- Sénatrice des Bouches-du-Rhône depuis le 1er octobre 2026, élue le 27 septembre à la tête de la liste d'union du Rassemblement national et de l'UDR « Au service des communes pour défendre les Bouches-du-Rhône » : 685 voix, 18,88 % des 3 629 suffrages exprimés, deuxième liste du département, deux sièges sur huit, pour elle et pour Fabien Bravi. Membre du groupe Union nationale pour les territoires, le premier groupe RN du Sénat, et de la commission des affaires économiques depuis le 7 octobre.
- Née le 21 juillet 1957, elle a 69 ans : plus âgée que 278 des 348 sénateurs, la deuxième du groupe UNT après Léon Levasseur. Ancienne aide-soignante devenue éleveuse de bovins à Maussane-les-Alpilles, retraitée du régime agricole.
- Élue locale de la droite depuis 2015 : conseillère départementale du canton de Salon-de-Provence-1 avec Henri Pons, maire d'Eyguières (61,2 % en 2015, 64,7 % en 2021), vice-présidente du Parc naturel régional des Alpilles de 2015 à 2021, cinquième vice-présidente du Département chargée des routes à partir de juillet 2021, dans la majorité de Martine Vassal. Conseillère municipale d'opposition à Maussane depuis 2017.
- Passée des Républicains au RN : elle quitte LR après la dissolution de juin 2024, adhère au Rassemblement national « quelques semaines » avant d'être présentée, le 18 mai 2026, comme tête de liste par le député Franck Allisio, et rend le jour même sa délégation départementale.
- Battue aux municipales de mars 2026 à Maussane-les-Alpilles, où sa liste « Vivre Maussane » recueille 672 voix, 46,4 %, et quatre sièges d'opposition, six mois avant d'être élue sénatrice.
- Elle n'a jamais siégé au Parlement : au 7 octobre, notre base ne lui compte aucun vote, aucun amendement, aucune question. Elle prend, avec Fabien Bravi, les deux sièges que la droite et le centre perdent dans le département, dont celui de Stéphane Ravier, sénateur d'extrême droite battu avec 265 voix.
Le 19 mai 2026, Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, balayait devant Public Sénat l'objectif que le Rassemblement national venait d'afficher dans les Bouches-du-Rhône : « Ils ne prendront pas le deuxième siège, c'est mort. » Le 27 septembre, la liste conduite par Marie-Pierre Callet a pris les deux, et Renaud Muselier a obtenu le sien à la dernière moyenne. Mercredi 7 octobre, l'éleveuse de Maussane-les-Alpilles, qui siégeait quinze mois plus tôt dans la majorité départementale de Martine Vassal, a rejoint la commission des affaires économiques, celle de l'agriculture. À 69 ans, elle est l'une des cinq élues passées par Les Républicains que compte le premier groupe RN de l'histoire du Sénat. Son bilan parlementaire tient en un chiffre, zéro. Son élection, son parcours et le siège qu'elle reprend, eux, se mesurent.
Deux sièges sur huit, et un sortant d'extrême droite battu
Les Bouches-du-Rhône élisent huit sénateurs à la proportionnelle, l'un des plus gros contingents du pays : 3 694 grands électeurs, 3 659 votants, neuf listes. La gauche unie de Jérémy Bacchi arrive en tête avec 1 008 voix et garde ses trois sièges. La liste RN-UDR suit, 685 voix, devant celle de Brigitte Devésa et Renaud Muselier, l'union de l'UDI et de Renaissance, 581 voix, et celle de Valérie Boyer, investie par Les Républicains, 395 voix, un seul siège : nous avions détaillé son bilan et la division de la droite avant le scrutin. Au quotient de 453,6 voix, la liste Callet obtient un siège direct ; sa moitié, 342,5, lui en donne un second à la plus forte moyenne, le sixième attribué, juste devant le troisième siège de la gauche (336) et le second de la liste Devésa (290,5).
Têtes de liste et nuances du ministère de l'Intérieur. Quotient électoral 453,6 : trois sièges au quotient (gauche 2, Callet 1, Devésa 1 : la gauche en obtient deux, 1 008 ÷ 453,6), puis cinq à la plus forte moyenne : 504 (gauche), 395 (Boyer), 342,5 (second siège RN-UDR, Fabien Bravi), 336 (troisième siège de gauche), 290,5 (second siège Devésa, Renaud Muselier). Moyennes suivantes : 265 (Ravier), 252, 249. Calcul NosParlementaires.
Le siège d'extrême droite du département changeait de mains en même temps que d'étiquette. Stéphane Ravier, sénateur depuis 2014, trente et un ans au Front puis au Rassemblement national avant de rejoindre Reconquête en février 2022, puis de fonder son mouvement Marseille d'abord, n'a pas été investi : « Il a quitté le mouvement. On ne va pas soutenir quelqu'un qui a quitté le parti », expliquait un cadre du RN à Public Sénat en mai. Candidat sans étiquette, il recueille 265 voix, 7,3 %, et aucun siège ; il lui en manquait 26 pour disputer le dernier à Renaud Muselier. L'arithmétique de la plus forte moyenne dit l'autre face de cette division : ajoutées aux 685 de la liste Callet, ses 265 voix auraient donné trois sièges à l'extrême droite, le troisième pris à Valérie Boyer. Renaud Muselier l'avait prédit en creux : « La division à l'extrême droite m'arrange, en fait. »
« Ils ne prendront pas le deuxième siège, c'est mort. […] La division à l'extrême droite m'arrange, en fait. »
Sur l'objectif de deux sièges affiché par le RN dans les Bouches-du-Rhône, quatre mois avant le scrutin. Public Sénat, 19 mai 2026. Il a été élu le 27 septembre en huitième et dernière position.
De la majorité de Martine Vassal à la tête de liste du RN
Son parcours est celui d'une élue de la droite départementale. Aide-soignante devenue éleveuse de bovins à Maussane-les-Alpilles, dans la vallée des Baux, elle est élue en mars 2015 conseillère départementale du canton de Salon-de-Provence-1, en binôme avec Henri Pons, le maire d'Eyguières, sous l'étiquette de l'union de la droite, avec 61,2 % au second tour ; le binôme est réélu en 2021 avec 64,7 % face au RN. De 2015 à 2021, elle est vice-présidente du Parc naturel régional des Alpilles ; depuis 2017, elle siège dans l'opposition municipale de Maussane ; sa fiche au Sénat mentionne aussi une vice-présidence de la communauté de communes Vallée des Baux-Alpilles et un siège au conseil d'administration de la Compagnie nationale du Rhône. Le 1er juillet 2021, Martine Vassal, réélue à la tête du Département, la nomme cinquième vice-présidente, chargée des routes : la voirie départementale, et autant d'occasions de rencontrer les maires.
C'est précisément ce que le Rassemblement national a acheté. « En étant en charge de la voirie départementale, elle connaît beaucoup d'élus », confiait un stratège du parti à Public Sénat ; pour Franck Allisio, chef de file du RN dans le département, elle avait « le profil idéal ». Elle avait quitté Les Républicains après la dissolution de l'Assemblée nationale, en juin 2024, et n'était adhérente du RN que « depuis quelques semaines » quand, le 18 mai 2026, elle est présentée à ses côtés comme tête de la liste commune RN-UDR. Le jour même, elle adresse à la présidence du Département la lettre par laquelle elle rend sa délégation ; le 2 juin, Martine Vassal retire aussi les leurs à deux autres vice-présidentes passées à l'UDR, Laure-Agnès Caradec et Valérie Guarino, au motif que l'exercice d'une fonction exécutive suppose l'adhésion à la majorité et à son action. Laure-Agnès Caradec figurera en septième position de la liste Callet.
« Plus d'une vingtaine d'élus LR du département nous ont rejoints. »
Le député Franck Allisio, en présentant Marie-Pierre Callet comme tête de liste du RN et de l'UDR. France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, 18 mai 2026.
Sa liste dit la stratégie : derrière elle, Fabien Bravi, 41 ans, ancien attaché parlementaire de Renaud Muselier et ancien conseiller au cabinet de Martine Vassal à la métropole, passé au RN début 2025, candidat battu de justesse aux municipales de Vitrolles en mars 2026 ; puis quatre députés RN du département, Joëlle Mélin, Romain Tonussi, Emmanuel Fouquart et José Gonzalez, en positions non éligibles. Deux têtes d'affiche venues de la droite, des parlementaires en soutien : au soir du 27 septembre, elle a salué une « victoire collective ».
« [Une] victoire collective […], un signal fort des grands électeurs pour 2027. »
Au soir du scrutin, après l'annonce des deux sièges. Made in Marseille, 27 septembre 2026. Franck Allisio parlait d'une « victoire historique », Fabien Bravi d'un « dernier défi avant la présidentielle ».
Discipline et présence : la page blanche, et le bilan de Stéphane Ravier
Le chapitre habituel de nos portraits est vide, et c'est une information. Depuis le 1er octobre, le Sénat n'a tenu aucun scrutin public nominatif : l'élection de son président, le 1er octobre, et celle des vice-présidents et questeurs, le 6, se sont faites à bulletin secret. Aucun taux de participation, aucun taux d'alignement ne peut donc être calculé pour Marie-Pierre Callet. Son agenda officiel compte trois séances, celle du 1er octobre, où Gérard Larcher a été réélu, et les deux du 6. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Le groupe qu'elle a rejoint le 5 octobre n'a pas d'historique non plus. Le groupe Union nationale pour les territoires compte quinze membres de plein droit, onze élus le 27 septembre, sept femmes, présidé par Edwige Diaz ; seuls Aymeric Durox, Joshua Hochart et Christopher Szczurek, élus en 2023, ont des votes derrière eux : non inscrits, ils n'ont pris part qu'à 28 % des 909 scrutins publics depuis octobre 2023, et quand ils votaient, c'était comme la majorité du groupe LR dans 59 à 60 % des cas. Avec un groupe, les bulletins de ses membres absents sont désormais déposés : c'est à cette aune que les premiers votes de l'ancienne élue LR seront lus, face à un groupe Les Républicains dont la discipline médiane est de 98,4 %. Dans sa commission, les affaires économiques, 12 des 51 membres sont des entrants et elle est l'une des deux élus UNT.
Le siège qu'elle reprend, lui, a un bilan, et il est mince. Depuis octobre 2023, Stéphane Ravier, non inscrit, a pris part à 126 des 909 scrutins publics, 13,9 %, quand la médiane du Sénat est de 98,9 %. Il a déposé 82 amendements en premier signataire, pour l'essentiel sur les lois immigration (80) et sur le respect des principes de la République (26), dont 10 adoptés sur les 140 qu'il a signés, et posé 100 questions depuis 2017, de la surpopulation carcérale des Bouches-du-Rhône à la « part des binationaux dans la délinquance ». Condamné en février 2026 pour prise illégale d'intérêts, décision confirmée en appel, et pour favoritisme, à trois mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité, il conteste ces décisions. Sa dernière question écrite, le 25 décembre 2025, portait sur l'élevage bovin, le métier de celle qui lui succède.
« Le traité de libre-échange conclu par la Commission européenne avec le Mercosur menace notre agriculture de concurrence déloyale et particulièrement la filière bovine, tout en sachant que nous importons déjà 25 % de la viande bovine que nous consommons. »
Question écrite du 25 décembre 2025 sur la souveraineté alimentaire, la dermatose nodulaire, le Mercosur et la baisse de la politique agricole commune.
Ses chantiers annoncés
Parcours express
Ses premiers votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Marie-Pierre Callet à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, le portrait de Valérie Boyer, les quinze membres du groupe RN du Sénat, la composition des groupes du nouveau Sénat, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.