Tabagisme en zone frontalière
V Véronique GuillotinRDSE Sénatrice — Meurthe-et-MoselleLa question
✓ Réponse du gouvernement
Publiée le 06/02/2019Toutefois, le fond de votre question concerne essentiellement l'impact du trafic de tabac, et parfois même de la contrebande, en matière d'action publique.
Vous nous interrogez sur les actions que mène le Gouvernement pour diminuer les trafics de tabac dans les zones frontalières.
Nous avons pris un certain nombre de dispositions, notamment à l'occasion de l'adoption de la loi de lutte contre la fraude, en abaissant de 10 à 4 le nombre de cartouches qui peuvent être importées d'un pays de l'Union européenne pour faire en sorte que, au-delà de 4, il y ait une présomption de contrebande permettant à nos douaniers de pouvoir sanctionner celles et ceux qui se livrent à ces trafics de proximité.
Nous avons aussi fait en sorte de doubler les amendes pour trafic frontalier en matière de trafic de tabac, en passant l'amende maximale de 2 500 euros à 5 000 euros afin de dissuader les trafics que vous pointez.
Au-delà, nos services sont mobilisés de manière massive. Depuis trois ans, 1 500 tonnes de tabac ont été saisies. Pour prendre un exemple que vous connaissez bien, le 27 septembre dernier, à Saint-Avold, c'est 1,2 tonne de tabac qui a été saisie à l'occasion d'un contrôle inopiné.
Nous développons de nouvelles techniques de ciblage pour faire en sorte d'agir avant le dédouanement et nous contrôlons aussi de plus en plus souvent des lieux de vente ou de trafic situés au-delà des frontières, mais dont on sait qu'ils sont propices à cette consommation de tabac.
Enfin, nous avons ouvert des discussions avec nos partenaires européens. Nous souhaitons tout d'abord revoir la directive de 2011, qui fixe des minima fiscaux en matière de tabac, de manière à aller vers l'harmonisation fiscale que vous appelez de vos vœux. Nous voulons ensuite modifier la directive de 2018, pour que les limites indicatives de tabac importable deviennent prescriptives, ce qui rejoint votre souhait d'une action plus résolue au niveau européen en la matière.
Enfin, madame la sénatrice, je dois préciser que ce travail de lutte contre le tabac, y compris par le relèvement des prix que vous avez cité, est mené en étroite collaboration avec les buralistes, de manière à ne pas mettre en danger leur activité. (Applaudissements sur les travées du groupe La République En Marche.)
M. le président. La parole est à Mme Véronique Guillotin, pour la réplique.
Mme Véronique Guillotin. Votre réponse ne me convient qu'à moitié, monsieur le secrétaire d'État.
Ma question portait non pas seulement sur un contrôle renforcé des fraudes, mais aussi sur la santé. Je considère en effet qu'il est important, au-delà du tabac, de prendre la santé transfrontalière dans sa globalité, que ce soit sur les ressources humaines ou sur la prévention et l'accès aux soins.
Il me faudra donc effectivement reposer la question à Mme la ministre de la santé ! (Applaudissements sur les travées du groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen et du groupe Les Indépendants – République et Territoires. – M. Pierre Louault applaudit également.)
Source : senat.fr ↗
Autres questions de Véronique Guillotin
Lancement d'un plan d'action sur les enjeux de fertilité et de périnatalité
Respect de l'esprit de la loi votée pour la reconnaissance de l'engagement des sapeurs-pompiers volontaires lors de la réforme des retraites
Clarification des règles de plafonnement de la CSG et de la CRDS applicables aux travailleurs frontaliers polypensionnés
Conséquences du plan d'économies sur les dépenses de santé de 2025