Situation politique et sociale en Guyane
G Georges PatientRDPI Sénateur — GuyaneLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 21/02/2018Vous me demandez au fond, monsieur le sénateur, où en est l'État dans l'exercice de sa responsabilité à l'égard de la Guyane.
Vous l'avez rappelé, les Guyanais, que je connais, ont de fortes attentes à l'égard de l'État dans ses responsabilités les plus fondamentales : la santé, la sécurité et l'éducation.
Je sais aussi les aspirations de la population de Guyane à un modèle de développement plus équilibré.
Tout d'abord, je voudrais dire que l'État a honoré sa parole pour ce qui est du plan d'urgence Guyane. Le budget 2017 tel qu'il a été revu par le Gouvernement et le budget 2018 tel qu'il l'a conçu offrent les traductions concrètes du respect de la parole de l'État. J'en veux pour preuve la mobilisation exceptionnelle des crédits de l'État pour les constructions scolaires, notamment dans l'ouest guyanais : 250 millions d'euros engagés sur cinq ans pour les lycées et les collèges, et 150 millions d'euros sur dix ans pour les écoles.
Nous allons redonner à la collectivité territoriale de Guyane de la capacité à investir pour l'avenir en recentralisant, conformément aux engagements pris par le Président de la République, les dépenses de RSA pour la Guyane.
Dès 2017, dans le cadre du fonds d'urgence prévu par l'État, nous avons apporté 50 millions d'euros supplémentaires pour faire face à l'augmentation rapide, massive, de la dépense en Guyane. Nous allons évidemment poursuivre sur ce chemin.
Mais la politique de l'État, monsieur le sénateur, vous l'avez dit et je pense qu'il est essentiel de l'avoir à l'esprit, ne se résume pas au plan d'urgence du premier trimestre 2017. Celui-ci a permis de répondre rapidement à l'urgence – c'est le cas de le dire ! –, quand l'avenir exige une construction de long terme.
D'abord, un mot sur le pouvoir d'achat : dans beaucoup de collectivités d'outre-mer, le niveau de la taxe d'habitation est très élevé – c'est le cas en Guyane. Cette année, une grande partie des habitants des communes de Guyane pourront constater la baisse massive de cette taxe, compensée aux communes. (Mme Sophie Primas s'exclame.)
Notre engagement en matière de sécurité est renforcé : la Guyane figure parmi les vingt départements reconnus comme prioritaires dans le cadre de la police de sécurité du quotidien.
En matière d'immigration – une question importante –, dans le cadre d'une expérimentation circonscrite à la Guyane, nous allons essayer, expérimenter, à compter de juin prochain, la réduction des délais d'instruction des demandes d'asile.
Monsieur le sénateur, vous le constatez, nous avançons, nous agissons. Il est vrai, j'en conviens volontiers, qu'avant de nous engager très en avant et très loin, nous prenons le temps de la réflexion. C'est d'ailleurs une volonté du Gouvernement dans le cadre des assises des outre-mer, mais aussi de la collectivité dans le cadre des états généraux. Les deux exercices ne sont pas indépendants : ils doivent, je le crois, se compléter à certains égards.
Je veux vous dire, monsieur le sénateur, que les outre-mer sont au cœur de nos politiques publiques. Ils le seront encore davantage avec le Livre bleu outre-mer qui marquera la conclusion des assises en mai prochain. Mme la ministre des outre-mer y est évidemment particulièrement investie.
Nous espérons, à partir de ce Livre bleu, pouvoir construire des politiques publiques dans la durée, efficaces et dotées des moyens appropriés afin que la Guyane, comme toutes les autres collectivités d'outre-mer, soit à la fois une fierté et une richesse pour l'ensemble de la France. (Applaudissements sur plusieurs travées du groupe La République En Marche. – MM. Emmanuel Capus et Joseph Castelli applaudissent également.)
Source : senat.fr ↗
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