centriste (UCI)
95,6 % (59 sénateurs)
Les Indépendants
95,6 % (10 sénateurs)
RDPI (macronistes)
95,3 % (9 sénateurs)
RDSE (radicaux)
90,8 % (16 sénateurs)

Membres en exercice au 7 octobre 2026 ayant au moins 300 scrutins publics en commun avec leur groupe actuel ; les 63 entrants du 27 septembre n'ont encore aucun vote. Le groupe UNT (Rassemblement national, créé le 1er octobre) n'a qu'un membre mesurable et n'est pas représenté. Données : base NosParlementaires / data.senat.fr.

Le groupe sort pourtant renforcé du renouvellement, de 17 à 18 membres, alors qu'il perdait ses deux sénateurs de l'Hérault, Henri Cabanel et Christian Bilhac, qui ne se représentaient pas. Dix de ses sortants ont été réélus, et une seule des 63 nouvelles têtes du Sénat l'a rejoint, elle. Il compte 7 femmes sur 18, quand le Sénat en compte 135 sur 348 et les 63 entrants, 22. En séance, ses membres sont assidus : la participation médiane des sénateurs RDSE ayant siégé depuis 2023 est de 99,2 %, pour une médiane de 99,1 % dans l'ensemble du Sénat. Ses deux prédécesseurs radicaux de l'Hérault votaient avec le groupe à 94,8 % et 93,7 %, Françoise Laborde à 94,4 %, la présidente Maryse Carrère à 95,3 %. C'est à cette aune, et non à celle de la discipline socialiste de Claude Raynal, 99,8 %, que ses premiers votes seront lus. En novembre 2024, devant les maires réunis en congrès, la présidente du groupe résumait la doctrine de la maison.

« Fidèle à la Constitution, le Sénat est la maison des collectivités locales, une maison ouverte toute l'année à tous les élus qui maillent nos territoires. »

Question au gouvernement du 21 novembre 2024, semaine du congrès des maires et des présidents d'intercommunalité.

Maryse Carrère
Maryse Carrère
RDSE
Hautes-Pyrénées, présidente du groupe

Ses chantiers annoncés

🏛️
Rendre trois fonctions avant le 27 octobre
Présidence de la communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges, présidence du PETR Pays Comminges Pyrénées, poste de deuxième adjointe à Saint-Gaudens : toutes trois incompatibles avec le mandat. Les 104 communes éliront un nouveau président.
💶
Le budget 2027, « première échéance »
Le projet de loi de finances pour 2027 arrive au Sénat après l'Assemblée, à partir de la fin novembre. Elle a dit au Petit Journal y attendre les crédits des collectivités, dont elle juge les annonces « problématiques ».
🏭
Commission des affaires économiques
Constituée le 7 octobre : 51 membres, dont 12 nouveaux élus et 2 RDSE, elle et Jean-Jacques Michau, sénateur de l'Ariège voisine. Agriculture, énergie, logement, commerce : les compétences d'une intercommunalité rurale.
🏔️
Le parc naturel régional sans elle
Le PETR qu'elle préside prépare le syndicat mixte du futur parc naturel régional Comminges Barousse Pyrénées, prévu en 2026. La loi lui interdit d'en prendre la présidence ; elle pourra le défendre au Sénat.
La nuance. Aucun des chiffres de ce portrait n'est encore le sien : ce sont ceux de son élection, de son territoire et de son groupe. Le siège s'est joué à 72 voix de moyenne, et le groupe qu'elle rejoint est précisément celui dont les votes se prédisent le moins, 90,8 % d'alignement médian. Dire qu'elle « votera RDSE » ne renseigne donc qu'à moitié. Son mandat court jusqu'en septembre 2032 ; ses premiers scrutins publics, ses amendements et ses questions s'afficheront sur sa fiche à mesure que le Sénat les publiera.

Parcours express

17 décembre 1978
Naissance. Études à l'université Toulouse-Capitole selon Wikipédia ; formatrice et chargée de clientèle en assurance.
30 mars 2014
Élue conseillère municipale de Saint-Gaudens sur la liste de Jean-Yves Duclos, qui prend la mairie. Adjointe au maire le 6 avril.
1er janvier 2017
Création de la communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges par fusion de cinq intercommunalités : 104 communes, siège à Saint-Gaudens.
11 juillet 2020
Élue présidente de la communauté de communes, à la suite de Loïc Le Roux de Bretagne.
15 mars 2026
Réélue à Saint-Gaudens au premier tour avec la liste Duclos, 58,1 % et 27 sièges sur 33 ; deuxième adjointe.
7 avril 2026
Réélue présidente de Cœur et Coteaux du Comminges. Dans l'année, elle prend aussi la présidence du PETR Pays Comminges Pyrénées.
6 août 2026
La liste « Agir ensemble pour nos communes et nos territoires » est dévoilée : PS, Radicaux de gauche d'Occitanie et Place publique. Elle est deuxième, derrière Thierry Suaud, devant le député Jacques Oberti.
27 septembre 2026
827 voix, 25,6 %, deux sièges. Élue sénatrice de la Haute-Garonne au cinquième et dernier siège, avec Thierry Suaud, Marc Péré, Pierre Médevielle et Brigitte Micouleau.
1er octobre 2026
Entre au Sénat. Séance d'ouverture de la session et réélection de Gérard Larcher à la présidence.
5 octobre 2026
Membre du groupe du RDSE, 18 sénateurs, présidé par Maryse Carrère. Seule entrante du 27 septembre à le rejoindre.
7 octobre 2026
Constitution des commissions permanentes : elle siège à la commission des affaires économiques.
27 octobre 2026
Date limite pour quitter la présidence de la communauté de communes, celle du PETR et son poste d'adjointe.

Ses premiers votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Magali Gasto-Oustric à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales en Haute-Garonne, le portrait de Thierry Suaud, sa tête de liste, la composition des dix groupes du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.