- Le Sénat compte 348 sièges, dont 178 ont été renouvelés le 27 septembre 2026. Son Règlement exige au moins 10 membres pour former un groupe politique.
- Le Rassemblement national n'avait que 3 sénateurs, élus en 2023 et classés parmi les non-inscrits. Le 27 septembre, ses listes en font élire 9 autres. L'UDR d'Éric Ciotti, son alliée, en obtient 2 dans les Alpes-Maritimes.
- Avec le ralliement de Sylvie Goy-Chavent, sénatrice de l'Ain qui siégeait au groupe Les Républicains, le groupe annonce 15 membres. C'est le premier groupe RN de l'histoire du Sénat.
- Il s'appelle « Union nationale pour les territoires » et sera présidé par Edwige Diaz, sénatrice de la Gironde, a annoncé Joshua Hochart sur Public Sénat le 1er octobre.
- Les groupes remettent la liste de leurs membres à la présidence du Sénat lundi 5 octobre avant 16 heures. Tant qu'elle n'est pas déposée, la liste ci-dessous reste celle des élus annoncés.
Quinze noms, et parmi eux cinq élus qui ont fait une partie de leur carrière sous l'étiquette des Républicains. Le groupe que le Rassemblement national et l'UDR forment au Sénat, « Union nationale pour les territoires », doit remettre sa liste de membres à la présidence ce lundi 5 octobre avant 16 heures. Il réunit « 12 élus du RN et 3 élus de l'Union des droites pour la République », selon Public Sénat. Lundi matin, le site du Sénat ne publiait encore que les groupes des 170 sénateurs non renouvelés. Voici, nom par nom, les membres annoncés, et ce que nos données disent de ceux qui ont déjà siégé au Parlement.
Les 15 sénateurs annoncés, nom par nom
La liste se reconstitue à partir des résultats officiels du 27 septembre et des annonces des deux partis. Douze élus portent l'étiquette du RN : les trois sénateurs de 2023 et neuf élus de 2026. Les trois autres sont les deux élus de la liste UDR des Alpes-Maritimes et Sylvie Goy-Chavent, réélue sous l'étiquette divers droite dans l'Ain, dont Éric Ciotti a salué l'arrivée dans « notre groupe UDR-RN ».
| Sénateur | Étiquette | D'où il vient |
|---|---|---|
| Edwige DiazGironde | RN | Présidente annoncée du groupe. Députée de 2022 à 2026, vice-présidente du RN |
| Aymeric DuroxSeine-et-Marne | RN | Sénateur depuis 2023 |
| Joshua HochartNord | RN | Sénateur depuis 2023 |
| Christopher SzczurekPas-de-Calais | RN | Sénateur depuis 2023 |
| Frank GilettiVar | RN | Député de 2022 à 2026 |
| Sylvie JosserandGard | RN | Députée de 2024 à 2026, avocate à Nîmes |
| Manon BouquinHérault | RN | Députée de 2024 à 2026 |
| Marie-Pierre CalletBouches-du-Rhône | RN | Conseillère départementale, ancienne vice-présidente du département. A quitté LR en 2024 |
| Léon LevasseurSeine-Maritime | RN | Ancien maire de Cailly, ancien du RPR et de LR, au RN depuis 2019 |
| Fabien BraviBouches-du-Rhône | RN | Conseiller municipal de Vitrolles, ancien collaborateur d'élus de droite |
| Carine LeroyVar | RN | Adjointe au maire de Fréjus |
| Thierry d'AigremontVaucluse | RN | Adjoint au maire de Carpentras, conseiller régional |
| Laurent CastilloAlpes-Maritimes | UDR | Chirurgien à Nice, élu député européen en 2024 sur la liste LR |
| Gaëlle FrontoniAlpes-Maritimes | UDR | Adjointe au maire de Nice, vice-présidente du département. A quitté LR pour l'UDR |
| Sylvie Goy-ChaventAin | Divers droite, ex-LR | Sénatrice depuis 2008, membre du groupe LR jusqu'au 30 septembre 2026 |
Cinq élus passés par Les Républicains
Le cas le plus récent est celui de Sylvie Goy-Chavent. Sénatrice de l'Ain depuis 2008, elle a siégé au groupe Union centriste jusqu'en 2019, puis au groupe Les Républicains d'octobre 2020 au 30 septembre 2026. Privée de l'investiture de son parti, elle a été réélue le 27 septembre à la tête d'une liste divers droite, avec 419 voix. Le RN ne présentait pas de liste dans le département. Son frère, Marc Chavent, est député UDR de l'Ain. Nous avions détaillé son mandat en données avant le scrutin.
« Dans l'état actuel de la France, on ne peut pas se permettre de travailler uniquement avec des gens des Républicains. »
Au Progrès, le 17 juillet 2026, en annonçant sa candidature à un quatrième mandat à la tête d'une liste divers droite.
Son ralliement a été confirmé le 28 septembre par le député RN Sébastien Chenu, rapporte Le Journal du dimanche. Le lendemain, Éric Ciotti l'a salué sur X en ajoutant que « d'autres sénateurs vont bientôt suivre son exemple ». Le dépôt des listes dira si c'est le cas.
Les deux élus UDR des Alpes-Maritimes ont suivi Éric Ciotti hors des Républicains. Laurent Castillo, chirurgien à Nice, a été élu député européen en 2024 sur la liste LR. Gaëlle Frontoni, proviseure, adjointe au maire de Nice, expliquait en juillet à Nice-Matin avoir « quitté les Républicains lorsqu'Éric Ciotti a créé l'UDR ». Leur liste a recueilli 829 voix et deux des cinq sièges du département.
Deux élus du RN viennent aussi de la droite. Marie-Pierre Callet, tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, était vice-présidente du conseil départemental dans la majorité de Martine Vassal. Elle a quitté LR en 2024 et n'était membre du RN que depuis quelques semaines à son investiture, en mai, selon Public Sénat. Léon Levasseur, 76 ans, ancien maire de Cailly élu en Seine-Maritime, se présentait en 2021 comme « ancien RPR et LR ». Il a rejoint le RN en 2019. Son colistier des Bouches-du-Rhône, Fabien Bravi, n'a pas été élu sous l'étiquette LR, mais il a travaillé dans les cabinets de plusieurs élus de la droite marseillaise, d'après Marsactu.
Sylvie Goy-Chavent a voté 873 fois sur 895 comme le groupe LR
Depuis octobre 2023, le Sénat a tenu 909 scrutins publics. Sylvie Goy-Chavent a pris position dans 895 d'entre eux. Dans 873 cas, soit 97,5 %, sa position est celle de la majorité du groupe Les Républicains. Au moins un des trois sénateurs RN s'est prononcé à 265 de ces scrutins seulement. Sur les 262 où elle et eux ont voté, leur position est la même 153 fois. Mais 152 de ces 153 accords sont des scrutins où le RN votait lui-même comme la majorité du groupe LR.
Restent les 107 scrutins où les sénateurs RN et la majorité du groupe LR ont voté différemment, et auxquels elle a pris part. Elle y est comptée 101 fois avec LR et une seule fois avec le RN : le 11 mai 2026, contre l'article 2 de la proposition de loi sur l'aide à mourir. Les cinq autres fois, elle s'est abstenue quand LR votait pour et le RN contre. Trois de ces abstentions portent sur le budget de la Sécurité sociale, une sur le budget de l'État pour 2025, une sur la programmation de l'énergie.
Le budget de la Sécurité sociale pour 2026, adopté par le Sénat le 26 novembre 2025, en donne l'image : Les Républicains votent pour, les trois sénateurs RN contre, Sylvie Goy-Chavent s'abstient. Son nom se cherche dans le module ci-dessous.
Ces chiffres mesurent la discipline d'un groupe autant que les convictions d'une élue. Au Sénat, lors d'un scrutin public, chaque groupe vote le plus souvent pour l'ensemble de ses membres, présents ou non. C'est ce qui change pour elle : ses bulletins seront désormais déposés avec ceux du groupe RN-UDR, et les 107 scrutins de désaccord donnent la mesure de l'écart.
Quatre députés quittent l'Assemblée, trois sénateurs sortent de l'isolement
Edwige Diaz, Frank Giletti, Sylvie Josserand et Manon Bouquin étaient députés RN jusqu'à leur élection. Leurs suppléants les remplacent au Palais-Bourbon. Sur les 8 434 scrutins publics de la législature tenus avant leur départ, Edwige Diaz a voté 5 026 fois (59,6 %), Manon Bouquin 3 939 fois (46,7 %), Sylvie Josserand 2 953 fois (35,0 %) et Frank Giletti 2 075 fois (24,6 %). La future présidente du groupe a par ailleurs voté pour l'aide à mourir contre la majorité des députés RN, comme le montre son portrait en données.
Aymeric Durox, Joshua Hochart et Christopher Szczurek siègent depuis 2023 parmi les non-inscrits. Sans groupe pour porter leurs voix en leur absence, ils n'ont pris part qu'à 257, 254 et 260 des 909 scrutins publics, soit 28 % en moyenne. Quand ils votaient, c'était comme la majorité du groupe LR dans 157 cas sur 265. Leurs bilans sont détaillés dans les portraits de Joshua Hochart et d'Aymeric Durox.
« Des sénateurs respectueux de l'institution, aucune envie d'aller bordéliser l'institution. Par contre, on a été élus en 2023 comme en 2026, pour aller porter une voix différente pour pouvoir porter des nouveaux projets. »
Sur le plateau de Public Sénat, le 1er octobre 2026, en annonçant le nom du groupe.
Neuf élus du Sud-Est, six sans aucun mandat parlementaire
Neuf des quinze membres annoncés viennent de six départements du Sud-Est : Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Gard et Hérault. Les six autres sont élus dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Seine-et-Marne, la Gironde, la Seine-Maritime et l'Ain. Le groupe compte sept femmes et huit hommes. Sa moyenne d'âge est de 53 ans, contre près de 60 pour l'ensemble des 348 sénateurs : la benjamine, Manon Bouquin, a 34 ans, le doyen, Léon Levasseur, 76.
Six d'entre eux n'ont jamais siégé dans un parlement, national ou européen : Marie-Pierre Callet, Fabien Bravi, Gaëlle Frontoni, Léon Levasseur, Carine Leroy et Thierry d'Aigremont. Tous détiennent ou ont détenu un mandat local.
« Musée des horreurs » : l'accueil du président des sénateurs socialistes
L'arrivée du groupe a été commentée dès le soir du scrutin par Patrick Kanner, président du groupe socialiste, sur Public Sénat.
« Nous garderons une opposition constructive avec un objectif qui est de contenir les excès, pour ne pas dire le musée des horreurs, qui va rentrer au Sénat par le biais d'un groupe d'extrême droite. »
Sur Public Sénat, le soir du scrutin, dimanche 27 septembre 2026.
Éric Ciotti y a vu, sur X, « un comportement anti-républicain inadmissible qui doit être sanctionné par la présidence du Sénat ». La droite et le centre, eux, conservent la majorité : 231 sièges sur 348 selon notre décompte par bloc, que les listes de ce lundi viendront préciser groupe par groupe.
Ce que le groupe change
Avec 15 membres, le groupe pèserait 4,3 % des sièges. Selon la projection publiée par Public Sénat après le scrutin, à valeur indicative, il devancerait le RDSE et le groupe écologiste, attendus à 13 ou 14 membres chacun, et suivrait de près le groupe macroniste RDPI, attendu entre 16 et 18. Nous avions détaillé ces outils et les scrutins serrés des trois dernières années dans notre analyse du seuil de dix sénateurs.
Les étapes
Chacun des quinze a sa fiche sur NosParlementaires, avec ses votes, ses amendements et ses questions à mesure qu'ils s'accumuleront : retrouvez les 348 sénateurs, ou cherchez les vôtres dans la liste des sénateurs par département.