- Sénateur du Vaucluse depuis le 1er octobre 2026, élu le 27 septembre à la tête de la liste « Au service des communes, pour défendre le Vaucluse », soutenue par le RN et l'UDR : 349 voix, 27,1 % des 1 286 suffrages exprimés, un siège sur trois. Le premier sénateur du Rassemblement national dans l'histoire du département.
- Né le 12 juin 1963, il a 63 ans : 145 des 348 sénateurs sont plus âgés que lui, 202 plus jeunes. Arrivé à sept ans à Flassan, au pied du Ventoux, fils d'un agriculteur bio et d'une professeur de lettres classiques ; chef d'entreprise selon sa fiche du Sénat, gérant de société selon la presse locale.
- Militant du Front national depuis un meeting de Jean-Marie Le Pen à Avignon en 1988, conseiller municipal d'opposition à Carpentras de 1995 à 2008, il dirige la fédération RN du Vaucluse. Conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis 2021, il est devenu en mars 2026 adjoint à la sécurité du nouveau maire RN de Carpentras, Hervé de Lépinau.
- Membre du groupe Union nationale pour les territoires (UNT), le premier groupe RN du Sénat, constitué le 5 octobre avec quinze membres sous la présidence d'Edwige Diaz. Il est l'un des six à n'avoir jamais siégé dans aucun parlement.
- Vice-président de la commission des affaires économiques depuis le 7 octobre : le groupe a obtenu un vice-président dans chacune des sept commissions permanentes.
- Il n'a jamais siégé au Parlement : au 7 octobre, notre base ne lui compte aucun vote, aucun amendement, aucune question. Son siège est celui que le socialiste Lucien Stanzione, sénateur depuis 2020, a perdu.
Mercredi 7 octobre, les sept commissions permanentes du Sénat ont élu leurs bureaux, et Thierry d'Aigremont est devenu vice-président de celle des affaires économiques, dix jours après être devenu le premier sénateur du Rassemblement national du Vaucluse. Pour un homme qui a passé treize ans sur les bancs de l'opposition municipale à Carpentras, de 1995 à 2008, et qui n'avait jusqu'à cette année aucun mandat exécutif, l'ascension est rapide : conseiller régional en 2021, adjoint au maire en mars 2026, sénateur en septembre, vice-président de commission en octobre. Son bilan parlementaire tient en un chiffre, zéro. Son élection, le siège qu'il prend à la gauche et le groupe qu'il rejoint, eux, se mesurent.
Le siège pris à la gauche, à 53 voix près
Le Vaucluse élit ses trois sénateurs à la proportionnelle. Le 27 septembre, sept listes se disputaient les suffrages de 1 318 grands électeurs, dont 1 303 ont voté. La liste du sortant Jean-Baptiste Blanc (Les Républicains), avec Dominique Santoni, présidente du conseil départemental, en deuxième position, arrive en tête avec 501 voix et deux sièges. Celle de Thierry d'Aigremont, où figurait en deuxième position la députée Catherine Rimbert, obtient 349 voix et le deuxième des trois sièges attribués. Celle du sortant socialiste Lucien Stanzione, 198 voix, n'en obtient aucun.
L'arithmétique de la plus forte moyenne explique le basculement. Le quotient, 1 286 voix divisées par trois sièges, vaut 428,7 : seule la liste LR l'atteint et prend un premier siège. Le deuxième se joue entre les 349 voix du RN, la moyenne de la liste LR ramenée à 250,5 et les 198 voix du PS : il va au RN. Le troisième oppose les 250,5 de la liste LR aux 198 du PS et aux 174,5 du RN : il va aux Républicains. Il aurait fallu 53 voix de plus, 251, à Lucien Stanzione pour conserver le sien. « Je partais avec 120 voix de retard après les municipales à Avignon et Carpentras », a-t-il réagi auprès d'ICI Vaucluse. En 2020, la liste RN de Bénédicte Auzanot avait recueilli 157 voix, 12,6 %, et aucun siège ; six ans plus tard, le RN a gagné 192 voix de grands électeurs, et sa part a été multipliée par 2,2.
Têtes de liste et nuances du ministère de l'Intérieur ; 1 318 grands électeurs inscrits, 1 303 votants, 13 bulletins blancs, 4 nuls. Sièges attribués à la plus forte moyenne : quotient 428,7 (un siège LR), puis 349 (RN) contre 250,5 (LR) et 198 (PS), puis 250,5 (LR) contre 198 (PS) et 174,5 (RN). Calcul NosParlementaires.
« On a beaucoup d'élus dans des petites communes [...] Et comme on était la seule offre à droite, toutes les autres listes étaient droite-centre ou centre ou gauche, des électeurs se sont reportés vers nous. »
Au lendemain de son élection, pour expliquer le report des voix de grands électeurs. ICI Vaucluse, 28 septembre 2026.
Trente-huit ans de Front national, un seul exécutif
Thierry d'Aigremont date lui-même son engagement d'un meeting de Jean-Marie Le Pen au parc des expositions d'Avignon, en 1988. Il a 25 ans. Sept ans plus tard, il entre au conseil municipal de Carpentras, dans l'opposition, et y reste treize ans, jusqu'en 2008. Suivent treize années sans mandat, où il tient la fédération départementale du parti, dans un Vaucluse qui devient l'une des terres les plus favorables au RN : aux législatives de 2024, quatre des cinq députés du département sont RN. En juin 2021, il est élu conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur, premier des cinq élus vauclusiens de la liste de Thierry Mariani, battue au second tour par Renaud Muselier avec 47,4 %. En mars 2026, le RN prend Carpentras : le député Hervé de Lépinau est élu maire au second tour avec 50,8 % et 30 sièges sur 39 ; Thierry d'Aigremont devient son adjoint chargé de la sécurité. C'est son premier poste exécutif ; il le garde six mois.
Investi le 23 juin par la commission nationale du RN, il présente le 3 septembre, à Châteauneuf-de-Gadagne, une liste qu'il veut « pas composée que d'encartés », avec une députée, une ancienne présidente des Jeunes agriculteurs et un maire sans étiquette, selon Le Dauphiné libéré. Son argument de campagne est arithmétique.
« Est-il normal que des partis comme LR ou le PS, minoritaires dans notre département, accaparent les trois sièges de sénateurs ? »
Pendant la campagne, à L'Écho du Mardi, 15 septembre 2026. Le Vaucluse comptait alors deux sénateurs LR et un socialiste.
Au soir du 27 septembre, il a prolongé le calcul : « Sur huit parlementaires en Vaucluse, cinq sont RN : quatre à l'Assemblée nationale et un au Sénat. Ce n'est que justice », a-t-il déclaré à ICI Vaucluse, en invoquant les « 143 000 Vauclusiens » qui auraient voté RN aux législatives de 2024, un chiffre qui est le sien. Dominique Santoni, élue le même jour, a eu une autre lecture : « Le bon sens vauclusien a parlé, il a gagné », a-t-elle dit à L'Écho du Mardi. Les deux listes de droite totalisent 850 voix sur 1 286, 66 % des grands électeurs.
Discipline et présence : la page blanche, et la marque des trois sénateurs RN de 2023
Le chapitre habituel de nos portraits est vide, et c'est une information. Depuis le 1er octobre, le Sénat n'a tenu aucun scrutin public nominatif : l'élection de son président, le 1er octobre, et celle des vice-présidents et questeurs, le 6, se sont faites à bulletin secret. Aucun taux de participation, aucun taux d'alignement ne peut donc être calculé pour Thierry d'Aigremont. Son agenda officiel compte une séance, celle du 1er octobre. Le Sénat ne publie pas de données de sanctions individuelles dans notre base.
Son groupe, lui, a un passé mesurable. Les trois sénateurs RN élus en 2023, Joshua Hochart, Aymeric Durox et Christopher Szczurek, ont pris part à 254, 257 et 260 des 909 scrutins publics tenus depuis octobre 2023, soit 28 % chacun, quand la médiane du Sénat est à 99,1 %. Sans groupe pendant trois ans, ils n'avaient ni temps de parole réservé ni siège en bureau de commission, et ont surtout travaillé par questions écrites, 116, 98 et 95, et par amendements, dont 8, 8 et 11 adoptés. Sur les douze derniers mois, leur agenda officiel compte 61, 42 et 40 séances plénières. La quatrième membre venue du Sénat sortant, Sylvie Goy-Chavent, élue LR en 2008, affiche 895 scrutins sur 909. C'est à cette aune que les premiers votes du nouvel élu seront lus ; et son groupe, avec quinze sièges, dispose désormais de ce qui manquait aux trois premiers.
Le siège qu'il prend avait aussi ses chiffres. Lucien Stanzione, membre de la commission des affaires économiques, a pris part à 875 des 909 scrutins, 96,3 % ; 294 des 386 sénateurs ayant siégé sur toute la période font mieux. Il a déposé 120 amendements en premier signataire et en a cosigné 2 341, dont 270 adoptés, posé 17 questions et signé en juin 2026 un rapport d'information sur le pastoralisme ; ses textes les plus amendés sont le budget rectificatif de la Sécurité sociale de 2023, 34 amendements, et la loi sur la souveraineté agricole, 31. Il a voté avec son groupe dans 98,7 % des cas. Ses thèmes, selon la taxonomie de nos fiches : l'économie, le travail, le numérique, les transports. Thierry d'Aigremont hérite de sa commission et, lui, d'une vice-présidence.
« Au Palais du Luxembourg, nous serons la voix de la liberté, la voix de l'autorité, la voix de l'écoute, la voix de notre territoire. »
Au soir de son élection, le 27 septembre 2026. Propos rapportés par La Provence.
Ses chantiers annoncés
Parcours express
Ses premiers votes, amendements et questions apparaîtront sur la fiche de Thierry d'Aigremont à mesure que le Sénat les publiera. Retrouvez les résultats complets des sénatoriales dans le Vaucluse, la composition du groupe RN du Sénat, la répartition des commissions et de leurs bureaux, la liste des 348 sénateurs par département, et comparez les sénateurs entre eux dans nos classements.