Concessions hydroélectriques
R Roland CourteauSER Sénateur — AudeLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 14/03/2018Vous l'avez dit : voilà maintenant dix ans que la Commission européenne a demandé l'ouverture à la concurrence des concessions hydro-électriques. Le droit français, qui est conforme au droit européen, prévoit à ce titre que les concessions hydro-électriques échues doivent être renouvelées par une mise en concurrence. La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte en a fixé le cadre – vous venez de le rappeler. Aujourd'hui, nous l'appliquons.
Cette loi comporte plusieurs avancées.
D'abord, la possibilité pour les collectivités locales d'être associées à la concession dans le cadre d'une société d'économie mixte hydro-électrique, ce qui permet bien sûr de gérer la ressource en eau et d'assurer, autant que faire se peut, un partage équilibré des bénéfices au profit des territoires.
En outre, les concessions peuvent être regroupées pour faciliter leur exploitation et favoriser la sûreté.
Enfin, il existe un mécanisme – vous l'avez évoqué, monsieur le sénateur – qui ouvre la possibilité d'une prolongation contre travaux, dans le respect de la directive Concession.
Par ailleurs, s'agissant des questions dont vous vous faites l'écho, et que les journaux ont relayées encore ce matin, en lien avec le mouvement social, je tiens à vous rassurer : le statut des personnels sera dans tous les cas de figure préservé, et les cahiers des charges devront évidemment prévoir la reprise des personnels par le nouvel exploitant.
M. Martial Bourquin. Ce n'est pas la question !
M. Nicolas Hulot, ministre d'État. Il ne s'agit pas, contrairement à ce que j'ai lu, d'une privatisation. Je vous confirme en effet que les barrages vont rester la propriété de l'État, notamment pour en garantir la sécurité. En aucun cas la mise en concurrence ne devra se traduire par un déficit de sécurité.
Vous nous demandez si nous sommes montés au front, et si nous continuons à défendre la position française. Je l'ai fait à plusieurs reprises à Bruxelles ; nous avons également reçu la commissaire au ministère.
La France va continuer à défendre quatre points : les regroupements de concessions indispensables à la cohérence des vallées ; le projet de prolongation des barrages exploités par la CNR, la Compagnie nationale du Rhône, ainsi que des ouvrages de la Truyère, qui a été transmis à la Commission ; le refus de toute exclusion d'EDF du processus de mise en concurrence ; une mise en concurrence limitée aux concessions échues. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Roland Courteau
Traité sur la Charte de l'énergie
Surexposition des populations de la Vallée de l'Orbiel à l'arsenic
Filière viticole
Contrôle d'identité