Prévenir les occupations sans droit ni titre en encadrant la souscription des contrats essentiels
Amendements (19)
Art. ART. 2 BIS
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l'article 2 bis. Dans le prolongement de la loi Kasbarian, cet article vise à permettre au préfet d’ordonner la coupure d’accès à l'énergie dans le cadre d'une occupation jugée illicite, y compris en l'absence de mise en demeure de quitter les lieux.
L'article 38 de la loi DALO permet au propriétaire victime d'un squat de saisir le préfet, qui peut alors mettre en demeure l'occupant de quitter les lieux (dans un délai de 48h) et procéder à l'évacuation forcée si la mise en demeure reste sans effet.
La loi Kasbarian-Bergé avait modifié cet article pour étendre la notion de domicile qui était couvert par l’article 38 à tout type de locaux d’habitation.
L’article 2 bis crée ici un pouvoir autonome et parallèle : indépendamment de la décision sur la mise en demeure de quitter les lieux, le préfet peut ordonner au gestionnaire de réseau de couper l'alimentation du logement en question. Sur simple décision préfectorale, il serait désormais possible de couper l'accès à l'énergie des occupants.
Cet article, comme l’ensemble du texte, ne vise pas à protéger les propriétaires d’une violation de leur domicile puisque l’arsenal législatif existe déjà et permet aux forces de police d’intervenir. Il n’a pas non plus pour objet de protéger les petits propriétaires bailleurs contre un squat ou un impayé de loyer qui les mettrait en difficulté financière. La réponse, pour eux, se trouve dans l’instauration de la garantie universelle des loyers, que refuse la macronie.
Cet article ne vise qu'à défendre le patrimoine des multipropriétaires au détriment des personnes les plus pauvres pour lesquelles le squat est une stratégie de survie.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. TITRE
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite renommer cette proposition de loi afin de mieux refléter les conséquences qu’entraînera son adoption.
La loi impose d'assurer à toutes et tous des conditions de vie conformes à la dignité humaine. Or, cette proposition de loi vient à l'encontre de ce principe, notamment en privant les occupants d'électricité, pourtant reconnue comme produit de première nécessité, et d'eau, indispensable à la vie, à l’hygiène et au développement des sociétés.
Alors que les occupants survivant grâce au squat sont dans une situation de vulnérabilité et de pauvreté extrêmement importante, ce texte met en péril leurs conditions de vie et leur santé.
En conséquence, nous proposons de modifier le titre de cette proposition de loi afin que le titre corresponde davantage à son contenu.
Dispositif
Rédiger ainsi le titre :
« visant à priver les personnes vulnérables de conditions de vie dignes ».
Art. ART. PREMIER
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l'article 1er de cette proposition de loi qui vise à conditionner la souscription d’un contrat d’électricité, de gaz naturel ou d’accès internet à la présentation d’un justificatif attestant d’un droit sur le logement concerné.
Cet article, quasi identique à ce que proposait Horizons dans sa propre niche parlementaire et dans la droite lignée de la loi Kasbarian-Bergé représente une attaque inacceptable au droit fondamental d’accès à l’électricité ou au gaz. L'électricité est d'ailleurs définie à l'article L. 121-1 du code de l'énergie comme un “produit de première nécessité”. En priver des personnes avant même toute décision de justice revient à organiser délibérément des conditions de vie indignes : absence de chauffage en hiver, impossibilité de réfrigérer des aliments ou des médicaments, privation de lumière. Cette logique de rendre un lieu physiquement inhabitable pour contraindre ses occupants quel que soit son statut d'occupation à le quitter est inhumain.
Dans la continuité, l'extrême droite suggère dans son exposé des motifs qu'il faut à tout prix empêcher l’accès à l’eau pour des personnes qui n’aurait pas de titre d’occupation légitime quand bien cela peut-être des familles victimes de marchands de sommeil et autres bailleurs frauduleux.
Tout cela alors que le phénomène de “squat” est marginal : entre janvier et mai 2021, seules 124 demandes de procédures pour occupation illicite ont été transmises aux préfets, selon les données collectées par l'Observatoire des squats créé par le ministère du Logement. Les rares occupations illicites de domiciles personnels faisaient déjà l'objet, depuis la loi DALO de 2007, de procédures d'évacuation administrative rapides.
Alors que la scélérate loi Kasbarian-Bergé a, en 2023 déjà étendu les sanctions pénales à l'encontre des personnes en situation de grande précarité, cette proposition de loi constitue un nouveau recul dans la protection des personnes mal logées. En 2025, 4,1 millions de personnes étaient en situation de mal-logement, 350 000 n'avaient pas de domicile, et au moins 929 personnes sont mortes de la rue cette année là. C'est à cette réalité que nous devrions apporter des réponses, non à un phénomène marginal instrumentalisé à des fins idéologiques.
Pour toutes ces raisons, nous demandons la suppression de cet article.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. APRÈS ART. PREMIER
• 22/06/2026
EN_TRAITEMENT
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite interdire les coupures d'énergie.
En 2024 en France, plus de 300 000 ménages ont subi une coupure d’énergie, la forme la plus violente de précarité énergétique. Ce chiffre est même en hausse par rapport à l’année précédente. Pourtant contrairement au gaz, il est possible de remplacer la coupure d’électricité par une réduction de puissance électrique, permettant ainsi d’assurer aux personnes une alimentation minimale conforme à la dignité, tout en étant viable économiquement pour le fournisseur.
Couper l'électricité pour impayés est une pratique socialement violente et économiquement absurde : les personnes dans l'incapacité de payer leur facture ne trouveront pas davantage les moyens de le faire dans le noir et dans le froid. Les conséquences sont graves : risques d'incendie, insalubrité, choix impossibles entre se nourrir et se chauffer.
Depuis 2022 et en réponse à l’appel porté par la Fondation pour le Logement des Défavorisés, EDF a cessé de couper l’électricité des ménages et applique des réductions de puissance. En garantissant l’accès à une fourniture d’énergie minimale, EDF traduit en actes le principe inscrit dans la loi de garantir « l’accès de tous les ménages à l’énergie sans coûts excessifs au regard de leurs ressources ».
La précarité énergétique, dont la privation d’énergie est la forme la plus grave, a des effets très concrets sur la santé et la vie des ménages. Une étude menée par la Fondation pour le Logement a pu mettre en évidence qu’en plus d’être particulièrement sensibles aux pathologies hivernales, des problèmes de santé chroniques respiratoires, ostéoarticulaires, neurologiques ou de dépression apparaissent plus fréquemment chez les personnes exposées à la précarité énergétique.
Être privé de chaleur et d’électricité engendre également des risques d’incendie par l’utilisation de bougies, de lampes ou de chauffage à pétrole. Au-delà des conséquences sanitaires et économiques, la privation énergétique est aussi un facteur d’exclusion sociale qui a des effets dramatiques sur la santé mentale, l’estime de soi, la vie professionnelle, familiale, et l’éducation.
Face à cette urgence, il est indispensable d'interdire les coupures d'électricité toute l'année comme le propose le Médiateur de l'énergie et de garantir un service minimum de 1 000 kilowattheures à toute résidence principale, quelles que soient les difficultés financières du foyer. Ce minimum permettrait de couvrir les besoins vitaux essentiels.
Cet amendement a été travaillé avec la Fondation pour le Logement des Défavorisés.
Dispositif
I. – Le troisième alinéa de l’article L. 115‑3 du code de l’action sociale et des familles est ainsi modifié :
1° Au début de la première phrase, les mots : « Du 1er novembre de chaque année au 31 mars de l’année suivante, » sont supprimés ;
2° La deuxième phrase est supprimée ;
3° La dernière phrase est ainsi rédigée : « Ces dispositions s’appliquent tout au long de l’année aux distributeurs d’eau ainsi que, pour les consommateurs mentionnés à l’article L. 124‑1 du code de l’énergie, aux fournisseurs d’électricité, de chaleur et de gaz. »
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
Art. ART. 3
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite repousser l’entrée en vigueur de cette proposition de loi vingt-cinq ans après sa promulgation.
Pour des millions de ménages, ce ne sont pas les occupations sans titre qui constituent un problème mais l’impossibilité croissante de payer son loyer.
Selon la Fondation pour le logement des défavorisés, 15 millions de personnes sont aujourd’hui concernées par le mal-logement ou par ses conséquences. Parmi elles, 5,7 millions de personnes consacrent une part excessive de leurs revenus à leur logement.
Depuis plusieurs années, les loyers ont connu des hausses importantes sous l’effet de la dérégulation du marché locatif, de la spéculation immobilière et de l’insuffisance de l’offre de logements accessibles. Les revalorisations successives de l’IRL ont aggravé les difficultés des ménages, notamment dans les zones tendues. Ainsi en 2022, la macronie et l’extrême droite main dans la main avait voté la possibilité d’augmenter les loyers jusqu’à 3,5% !
Dans certaines villes, se loger est devenu un luxe inaccessible pour les classes populaires, les étudiants, les familles monoparentales ou les jeunes actifs. Cette situation nourrit directement les impayés de loyers, les procédures d’expulsion et les situations de grande précarité résidentielle.
Alors que faire par rapport à cela ? Pérenniser l’encadrement des loyers qui a permis d’éviter des hausses de loyer estimées à plus de 140 euros par mois ? Là encore, accordé sur la même position que la macronie, l’extrême droite refuse cette solution et préfère mettre sur pied de nouvelle diversion comme le représente cette PPL.
En désignant quelques occupants précaires bouc émissaire, l’UDR fait le choix de refuser de mettre fin à la crise du logement et ses causes : les loyers excessifs, le manque de logements sociaux et l’abandon progressif de toute politique publique ambitieuse du logement.
Dispositif
Substituer au mot :
« six »
les mots :
« trois cents ».
Art. ART. 2 BIS
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite empêcher les coupures d'énergie lorsque des personnes âgées sont présentes dans le logement.
En effet, cet amendement vise à empêcher que des personnes d'ores et déjà vulnérables ne soient encore plus précarisés. Il est indispensable de garantir des conditions de vie dignes aux plus vulnérables, or, ces coupures d'énergie auront des effets dramatiques sur la santé des personnes concernées.
Dispositif
Compléter la première phrase de l’alinéa 4 par les mots :
« sauf lorsqu’au moins un des occupants est une personne âgée de plus de soixante ans ».
Art. ART. 3
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite repousser l’entrée en vigueur de cette proposition de loi cinq ans après sa promulgation.
Ce texte prétend lutter contre les occupations sans droit ni titre. Pourtant, parmi les premières victimes de ce texte figurent des personnes qui sont elles-mêmes victimes d'exploitation et de fraude : les locataires de marchands de sommeil.
Dans de nombreux territoires, notamment dans les zones où la crise du logement est la plus aiguë, des milliers de personnes occupent des logements dans des situations administratives irrégulières qui ne résultent pas de leur volonté mais des pratiques de propriétaires peu scrupuleux.
Sous-locations illégales, divisions abusives de logements, caves transformées en habitation, locaux impropres à l'habitation loués à prix d'or, absence de bail écrit, refus de délivrer des quittances ou des attestations d'occupation : ces situations constituent le quotidien de nombreux ménages précaires.
Les marchands de sommeil prospèrent précisément parce que la pénurie de logements accessibles contraint des familles à accepter des conditions d'occupation dégradées pour éviter la rue.
Or, cette PPL plutôt que défendre justement ces familles précaires, exige la production de documents dont les victimes de ces pratiques sont souvent incapables de disposer. Le propriétaire qui loue illégalement une chambre insalubre n'a évidemment aucun intérêt à fournir une attestation d'occupation. Celui qui sous-loue frauduleusement un logement ne remet généralement aucun document officiel.
Les victimes de réseaux d'exploitation locative deviendront encore plus dépendants des marchands de sommeil. Car lorsqu'un occupant ne pourra plus souscrire lui-même un contrat d'électricité ou de gaz, il sera contraint de passer par l'intermédiaire du propriétaire ou du sous-loueur qui l'exploite déjà.
Ainsi, cette PPL risque d'accroître les rapports de dépendance et de domination existants. Mais finalement, cela est assez révélateur du choix effectué par les alliés de Marine le Pen pour leur niche. À aucun moment il n'est question de renforcer les contrôles contre les propriétaires délinquants. À aucun moment il n'est question de faciliter les signalements d'habitat insalubre. À aucun moment il n'est question d'accroître les moyens des collectivités ou de la justice pour poursuivre les marchands de sommeil. A l’inverse d’une politique de malheur, toutes ses mesures, nous les ferons !
Dispositif
Substituer au mot :
« six »
le mot :
« soixante ».
Art. ART. 1ER BIS
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l'article 1 bis de cette proposition de loi qui vise à conditionner la souscription d'un contrat d'accès d'internet ou de téléphone à la présentation d’un justificatif attestant d’un droit sur le logement concerné.
Au delà du fait, que cet article est en réalité déjà satisfait par l’article 1er, comme pour le reste de cette proposition de loi, pour une infime minorité de cas problématiques, l'ensemble des consommateurs seront pénalisés dans la souscription de contrat, les fournisseurs eux devront déployer des moyens pour contrôler tous les justificatifs de droit sur le logement.
De cette proposition de loi, nous contestons à la fois le diagnostic et le débouché qui est proposé. Bien sûr pour des raisons de dignité humaine mais également car où sont ces fameux cas de squat qui auraient été rendu possible grâce à un abonnement téléphonique ? L'UDR est incapable de nous produire la moindre donnée à ce sujet, démontrant qu'il s'agit plus d'un fantasme qu'elle fait prospérer plutôt qu'une réalité concrète.
Attiser les peurs et la division est la stratégie habituelle de l'extrême droite. En cela ce débat sert plus à faire le jeu des professionnels des alarmes et télésurveillance plutôt qu'améliorer la vie des citoyens, qu'ils soient propriétaires ou en situation de mal-logement.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. ART. 2 BIS
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite empêcher les coupures d'énergie lorsque des personnes mineures sont présentes dans le logement.
En effet, cet amendement vise à empêcher que des personnes d'ores et déjà vulnérables ne soient encore plus précarisées. Près de 2 500 enfants dorment à la rue chaque nuit et 14 enfants de moins de 4 ans en sont morts en 2025. Avec cette nouvelle proposition de loi, ces chiffres records risquent d'augmenter de façon dramatique. Il est indispensable de garantir des conditions de vie dignes aux plus vulnérables.
Dispositif
Compléter la première phrase de l’alinéa 4 par les mots :
« sauf lorsqu’au moins un des occupants est un mineur au sens de l’article 388 du code civil ».
Art. ART. 2 BIS
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite empêcher les coupures d'énergie lorsque des personnes dont l'état de santé est préoccupant sont présentes dans le logement.
Qui peut imaginer couper l'accès à l'énergie à des personnes en situation de maladies graves, de grossesses ou de handicap ?
Une coupure de chauffage, d'électricité ou de gaz peut avoir des effets mortels pour une personne souffrant d'une pathologie grave, enceinte ou se trouvant dans un état de grande dépendance. Ces situations, permettent d'identifier objectivement les personnes concernées sans laisser de place à l'arbitraire.
Dispositif
Compléter la première phrase de l'alinéa 4 par les mots :
« sauf lorsqu’au moins un des occupants est une une femme enceinte ou en situation d'une particulière vulnérabilité, due à une maladie, ou une personne en situation de handicap au sens de l’article L. 114 du code de l’action sociale et des familles »
Art. ART. 3
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite repousser l’entrée en vigueur de cette proposition de loi cinquante ans après sa promulgation.
Avec cette PPL, l’UDR fait de la lutte contre quelques situations marginales d’occupation sans droit ni titre une de leur priorité. Ce choix trahit leur volonté d’ignorer l’urgence absolue que constitue le sans-abrisme dans notre pays.
La France compte aujourd’hui environ 350 000 personnes sans domicile. Ce chiffre ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années. Les demandes d’hébergement d’urgence explosent tandis que des milliers d’entre elles restent sans réponse chaque soir. En octobre 2025, plus de 7 500 demandes au 115 n’avaient pas trouvé de solution d’hébergement, parmi lesquelles plus de 2 400 enfants.
Le nombre d’enfants à la rue a augmenté de 30 % depuis 2022. Cette réalité devrait constituer un scandale national. Pourtant, au lieu de renforcer les capacités d’hébergement et de relogement, les gouvernements successifs ont multiplié les restrictions budgétaires et les remises en cause du caractère inconditionnel de l’accueil d’urgence. Pire à l’extrême droite, à chaque débat budgétaire on multiplie les amendements pour baisser le nombre de places en hébergements d’urgence.
Le bilan humain est dramatique : au moins 929 personnes sont mortes de la rue en 2025. Parmi elles figuraient 26 enfants. Derrière ces chiffres se cachent des décès liés au froid, à l’absence de soins, aux violences subies dans l’espace public et à l’extrême précarité.
Face à cette catastrophe sociale, on n'entend pas l’extrême droite demander une plan d’urgence pour éradiquer le sans-abrisme. Elle préfère plutôt passer son temps à rendre encore plus difficile l’accès à des conditions de vie dignes pour des personnes déjà fragilisées. Stigmatiser les plus pauvres et rendre leur logement inhabitable, plutôt que garantir un toit à chacun, voilà les priorités de cette PPL Ciotti/Philippe.
Dispositif
Substituer au mot :
« six »
les mots :
« six cents »
Art. ART. 3
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite repousser l’entrée en vigueur de cette proposition de loi cent ans après sa promulgation.
Alors que notre pays connaît une crise historique du logement, l’UDR choisit une nouvelle fois de s’attaquer aux personnes les plus précaires plutôt que de traiter les causes réelles du mal-logement.
Cette PPL intervient dans un contexte d’explosion des expulsions locatives. En 2025, 30 500 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique, un niveau jamais atteint dans notre pays. Ce chiffre était de 15 610 en 2017. Les expulsions ont ainsi augmenté de 95 % depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et de 223 % en vingt ans. À ces expulsions officielles s’ajoutent deux à trois fois plus de départs contraints avant l’intervention de la police ou de la gendarmerie, lorsque les familles quittent leur logement pour éviter un traumatisme supplémentaire.
Cette aggravation n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de choix politiques assumés. La loi Kasbarian-Bergé, directement inspirée des obsessions de l’extrême droite et adoptée grâce au soutien de ses députés, a accéléré les procédures d’expulsion et réduit les protections dont bénéficiaient les locataires confrontés à un accident de la vie.
Derrière les statistiques, ce sont des vies brisées. Une étude de la Fondation pour le logement des défavorisés montre qu’un à trois ans après une expulsion, près d’un tiers des ménages n’ont toujours pas retrouvé de logement stable. L’expulsion entraîne fréquemment la perte d’emploi, la déscolarisation des enfants, la rupture des soins médicaux et une dégradation durable de la santé mentale.
Voilà la réalité humaine qui se cache derrière les discours sécuritaires de l’extrême droite et de la macronie.
Plutôt que d’organiser de nouvelles formes d’exclusion et de précarisation, il conviendrait d’enfin interdire les expulsions sans relogement.
Dispositif
Substituer au mot :
« six »
les mots :
« mille deux cents ».
Art. TITRE
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite renommer cette proposition de loi afin de mieux refléter les conséquences qu’entraînera son adoption.
Le squat est une pratique minoritaire dans notre pays et n'est rien d'autre qu'une stratégie de survie face à la pauvreté. Seuls 101 cas ont été dénombrés en 2022 et 170 en 2021, selon les chiffres du ministère du Logement.
Les squats se déroulent principalement dans des bâtiments vides, parfois depuis longtemps, rarement dans des locaux à usage d’habitation et encore moins dans des domiciles personnels. De plus, si l’occupation a lieu dans un domicile personnel ou un local à usage d’habitation, l’évacuation est possible en moins de 48h, avec ou sans contrat de fourniture d'eau ou d'énergie.
Cette proposition de loi n'est rien d'autre que la continuité d'un battage politique et médiatique infondé sur le squat et les squatteurs au profit d'une chasse aux pauvres.
En conséquence, nous proposons de modifier le titre de cette proposition de loi afin que le titre corresponde davantage à son contenu.
Dispositif
Rédiger ainsi le titre :
« visant à alimenter les fantasmes sur un phénomène massif de squat, alimentant une inquiétude infondée chez les propriétaires ».
Art. TITRE
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite renommer cette proposition de loi afin de mieux refléter les conséquences qu’entraînera son adoption.
Concernant l’accès à l’électricité et à l'eau, il s’agit d’assurer des conditions de vie conformes à la dignité humaine. L'article L. 121-1 du code de l'énergie définit l'électricité comme "un produit de première nécessité".
Le droit "d'accéder à l'eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous" est également inscrit dans le droit français à l'article L. 210-1 du code de l'environnement.
En mettant en péril ces droits, ce texte met en péril également la santé des personnes concernées et leurs bonnes conditions de vie.
En conséquence, nous proposons de modifier le titre de cette proposition de loi afin que le titre corresponde davantage à son contenu.
Dispositif
Rédiger ainsi le titre :
« visant à empêcher l’accès aux produits de premières nécessités pour les mal-logés ».
Art. APRÈS ART. PREMIER
• 22/06/2026
EN_TRAITEMENT
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite modifier l'article 38 de la loi DALO pour revenir à sa version avant l'adoption de la loi Kasbarian-Bergé en 2023.
Cette loi, impulsée par l’ancien ministre du Logement, entendait lutter contre les « squatteurs » et réduire les délais de justice. En réalité, elle s’inscrit dans une véritable guerre menée aux plus pauvres, dans la continuité de la politique gouvernementale depuis 2017.
Dans un avis rendu en 2022, pendant les délibérations à l’Assemblée nationale, la Défenseure des droits, Mme Claire Hédon, alertait sur une réforme qui ne « parvient pas à garantir un équilibre entre les droits fondamentaux des occupants illicites et ceux des propriétaires et ouvre la voie à des détournements de procédure. ».
Depuis sa promulgation, le nombre d’expulsions a explosé. L’ex‑ministre du logement a préféré la répression disproportionnée contre nos concitoyens les plus précaires, plutôt que prendre à bras le corps la crise du logement, en encadrant durablement les loyers et en lançant un grand plan de construction.
La majorité des cas d’introduction illégale se font dans des locaux à usage d’habitation laissés vacants, l’introduction dans le domicile d’autrui restant très marginale dans les chiffres. L’occupation d’un local vacant n’est jamais un choix, mais toujours une contrainte et un choix difficile.
L’objectif affiché de la loi, lutter contre le squat dans des logements habités, concerne une minorité de cas. Elle a en premier lieu touché des locataires touchés de plein fouet par l’augmentation des charges locatives et des individus ayant trouvé refuge dans des locaux inoccupés.
Sous prétexte d’une meilleure protection du propriétaire d’un bien, la loi DALO avait donc été modifiée afin que la procédure administrative d’évacuation de bâtiment squatté sans jugement soit étendue à l’ensemble des squats dits de “locaux à usage d’habitation”, incluant ainsi des locaux inoccupés depuis longtemps, voire inhabitables, dans lesquels les plus précaires trouvent refuge.
Il est important de rappeler que les conséquences humaines des expulsions à répétition sont déplorables : rupture de soins, déscolarisation, éloignement des centres, perte de confiance envers les institutions, rejet vers des zones encore plus dangereuses pour la santé ou la sécurité.
D’après une étude de 2022 de la Fondation pour le Logement des Défavorisés, “un à trois ans plus tard, 32 % des ménages n’ont toujours pas retrouvé de logement et vivent encore à l’hôtel, chez un tiers, dans d’autres formes de non-logement (mobile-home, camping, hôpital, squat, etc.), voire à la rue. Ceux qui ont retrouvé un logement ont passé en moyenne 11 mois sans logement personnel. 29 % des personnes enquêtées n’ont pas pu poursuivre leur activité professionnelle en raison de l’expulsion, et celle-ci a eu des impacts sur la scolarité de 43 % des ménages avec enfants (décrochage scolaire, troubles du comportement, problèmes de concentration). Enfin, 71 % des ménages déclarent faire face à des problèmes de santé ou des difficultés psychologiques liés à l’expulsion”.
Pour toutes ces raisons, nous proposons donc de revenir à la version de l'article 38 de la loi DALO avant l'adoption de la loi Kasbarian-Bergé.
Dispositif
Le premier alinéa de l’article 38 de la loi n° 2007‑290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable est ainsi modifié :
1° Les mots : « ou dans un local à usage d’habitation » sont supprimés ;
2° Les mots : « , toute personne agissant dans l’intérêt et pour le compte de celle‑ci ou le propriétaire du local occupé » sont remplacés par les mots : « ou toute personne agissant dans l’intérêt et pour le compte de celle‑ci » ;
3° Les mots : « ou sa propriété » sont supprimés ;
4° À la fin, les mots : « , par le maire ou par un commissaire de justice » sont supprimés.
Art. APRÈS ART. 3
• 22/06/2026
EN_TRAITEMENT
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite qu’un bilan complet de la loi du 27 juillet 2023 “visant à protéger les logements contre l'occupation illicite”, dite loi Kasbarian-Bergé, soit effectué.
Avant d'adopter de nouvelles dispositions renforçant encore l'arsenal juridique contre les occupants sans titre, il est indispensable que le Parlement dispose d'une évaluation rigoureuse des effets concrets de cette loi depuis son entrée en vigueur.
La loi Kasbarian-Bergé a étendu la procédure administrative d'évacuation forcée sans décision préalable du juge à l'ensemble des “squats” de “locaux à usage d'habitation”, y compris des bâtiments vacants depuis de longues années.
Adoptée grâce aux voix du RN, cette loi criminalise les locataires en difficulté et accélère les procédures d’expulsion, au mépris du droit au logement. Les personnes sans-abris qui s’installent, pour se protéger des dangers de la rue, dans des logements vacants risquent jusqu’à 3 ans de prison et 45 000€ d’amende et jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende pour les personnes qui s’installent par nécessité dans des locaux désaffectés à usage commercial ou professionnel.
Les locataires victimes d’un accident de la vie, qui ne peuvent plus régler leur loyer, voient les délais minimum de procédure passer de 6 mois à 3 mois jusqu‘à l’audience et la mise en place d’un échéancier de paiement pour éviter la résiliation du bail devient exceptionnel.
Or, depuis l'entrée en vigueur de ce texte, les données disponibles témoignent d'une aggravation inédite de la situation des personnes mal logées. Le nombre d'expulsions locatives a atteint un record historique en 2025, dépassant les 30 500 ménages expulsés avec le concours de la force publique. Ces chiffres inédits dépassent le précédent record de 24 556 expulsions en 2024, 19 023 en 2023 et de 16 219 en 2022. Ce nombre était de 15 610 en 2017. Les expulsions ont augmenté de 29% en 1 an et 223% en 20 ans.
L'Observatoire des expulsions collectives de lieux de vie informels recense une hausse de 34 % des expulsions collectives entre 2023 et 2024, dont plus de la moitié réalisées durant la trêve hivernale, et dans 88 % des cas sans qu'aucune solution de relogement ou d'hébergement n'ait été proposée.
Derrière les chiffres, ce sont des trajectoires de vie qui sont directement impactées, et qui basculent pour certaines. Ainsi, quelques jours avant la trêve hivernale en octobre 2025, un homme âgé de 76 ans s'est suicidé lors de l’intervention d’un huissier et de policiers chargés de l’expulser de son logement, à Fécamp.
Ces données démontrent le besoin d’avoir un bilan complet de la loi Kasbarian-Bergé : A quel point a-t-elle conduit à des usages à l'encontre de locataires en difficulté ? Comment a-t-elle aggravé la situation des personnes en grande précarité, en multipliant les expulsions sans solution d'hébergement ? Quels ont été ses effets sur les procédures judiciaires et administratives ?
En l'absence d'un tel bilan, adopter de nouvelles dispositions restrictives revient à légiférer sans visibilité sur les conséquences des textes précédents, au risque d'aggraver encore une crise du logement qui touche plus d'un sixième de la population française.
Dispositif
Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport évaluant les effets de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l'occupation illicite.
Ce rapport porte notamment sur le nombre de procédures administratives d'évacuation forcée engagées sur le fondement de ladite loi, leur délai moyen de traitement et leur issue, le nombre de poursuites pénales et de condamnations prononcées sur le fondement des infractions créées ou aggravées par ladite loi, en particulier le délit d'occupation illicite d'un local à usage d'habitation, les effets de ladite loi sur la situation des personnes en grande précarité de logement, notamment le nombre d'expulsions réalisées sans solution préalable d'hébergement ou de relogement proposée aux personnes concernées, les éventuels effets de ladite loi sur des locataires titulaires d'un contrat de bail, en particulier en situation d'impayés de loyers et l’adéquation entre les objectifs poursuivis par ladite loi et les résultats constatés au regard de l'ampleur réelle du phénomène d'occupation illicite.
Art. ART. 2
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite supprimer l'article 2 qui vise à ce que lorsqu'un fournisseur d’énergie ou d’accès internet a conclu un contrat malgré le fait que le locataire n’a pas de titre d’occupation légitime, il doit “réparer les préjudices subis”.
Alors que tous les groupes parlementaires de la macronie jusqu'au RN passent leur temps à tout vouloir "simplifier", les voilà qui souhaitent complexifier pour les consommateurs comme pour les fournisseurs la souscription de contrats qu’ils soient d’énergie ou autres.
En effet, cette proposition de loi va créer une complexité excessive. Pour une infime minorité de cas, les compagnies d'énergie et d’internet vont devoir maintenant se lancer dans des services de contrôles de titre d’occupation. Pourtant nous n'avons aucune donnée sur le nombre de cas qui seraient réellement concernés par cette proposition de loi et il est impossible de démontrer qu'elle répond à une réelle problématique.
Le ministère du logement en réponse à une question parlementaire écrite ne disait pas autre chose le 3 juillet 2025 en évoquant cette proposition qui avait déjà était faite sous forme d’amendement lors de l’examen de la loi Kasbarian-Bergé : “Cet amendement a été rejeté par la commission des affaires économiques, considérant qu'il serait source de complexité. En conséquence, il n'est pas envisagé d'introduire des dispositions nouvelles qui complexifieraient le parcours de souscription”.
Guillaume Kasbarian lui-même en commission en 2022 en réaction à cet amendement issu du RN allait dans le même sens : “Cela crée de la complexité”.
Dispositif
Supprimer cet article.
Art. TITRE
• 22/06/2026
EN_TRAITEMENT
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite renommer cette proposition de loi afin de mieux refléter les conséquences qu’entraînera son adoption.
Cette proposition de loi, écrite main dans la main par la droite et l'extrême droite, vise à renforcer considérablement la loi anti-pauvres Kasbarian-Bergé. Les conséquences de cette loi sont déjà bien connues : +29% d'expulsions locatives avec concours de la force publique en une année et 30 500 expulsions locatives en 2025. Un bilan dont G. Kasbarian s'est vanté à de multiples reprises.
Cette nouvelle proposition de loi est une honte. Elle est purement idéologique et ne sert qu'à véhiculer une peur irrationnelle du squat auprès des propriétaires et mener une chasse anti-pauvres envers les squatteurs en les privant de conditions de vie un minimum dignes.
En conséquence, nous proposons de modifier le titre de cette proposition de loi afin que le titre corresponde davantage à son contenu.
Dispositif
Rédiger ainsi le titre :
« visant à prolonger la loi anti pauvres Kasbarian-Bergé ».
Art. ART. 3
• 22/06/2026
A_DISCUTER
Exposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite repousser l’entrée en vigueur de cette proposition de loi dix ans après sa promulgation.
Cette PPL n’est pas un texte isolé. Elle s'inscrit dans une longue série de mesures ayant affaibli les droits des locataires et aggravé la crise du logement depuis 2017.
Dès le début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, les APL ont été baissées de 5€ par mois. Dans le même temps, les bailleurs sociaux ont subi des prélèvements massifs à travers la RLS, amputant leurs capacités d'entretien, de rénovation et de construction de nouveaux logements. Depuis, les moyens consacrés au logement social ont régulièrement diminué tandis que le nombre de ménages en attente d'un logement social atteignait des niveaux records.
La loi ELAN a ensuite favorisé la vente du patrimoine HLM et réduit les obligations d'accessibilité des logements aux personnes en situation de handicap.
En 2022, la macronie et l’extrême droite ont permis des hausses de loyers jusqu’à +3,5% alors même que le peuple faisait déjà face à une explosion des factures énergétiques et à une inflation historique.
En 2023, avec la loi Kasbarian-Bergé, directement inspirée des revendications portées depuis des années par l'extrême droite et adoptée grâce au soutien de ses députés, une nouvelle étape a été franchie. Cette loi a criminalisé davantage les personnes mal logées et accéléré les procédures d'expulsion. Les locataires confrontés à un accident de la vie ont vu leurs protections réduites tandis que les occupants précaires de bâtiments vacants ont été exposés à de nouvelles sanctions pénales.
Tout au long de cette période, les députés du Rassemblement national et de l’UDR ont systématiquement soutenu ou réclamé l'aggravation de ces dispositifs. Lorsqu'ils ne les ont pas directement inspirés, ils ont contribué à leur adoption.
Cette proposition de loi copié-collé de la niche Horizons poursuit donc exactement la même logique. Elle ne crée pas un seul logement supplémentaire. Elle ne construit aucun hébergement d'urgence. Elle ne réduit aucun loyer. Elle ne protège aucun ménage contre les impayés. Elle ne lutte ni contre la vacance immobilière ni contre la spéculation foncière.
Son unique effet sera de compliquer davantage l'accès à des biens essentiels pour des personnes déjà fragilisées.
Après neuf années de politiques ayant contribué à détériorer l'accès au logement, il serait plus utile d'engager un bilan de ces choix plutôt que d'ajouter une nouvelle mesure de répression.
Dispositif
Substituer au mot :
« six »
les mots :
« cent vingt ».
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