- Sénatrice Les Républicains des Bouches-du-Rhône depuis le 1er octobre 2020, membre de plein droit du groupe LR. Née le 11 juin 1962 à Bourges, 64 ans.
- Diplômée de Sciences Po Aix et de l'École nationale supérieure de sécurité sociale, cadre de santé de profession.
- Députée des Bouches-du-Rhône de 2007 à 2020 (8e puis 1re circonscription), adjointe au maire de Marseille de 2008 à 2014, puis maire du 6e secteur (11e-12e arrondissements) de 2014 à 2017.
- Fait d'armes le plus connu : la loi de 2012 réprimant la négation des génocides, votée par les deux chambres puis censurée par le Conseil constitutionnel le 28 février 2012 au nom de la liberté d'expression.
- Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat.
- Son siège est remis en jeu le 27 septembre 2026 : elle a quitté la liste d'union de la droite et du centre pour conduire sa propre liste.
Le 27 septembre, les grands électeurs des Bouches-du-Rhône éliront huit sénateurs — le plus gros contingent remis en jeu dans le sud. La sortante Valérie Boyer y sera, mais pas là où la droite l'attendait : investie le 25 juin en troisième position sur la liste d'union UDI-Renaissance-LR menée par la centriste Brigitte Devésa, avec Renaud Muselier en deuxième, elle a claqué la porte le 16 juillet pour conduire sa propre liste. « C'est la tête de liste qui colore la liste », a-t-elle justifié dans Public Sénat, dénonçant un accord déséquilibré et un « décalage politique ». Renaud Muselier « regrette qu'elle ait cassé l'accord ». Le maire de Cannes David Lisnard, lui, a annoncé son soutien à la dissidente. Six ans après son arrivée au palais du Luxembourg, l'heure est au bilan — et il se lit en chiffres, comme pour les autres sortants dont le siège est en jeu ce 27 septembre.
Les maires, ligne de force d'une campagne — et d'un mandat
La liste dissidente qu'elle conduit avec Pascal Chauvin, maire de Trets, dit défendre une droite qui « respecte les élus » et « place les maires au cœur de l'action publique ». Ce n'est pas un slogan de circonstance : c'est l'axe le plus continu de son activité au Sénat. Le 2 avril 2026, elle interroge le ministre de l'intérieur sur les violences visant les élus locaux, en s'appuyant sur les 2 501 faits recensés par le Centre d'analyse et de lutte contre les atteintes aux élus.
« Les agressions physiques ont progressé de 6 % par rapport à 2023, les attaques en ligne représentent désormais près d'un quart des faits recensés, et les maires concentrent à eux seuls 64 % des victimes. »
Question écrite du 2 avril 2026 sur la protection des élus locaux, restée sans réponse — elle l'a relancée le 25 juin. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Même angle sur les mariages frauduleux, dossier qu'elle porte depuis l'Assemblée : sur la proposition de loi Demilly renforçant les prérogatives des officiers d'état civil contre les mariages simulés ou arrangés, elle a déposé cinq amendements en première auteure en février 2025. Un seul a été adopté — celui qui allonge le délai laissé au procureur de la République pour s'opposer à un mariage suspect —, deux ont été déclarés irrecevables, un rejeté, un retiré. Sa dernière initiative personnelle suit la même veine communale : la proposition de loi visant à garantir aux collectivités le recouvrement effectif et rapide de la taxe d'aménagement, déposée le 30 juin 2026, dont elle est première signataire.
Marseille, le narcotrafic et l'Algérie
Le deuxième bloc de son activité tient dans une géographie : la sienne. Six de ses questions portent explicitement sur le département — le narcotrafic à Marseille (deux questions d'actualité, en octobre 2024 et novembre 2025), le meurtre d'un détenu aux Baumettes, les effectifs de police à Allauch et Plan-de-Cuques, les fermetures de classes dans les Bouches-du-Rhône, la survie de l'usine Fibre Excellence de Tarascon. Le 27 novembre 2025, au lendemain de l'hommage à Mehdi Kessaci, elle interpelle le ministre de l'intérieur en séance.
« Ces crimes ne sont pas des faits divers. Ils sont les signes d'une narcoviolence qui prend des allures de terrorisme. »
Question d'actualité au gouvernement, séance publique du Sénat, 27 novembre 2025. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Sur la loi « sortir la France du piège du narcotrafic », elle a fait adopter en janvier 2025 un amendement étendant le champ des délits de provocation de mineurs au trafic de stupéfiants. L'autre versant, hérité de sa commission des affaires étrangères et de son histoire familiale de descendante de pieds-noirs, est diplomatique : chrétiens d'Orient, minorités en Syrie et en Iran, et surtout les relations franco-algériennes, sur lesquelles elle est revenue à quatre reprises.
« Pour de nombreux Français, ces déclarations apparaissent en profond décalage avec la réalité d'une relation dans laquelle la France multiplie depuis des années les gestes de bonne volonté, sans obtenir de réciprocité suffisante de la part des autorités algériennes. »
Question écrite du 28 mai 2026 sur les relations franco-algériennes. Source : base NosParlementaires / data.senat.fr.
Discipline et présence
Sur 907 votes où sa voix peut être comparée à celle de son groupe, Valérie Boyer s'est alignée 895 fois sur la position majoritaire des Républicains, soit 98,7 %. La dissidence électorale n'est donc pas une dissidence parlementaire — à douze exceptions près, et ce sont les plus parlantes.
Deux de ces douze votes touchent aux sujets les plus sensibles de la mandature. Le 27 février 2024, quand le Congrès s'apprête à inscrire la liberté de recourir à l'IVG dans la Constitution, le Sénat adopte le texte par 267 voix contre 50 : elle vote contre, alors que son groupe vote pour à 70 voix contre 41. Le 10 mai 2026, sur l'article 2 de la proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir en deuxième lecture — le cœur du dispositif, rejeté par 151 voix contre 118 —, elle vote contre quand les Républicains votent pour à 68 voix contre 49. Elle avait à l'inverse voté pour la proposition de loi renforçant la parité dans les fonctions électives, en mars 2025, quand la majorité de son groupe votait contre.
Côté présence, sa participation atteint 99,8 % (907 scrutins sur 909), très au-dessus de la médiane des 372 sénateurs de notre base, à 96,5 % : elle se classe 67e sur ce critère. Sur les sanctions, en revanche, aucune comparaison possible : le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base. Un chiffre tempère le tableau de l'activité : sur ses 38 questions écrites, 19 ont reçu une réponse du gouvernement, soit 50 %, contre 57 % pour l'ensemble des questions écrites du Sénat dans notre base — deux d'entre elles, dont celle sur la protection des élus locaux, ont dû être relancées en juin 2026.
Ses chantiers législatifs
Parcours express
Votes, amendements, questions : retrouvez l'intégralité de l'activité parlementaire de Valérie Boyer sur sa fiche NosParlementaires, comparez-la à ses collègues dans nos classements, et retrouvez notre dossier sur le renouvellement du 27 septembre.