- Le Sénat a été renouvelé pour moitié le 27 septembre. Toutes ses instances sont réélues dans la foulée : Gérard Larcher le 1er octobre, les dix groupes déclarés le 6, les bureaux des commissions le 7.
- Sept commissions permanentes se partagent les textes. Leurs présidents fixent l'ordre du jour des travaux, désignent les rapporteurs et siègent à la conférence des présidents. La commission des affaires européennes et la commission spéciale du contrôle des comptes ont aussi renouvelé leur bureau.
- Depuis 2011, la présidence de la commission des finances revient à l'opposition sénatoriale : Philippe Marini (UMP) sous la majorité de gauche, puis Michèle André, Vincent Éblé et Claude Raynal (PS) sous la majorité de droite.
- Les bureaux (vice-présidents, secrétaires) sont composés à la proportionnelle des groupes. Avec quinze membres, le groupe RN, qui n'existait pas avant les sénatoriales, y entre pour la première fois.
- Première échéance : le projet de loi de finances pour 2027 et le PLFSS 2027 arrivent au Sénat en novembre, avec des délais constitutionnels qui courent jusqu'au 26 novembre (PLFSS) et au 17 décembre (PLF).
Les commissions du Sénat ont élu leurs bureaux mercredi 7 octobre. Les Républicains conservent quatre des sept présidences de commissions permanentes, les centristes en prennent deux et la septième, celle des finances, passe au socialiste Thierry Cozic, sénateur de la Sarthe. Sur les sept votes d'ensemble de textes budgétaires enregistrés dans notre base depuis octobre 2023, il a voté contre six fois et n'a pas pris part au septième. Face à lui, la nouvelle rapporteure générale Christine Lavarde (LR) a voté pour les sept. Autre nouveauté : un vice-président RN siège désormais dans chacun des huit bureaux renouvelés.
Neuf présidents, quatre reconduits
Les quatre présidents LR restent en place : Muriel Jourda aux lois, Cédric Perrin aux affaires étrangères, Philippe Mouiller aux affaires sociales et Dominique Estrosi Sassone aux affaires économiques. Les trois autres changent de titulaire, parce que le prédécesseur a quitté le Sénat ou atteint la limite de six ans fixée par le règlement.
| Commission | Président(e) élu(e) le 7 octobre | Nouveau ou reconduit |
|---|---|---|
| Finances | Thierry Cozic SER | NouveauClaude Raynal (SER), non candidat aux sénatoriales |
| Lois | Muriel Jourda LR | Reconduiteprésidente depuis 2024 |
| Affaires étrangères et défense | Cédric Perrin LR | Reconduitprésident depuis 2023 |
| Affaires sociales | Philippe Mouiller LR | Reconduitprésident depuis 2023 |
| Affaires économiques | Dominique Estrosi Sassone LR | Reconduiteprésidente depuis 2023 |
| Aménagement du territoire | Pascal Martin UCI | NouveauJean-François Longeot (UCI), six ans de présidence |
| Culture, éducation, communication et sport | Pierre-Antoine Levi UCI | NouveauLaurent Lafon (UCI), six ans de présidence |
| Affaires européennes | Ronan Le Gleut LR | NouveauJean-François Rapin (LR), six ans de présidence |
| Commission spéciale du contrôle des comptes | Arnaud Bazin LR | NouveauDominique de Legge (LR) |
Les finances : un président qui n'a approuvé aucun budget
Thierry Cozic, 53 ans, cadre territorial, siège depuis octobre 2020. Chef de file des socialistes sur le budget, il était le seul candidat déclaré à la succession de Claude Raynal, selon Public Sénat. Sa fiche décrit un élu d'opposition : 149 amendements déposés depuis 2023, 30 adoptés, et une ligne de vote parfaitement alignée sur son groupe (99,1 % de votes communs avec le groupe SER sur 869 scrutins).
| Scrutin | Thierry Cozicprésident | Christine Lavarderapporteure générale | Christopher Szczurekvice-président RN |
|---|---|---|---|
| 29 nov. 2023PLF 2024, première partie | Contre | Pour | Contre |
| 25 nov. 2024PLFSS 2025 | Contre | Pour | Contre |
| 30 nov. 2024PLF 2025, première partie | Non votant | Pour | Contre |
| 22 janv. 2025PLFSS 2025, texte de la CMP | Contre | Pour | Non votant |
| 5 févr. 2025PLF 2025, texte de la CMP | Contre | Pour | Contre |
| 25 nov. 2025PLFSS 2026 | Contre | Pour | Contre |
| 3 déc. 2025PLF 2026, première partie | Contre | Pour | Contre |
Le 30 novembre 2024, lors du vote sur la première partie du budget 2025, 61 des 62 sénateurs socialistes n'ont pas pris part au vote, comme les communistes et les écologistes. Christine Lavarde, elle, a voté pour chacun de ces textes. Le seul texte de la série sur lequel le président et la rapporteure générale ont voté de même est l'actualisation de la loi de programmation militaire, approuvée le 8 juin 2026 par 297 voix contre 33.
Dernier vote budgétaire en date : la première partie du projet de loi de finances pour 2026, adoptée le 3 décembre 2025. Le détail par sénateur est ci-dessous.
Président de la commission des finances. Sénateur depuis 2020, 53 ans, cadre territorial.
869 scrutins publics sur 909 depuis octobre 2023 (95,6 %). 149 amendements déposés, 30 adoptés. 10 rapports, 24 questions écrites.
A voté contre les six textes budgétaires soumis à un vote d'ensemble auxquels il a pris part depuis 2023.
La rapporteure générale, qui défend la position de la majorité sénatoriale sur chaque article du budget, change aussi. Jean-François Husson (LR, Meurthe-et-Moselle) avait atteint la limite de deux mandats de trois ans. Il laisse un bilan de 44 rapports et 369 amendements déposés, dont 342 adoptés, le lot d'un rapporteur général dont les amendements sont ceux de la commission. Christine Lavarde, 41 ans, ingénieure des Ponts, sénatrice des Hauts-de-Seine depuis 2017, a été préférée à Stéphane Sautarel (Cantal) lors d'un vote interne au groupe LR le 5 octobre. Elle arrive avec 201 amendements déposés et 93 adoptés depuis 2023, 21 rapports et une participation de 99,4 % aux scrutins publics.
Rapporteure générale de la commission des finances. Sénatrice depuis 2017, 41 ans, ingénieure des Ponts.
904 scrutins publics sur 909 (99,4 %). 201 amendements déposés, 93 adoptés. 21 rapports, 35 questions écrites.
A voté pour les sept textes budgétaires du tableau.
Un vice-président RN dans chaque bureau
Le groupe « Union nationale pour les territoires », formé par le Rassemblement national et l'UDR avec quinze membres, obtient ce que la proportionnelle lui doit : un siège de vice-président dans chacune des sept commissions permanentes et à la commission des affaires européennes.
- Christopher Szczurek (Finances)
- Fabien Bravi (Lois)
- Sylvie Goy-Chavent (Affaires étrangères)
- Laurent Castillo (Affaires sociales)
- Aymeric Durox (Culture)
- Manon Bouquin (Aménagement du territoire)
- Thierry d'Aigremont (Affaires économiques)
- Sylvie Josserand (Affaires européennes)
À la commission des finances, ce siège revient à Christopher Szczurek, sénateur du Pas-de-Calais élu en 2023. Sa fiche est celle d'un élu longtemps sans groupe : 260 scrutins publics sur 909 (28,6 %), 252 amendements déposés pour 8 adoptés, 95 questions écrites. Ce chiffre de participation mesure d'abord une règle du Sénat : lors d'un scrutin public, chaque groupe dépose les bulletins de tous ses membres, présents ou non, et les non-inscrits n'ont personne pour voter à leur place, comme nous l'expliquions avant les sénatoriales. Avec un groupe et une clé de vote, sa participation devrait rejoindre celle des autres groupes, au-dessus de 95 %.
Vice-président de la commission des finances. Sénateur depuis septembre 2023, 41 ans.
260 scrutins publics sur 909 (28,6 %), le lot des trois sénateurs RN non inscrits de 2023 à 2026. 252 amendements déposés, 8 adoptés. 95 questions écrites.
A voté contre six des sept textes budgétaires du tableau, non votant sur le septième.
Ce que le partage des postes dit du nouveau Sénat
Dans les sept commissions permanentes, les bureaux comptent 122 postes (présidents, rapporteurs généraux, vice-présidents, secrétaires). Chaque groupe y dispose d'au moins un vice-président, ce qui avantage les petits groupes : les six groupes de 15 à 18 membres détiennent chacun 7 postes, soit 5,7 % du total pour 4,3 à 5,2 % des sièges. Les Républicains, avec 35,6 % des sénateurs, tiennent 32,8 % des postes de bureau, mais quatre présidences sur sept.
Les deux sénateurs non inscrits n'ont aucun poste. Les rapporteurs généraux suivent la même logique de partage : aux affaires sociales, Olivier Henno (UCI, Nord) succède à la centriste Élisabeth Doineau avec 235 amendements déposés et 81 adoptés depuis 2023, sous la présidence LR de Philippe Mouiller.
Les reconduits et les nouveaux, en chiffres
Les quatre présidents reconduits affichent une assiduité presque sans faille aux scrutins publics : Philippe Mouiller et Dominique Estrosi Sassone n'en ont manqué aucun des 909 depuis 2023, Cédric Perrin un seul, Muriel Jourda deux. La présidente de la commission des lois est aussi la plus productive du lot : 133 amendements déposés, 129 adoptés, 29 rapports. Cédric Perrin signe 96 amendements, 93 adoptés, et 11 rapports. Philippe Mouiller et Dominique Estrosi Sassone ont surtout interpellé le gouvernement par écrit, avec 53 et 70 questions.
Chez les nouveaux, Pascal Martin (UCI, Seine-Maritime), 66 ans, ancien officier de sapeurs-pompiers, succède à Jean-François Longeot à l'aménagement du territoire avec 56 amendements déposés et 53 adoptés. Pierre-Antoine Levi (UCI, Tarn-et-Garonne), 61 ans, prend la culture après six ans de Laurent Lafon ; l'autre candidate centriste citée par Public Sénat, Sonia de La Provôté, devient vice-présidente. Il est le seul président à s'être abstenu sur la première partie du budget 2026. Ronan Le Gleut (LR, Français de l'étranger), 50 ans, l'emporte aux affaires européennes, où Jean-François Rapin devait passer la main, face à un « beau plateau » de candidats LR (Pascale Gruny, Marta de Cidrac, Alain Cadec). À la commission spéciale du contrôle des comptes, Arnaud Bazin (LR, Val-d'Oise) prend la suite de Dominique de Legge.
Un point commun à tous : la fidélité au groupe. Aucun des neuf présidents ne descend sous 95,6 % de votes communs avec son groupe depuis 2023 ; Philippe Mouiller atteint 99,8 %.
Calendrier
Chaque président, rapporteur général et vice-président cité a sa fiche sur NosParlementaires, avec ses votes scrutin par scrutin, ses amendements et ses questions : l'annuaire des sénateurs permet de les retrouver par département et par groupe.