- Sénateur de la Haute-Garonne depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre à la tête de la liste « Agir ensemble pour nos communes et nos territoires » (Parti socialiste, Radicaux de gauche, Place publique) : 827 voix, 25,6 % des 3 236 suffrages exprimés, deux sièges sur cinq. Membre du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain depuis le 5 octobre.
- Né le 3 janvier 1968, il a 58 ans. Il est plus jeune que 209 des 348 sénateurs et plus âgé que 37 des 63 élus entrés avec lui au Palais du Luxembourg. L'âge médian du Sénat est de 61 ans.
- Maire de Portet-sur-Garonne depuis mars 2008, 9 800 habitants au sud de Toulouse, réélu en 2014, en 2020 et le 15 mars 2026, seul en lice, avec 2 696 voix sur 2 696 exprimés. Attaché territorial de profession, il fut, selon le Journal Toulousain, le chargé de communication de son prédécesseur François Péraldi.
- Conseiller départemental du canton de Portet-sur-Garonne depuis juin 2021, élu au second tour avec 73 % des voix en binôme avec Annie Vieu. Conseiller régional de Midi-Pyrénées puis d'Occitanie de 2004 à 2021.
- Président du syndicat départemental d'énergie de la Haute-Garonne (SDEHG, 585 communes et Toulouse Métropole) depuis octobre 2020, réélu le 30 juin 2026 ; premier vice-président du Muretain Agglo ; vice-président de Tisséo, l'autorité des transports toulousains.
- Il n'a jamais siégé au Parlement : au 6 octobre, notre base ne lui compte aucun vote, aucun amendement, aucune question. Il a trente jours depuis son élection pour quitter ses quatre fonctions exécutives locales, mairie comprise.
Mardi 6 octobre, le Sénat désigne ses vice-présidents et ses questeurs, puis publie la composition de ses sept commissions permanentes, qui se constituent mercredi matin. Thierry Suaud y découvrira la sienne. Le maire socialiste de Portet-sur-Garonne, 58 ans, est l'un des trois nouveaux sénateurs de la Haute-Garonne et l'un des noms les plus recherchés de cette rentrée parlementaire. Son bilan au Palais du Luxembourg tient en un chiffre, zéro. Mais son élection, ses dix-huit ans de mairie et le siège socialiste qu'il reprend, celui de Claude Raynal, président de la commission des finances jusqu'au 30 septembre, se mesurent. En données.
Deux sièges avec un quart des voix, le second au dernier tour de table
La Haute-Garonne élit ses cinq sénateurs à la proportionnelle, et le 27 septembre, dix listes se présentaient devant 3 325 grands électeurs, dont 3 270 ont voté. La liste de Thierry Suaud arrive deuxième avec 827 voix, derrière l'union de la droite et du centre conduite par Pierre Médevielle et Brigitte Micouleau, les deux sortants, à 1 023 voix. Chacune obtient deux sièges. Le cinquième va à Marc Péré, maire de L'Union, dont la liste soutenue par La France insoumise et les écologistes recueille 445 voix.
Le second siège de sa liste, celui de sa colistière Magali Gasto Oustric, adjointe au maire de Saint-Gaudens et présidente de la communauté de communes Cœur et Coteaux du Comminges, est le dernier des cinq attribués. À la plus forte moyenne, il se joue à 413,5 voix contre 341 pour un troisième siège de la liste Médevielle et 318 pour la liste de Dominique Faure, ancienne ministre chargée des Collectivités territoriales. Le socialiste doit donc son deuxième élu à moins de 73 voix de moyenne près, et la délégation départementale, qui comptait deux élus de gauche sur cinq, en compte désormais trois : « la majorité du département passe à gauche », titrait La Dépêche au soir du scrutin.
Têtes de liste et nuances du ministère de l'Intérieur. Sièges attribués à la plus forte moyenne : le cinquième et dernier revient à la liste de Thierry Suaud (moyenne de 413,5 voix) devant un troisième siège pour la liste Médevielle (341) et la liste de Dominique Faure (318). Calcul NosParlementaires à partir des résultats officiels.
Cette victoire est aussi un rétrécissement. La Haute-Garonne comptait deux sénateurs socialistes, Claude Raynal et Émilienne Poumirol, qui ne se représentaient pas, comme le Républicain Alain Chatillon. Elle n'en a plus qu'un au groupe Socialiste, Écologiste et Républicain : Magali Gasto Oustric a rejoint le 5 octobre le groupe du RDSE, celui des radicaux, et Marc Péré le groupe écologiste. Avant d'être tête de liste, Thierry Suaud a dû l'emporter en interne : le 21 mai, les militants socialistes l'ont préféré au député Jacques Oberti, qui briguait la première place et a pris la troisième, par 645 voix contre 16. Il s'en est expliqué dans La Dépêche, quatre jours avant le vote.
« Si aujourd'hui, je brigue ce mandat, c'est parce que j'ai un parcours d'élu local. Je puise ma force dans ce que j'ai fait. »
Sur sa candidature. Déclaration à La Dépêche du Midi, 23 septembre 2026.
L'élu local : 585 communes, un réseau de transports et une ville
Le parcours tient en trois cercles concentriques. La ville d'abord : Portet-sur-Garonne, 9 800 habitants, où il succède en mars 2008 à François Péraldi, maire socialiste depuis 1977. Selon le portrait que lui consacrait le Journal Toulousain en 2014, ce fils de militaire né en Centrafrique, licencié d'histoire et titulaire d'une maîtrise de science politique, y avait été le chargé de communication de son prédécesseur dès ses 26 ans. Réélu en 2014, avec 65 % des voix selon le même journal, puis en 2020, il l'a été une quatrième fois le 15 mars 2026, sans adversaire : une seule liste, 2 696 suffrages exprimés sur 3 038 votants, 29 sièges sur 29. Les grands électeurs qui l'ont élu six mois plus tard sont, pour l'essentiel, des conseillers municipaux.
Le département ensuite. Conseiller régional dès 2004, il devient conseiller départemental du canton de Portet-sur-Garonne en juin 2021, en binôme avec Annie Vieu, avec 44,5 % au premier tour puis 73 % au second face au Rassemblement national. En octobre 2020, il prend la présidence du syndicat départemental d'énergie de la Haute-Garonne, le SDEHG, qui gère pour 585 communes et Toulouse Métropole l'éclairage public, la distribution d'électricité et les énergies renouvelables, un poste qu'occupait Pierre Izard, l'ancien président du conseil général. Il y a été réélu le 30 juin 2026 par les 260 délégués du comité syndical. C'est de ce poste qu'il écrivait, à l'automne 2022, à la ministre de la Transition énergétique.
« Dernièrement, le prix de l'électricité a dépassé les 1 000 € du mégawattheure pour 2023, soit 12 fois plus qu'en 2022. »
Lettre à Agnès Pannier-Runacher sur la facture d'électricité des communes, 19 septembre 2022, citée par La Lettre M.
L'agglomération enfin : premier vice-président du Muretain Agglo, vice-président de Tisséo, l'autorité organisatrice des transports de l'aire toulousaine. Ce sont ces fonctions, et non les mandats, que la loi lui interdit désormais : depuis 2017, un parlementaire ne peut être ni maire, ni adjoint, ni président ou vice-président d'une intercommunalité ou d'un syndicat mixte. Il dispose de trente jours après son élection pour s'en démettre, soit jusqu'au 27 octobre. Il ne pourra conserver, en plus de son siège de sénateur, qu'un seul mandat local, conseiller municipal de Portet ou conseiller départemental. Les thèmes de ses futures questions et amendements, eux, restent à écrire ; sa fiche les recensera à mesure que le Sénat les publiera.
Discipline et présence : la page blanche, et le siège de Claude Raynal
Le chapitre habituel de nos portraits est ici vide, et c'est une information. Depuis le 1er octobre, le Sénat n'a tenu qu'un scrutin, l'élection de son président, à bulletin secret à la tribune, qui n'entre pas dans les scrutins publics nominatifs. Aucun taux de participation, aucun taux d'alignement sur son groupe ne peut donc être calculé pour Thierry Suaud. Son agenda officiel ne compte qu'un rendez-vous, la séance d'ouverture du 1er octobre, au cours de laquelle Gérard Larcher a été réélu. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Le siège socialiste qu'il reprend, lui, a une histoire chiffrée. Depuis octobre 2023, Claude Raynal, sénateur depuis 2014 et ancien maire de Tournefeuille, a pris part à 874 des 909 scrutins publics, soit 96,1 %, quand la médiane des 386 sénateurs ayant siégé sur toute la période est à 98,9 % : la présidence de la commission des finances, qu'il a occupée de 2020 à 2026, retient souvent loin de l'hémicycle. Il a voté comme la majorité de son groupe dans 99,8 % des cas, déposé 31 amendements en premier signataire et en a cosigné 936, posé 35 questions depuis 2018 et signé 34 rapports. L'une de ses dernières questions écrites, en mai 2025, portait sur le financement de la rénovation de l'éclairage public, le cœur de métier du syndicat que préside son successeur. Le 9 juillet, à la dernière séance de questions au gouvernement de la session, il faisait ses adieux à l'hémicycle.
« Nous avons connu une période un peu folle sur le plan des finances publiques. Lois spéciales, services votés, ordonnances, nous avons dû réinventer et revoir toutes ces notions. »
Question au gouvernement du 9 juillet 2026, dernière séance de la session.
Les points de comparaison existent déjà. Selon notre base, 63 sénateurs sont entrés au Palais du Luxembourg le 27 septembre ; au moins 18 étaient maires et devront, comme lui, rendre leur écharpe. Trois sénateurs seulement, dont lui, se déclarent attachés territoriaux. Dans son groupe, qui compte 62 membres, Claude Raynal et Émilienne Poumirol votaient avec la majorité socialiste dans plus de 99,6 % des scrutins. C'est à cette aune que ses premiers votes seront lus.
Ses chantiers annoncés
Parcours express
« Maire est une fonction que j'ai portée et qui m'a porté. C'est mon socle. Je mesure la chance de l'avoir exercée pendant 18 ans. »
Sur la fonction qu'il doit quitter. Déclaration à La Dépêche du Midi, 2 octobre 2026.
Ses premiers votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Thierry Suaud à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales en Haute-Garonne, la composition des dix groupes du nouveau Sénat, les 43 sortants qui ne se représentaient pas, dont Claude Raynal, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.